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Les terroristes du capital

après un nouveau suicide à France Télécom

Par Denis Collin • Lutte de classes • Samedi 12/09/2009 • 9 commentaires  • Lu 3768 fois • Version imprimable


Une jeune salariée de France-Télécom s’est défenestrée hier 11 septembre 2009 à la suite d’une réunion lui annoncée la énième mutation, la énième réorganisation.  Elle est la dernière d’une longue liste – entre 20 et 30 salariés de France-Télécom se suicident chaque année en mettant en cause les conditions de travail qui règnent dans ce fleuron du CAC 40.

Si on cherche sur internet « management par la terreur »  – c’est le titre d’un livre écrit par un manager, Sylvain Cascarino, largement diffusé sur le net – on trouve l’essentiel des entrées qui renvoient à France Télécom. L’entreprise s’est taillée dans ce domaine une réputation qui lui avait même valu quelques reportages télévisés peu flatteurs pour ses dirigeants. Depuis sa privatisation en 1997, FT – qui apparaît maintenant le plus souvent sous sigle « Orange » – a divisé ses effectifs pratiquement par deux. Les plus vieux ont été écartés par un plan de préretraites mirobolant[1] pendant qu’on recrutait des jeunes cadres dynamiques formés par les grandes écoles de commerce. Privatisée à prix d’ami, l’entreprise s’est lancée dans la course folle au « ROI » (return on investment), aux acquisitions tous azimuts. Bon, son premier PDG l’a ainsi amenée au bord du gouffre et elle n’a dû sa survie qu’à son actionnaire majoritaire, l’État. Mais pour faire du profit et satisfaire la gloutonnerie insatiable de l’actionnaire, il ne suffit pas de jeter les vieux dehors ou de mener des aventures boursières, il faut d’abord et surtout « faire suer le burnous ». Entreprise civilisée et efficace néanmoins du temps qu’elle était une administration d’État puis un établissement public, France-Télécom est devenue est des exemples de ce qui se fait de pire dans le despotisme capitaliste. On a d’abord un système pervers de déstabilisation permanente par les réorganisations de services et les mutations internes – parfois loin du domicile – qui se succèdent à un rythme d’enfer.  Quand deux salariés de FT se rencontrent, ils se disent à peine bonjour mais « tu es où ? » et l’autre répond invariablement « Pour l’instant, je suis … mais ». Un tel système met le salarié sous pression, dans l’inquiétude permanente et entrave la formation de toute résistance collective. Le deuxième élément, tiré de l’arsenal des meilleurs néolibéraux, est la mise en concurrence systématique des salariés. Le management par les entretiens individuels et la fixation d’objectifs individuels sur lesquels est indexé l’avancement et une partie du salaire ont été mis en place bien avant la privatisation – sous les dernières années des gouvernements Rocard, Cresson et Bérégovoy. Mais il a pris une extension sans précédent, notamment chez les agents des services commerciaux avec la tristement célèbre PVV (une prime basée sur la part variable des vendeurs) qui est soumise à des objectifs constamment réévalués et le plus souvent inatteignables. Enfin, les cadres d’exécution sont soumis à un régime de réunions permanentes digne des sectes ou des organisations staliniennes : il s’agit d’inculquer « l’esprit maison », de culpabiliser tous les cadres intermédiaires de manière à obtenir l’obéissance sans résistance, selon des techniques éprouvées de long temps : le réorganisateur, le tueur, sera tué à son tour.

Comprenons-nous bien. France Télécom n’est cependant pas une exception, mais seulement une entreprise où les traits mortifères du capitalisme sont les plus visibles parce que c’est une très grosse entreprise et une multinationale. Mais le « management par la terreur » est, au fond, l’essence même du capitalisme en tant que système reposant sur l’extorsion du « travail gratis ». Les discours de ceux qui opposent le bon management (avec « gestion du stress ») au mauvais management ne sont que de lamentables tartufferies – parmi ces lamentables tartuffes, il faut évidemment inclure une bonne partie des hiérarques des syndicats de France-Télécom. Dans cette entreprise ce qui fait scandale, c’est que des « cols blancs » sont traités comme on traite les cols bleus sur les chaînes de l’industrie automobile. Mais le sort des « cols blancs » de France Télécom est loin d’être unique. La vague de suicides qui a touché les centres de recherche de Renault il y a quelques années en témoigne.

Le management de France télécom est, chez nous, nettement plus mortel qu’Al Qaïda ! Et la grippe A fait pour l’heure nettement moins de ravages. Il faut cependant rappeler que, si on en est là dans ce qui fut une des réussites du système étatique français d’antan, c’est à cause de la privatisation. Vieille affaire : en 1974, les grévistes des PTT défilaient en scandant : « ITT, Thomson n’auront pas les télécoms ». Giscard avait dans ses bagages un plan de privatisation qui était presque prêt en 1980 … mais Giscard dut partir. Dans ses premières années, la gauche consolida globalement le service public mais très vite les choses commencèrent à se gâter.  On baptisa d’abord la direction (la DGT) du ministère des PTT d’un petit nom commercial, « France Télécom ». La deuxième phase fut la transformation statutaire d’une administration en EPIC (établissement public industriel et commercial) autonome par rapport au ministère de tutelle. La troisième fut la réforme des classifications et les bouleversements des vieilles règles de recrutement et de promotion de la fonction. Les fonctionnaires de France-Télécom perdirent leurs grades remplacés par des niveaux. Ces trois phases, toutes conduites sous des gouvernements de gauche, rendaient nettement plus facile la privatisation et la préparaient dans les esprits autant que dans les méthodes de gouvernement de l’entreprise. Tous les syndicats ont couvert l’opération, la CFDT tenant la plume des ministres. Il ne restait plus à la droite qu’à faire voter la loi de privatisation. Celle-ci était prête et adoptée en 1997 quand Chirac, inopinément dissout l’assemblée et amena au pouvoir la « gauche plurielle » dirigée par Jospin. Cette gauche plurielle avait mené campagne contre la privatisation de France Télécom, mais une fois au pouvoir, Jospin, toujours « intègre » et « honnête », prétexta des contraintes européennes et s’empressa de mettre en œuvre la loi de privatisation.  À l’automne 1997, Bon, le PDG, de New York annonça la première cotation en bourse…

Les suicides à France Télécom sont inséparables de cette histoire dans laquelle la gauche, convertie aux bienfaits de la concurrence et aux vertus morales du capitalisme, joue un rôle décisif : sans la « trahison » de la gauche, la droite aurait eu les plus grandes difficultés à privatiser l’entreprise. Rappelons d’ailleurs, pour mémoire, que la gauche a plus privatisé que la droite et que c’est à Jospin qu’on doit d’avoir engagé la privatisations des autoroutes, mis en place après les accords de Barcelone, le processus qui conduit à la privatisation d’EDF/GDF et aujourd’hui à celle de la Poste, etc. Le plus étonnant, c’est que, toutes tendances confondues, la gauche, y compris donc la « gauche de gauche », a oublié que les télécommunications sont autant un service public que la Poste ou le chemin de fer et que personne donc ne réclame la renationalisation de FT et de tous les opérateurs du secteur – lesquels ne vivent que la sous-location des réseaux téléphoniques construits par le service public et mis à niveau par un emprunt d’État dans les années 1970. Pourquoi donc cet étonnant silence ?



[1] Le « Congé de fin de carrière » ou CFC – que les mauvaises langues surnommaient « Casse-toi, Fous le Camp ! » – permettait à un salarié de 55 ans de rester chez lui jusqu’à 60 ans avec 87% de son salaire et en continuant d’avoir un avancement de carrière normal.


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Commentaires

par quent1 le Samedi 12/09/2009 à 11:56

Sévices publics : Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés, les salariés malades de la bourse et du veau d’or un peu partout en « Douce France » de la métropole et  des îles. Je ne peux me permettre de poser sur ce site tous les grands champs de lins bleus qui recensent la « Souffrance en France » ni même l’expérience vécue dans une certaine entreprise relevant autrefois du domaine du service public, « à qui la faute » première pour « le grand débat prévalant » puis la vente par petits paquets qu’ils soient transe pac ou pas ? Question fermée, pas la peine de chercher.

Faute de savoir où pouvoir dire un mot des maux, je laisse parfois des commentaires sur sites de certains médias mal informés, parfois ça passe et d’autre pas, quand ça casse je reçois un message noir informatif écrivant que les comment taire sont soi-disant contraires à la « charte éditoriale » De dire que le nouvel outil RH est une fois de plus du pipeau, dés pipés et répétition de vieilles lubies pour soi-disant améliorer le climat en dérive, quelle naïveté de ma part d’encore croire à l’indépendance et à l’impartialité de la presse, enfin jusqu’ici tout va bien pour que rien ne change tout en faisant croire que tout a changé et est pris en compte des souffrances physiques, morales ou des fins de partie par suicide assisté par ordinateur, etc.

En voici 2 jours de liens de bleus à l’âme en attendant le livre sorti en Septembre, petit livre concis et incisif de Christophe Dejours et Florence Bègue, signalé et recommandé par un ami et qui va m’arriver dans 2 jours : Suicide au travail, Que faire..

Un bon documentaire DVD acheté en d’antiques temps, ce devait être il y a un an ou deux et rien n’a vraiment changé, juste une aggravation ou enfin un recensement des cris des Cent pas de la souffrance par les médias ? Maladies professionnelles, dépressions, suicides au travail en nombre de secteurs professionnels.. Un film documentaire frappant, des témoignages divers et avérés « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » Sophie B., son compagnon Marc-Antoine R., Christophe 2jours, etc. http://archive.filmdeculte.com/alaune/ils-ne-mourraient-pas-tous.php

Voici où nous en sommes mais qui pour le crier aux sourds et l’écrire sur les murs « Que l'on imagine une régression apparemment impossible : soit une phase industrielle où les producteurs ont le moyen d'exiger, à titre de paiement, des objets de sensation de la part des consommateurs. Ces objets sont des êtres vivants. » Pierre Klossowski (Paris, 1905 - 2001). http://www.leseditionsdeminuit.com/f/index.php?sp=livAut&auteur_id=1426

Messieurs et mesdames les actionnaires bon appêtit et digestion, l’action reprend du poil de la bête..


par Serge_Gomond le Samedi 12/09/2009 à 12:51

voici un message que j'ai "récupéré" sur le site de LBS'YJS, et qui m'a semblé intéressant (un exalté sans doute ?).


Suicidés de travail : Sabotez discrètement votre boite et l’économie de la France esclavagiste !

France Telecom, trois morts de suicide et de travail cet été, lance sa collection automne-hiver des suicidés : Agé d’une cinquantaine d’années, ayant appris sa "mutation d’office", lors d’une réunion il se plante un couteau dans ventre...

C’est pas nouveau : Suicidé de management par la terreur chez France Télécom cherche écoute populaire non nazie : APPEL AU SABOTAGE HUMANISTE PARTOUT DANS LES ENTREPRISES !

On continue à mourir des conditions de travail, et aucun des médias qui doivent faire le lien social et rendre compte des réalités et rendre des comptes, ne traite la question comme elle devrait l’être.

Le système économique ultralibéral est hautement mafieux puisque pour dégager toujours plus de profits pour ses actionnaires déjà pleins aux as, il pousse tout le monde à l’excès permanent, au surpassement, à l’épuisement jusqu’à la mort même !

On se suicide à la chaîne dans ce beau monde si parlant de droits de l’homme...

Il faut faire savoir au plus grand nombre que la seule façon de résister à ce cauchemar, c’est de saboter le système, saboter son entreprise autant qu’il se peut !

Vous êtes mouton ? Très bien, crevez en silence et dans la merde que vous laissez se créer en ne faisant ni ne disant rien. Vous mériterez ce qui vous arrivera.

Si vous avez encore un soupçon de fierté, d’honnêteté, de dignité, alors devenez un résistant et même un saboteur.

Faites le plus discrètement possible tout ce que vous pouvez pour couler votre entreprise, pour casser ses dynamiques, dynamitez secrètement toute la productivité possible. Votre survie est à ce prix. Vous pourrez alors continuer à vous regarder dans la glace, regarder votre famille, vos enfants, vos anciens... Dans quel monde de merde allez-vous mourir sinon ? A votre dernière minute, dernière seconde, pourrez-vous vous dire que vous avez, vous, fait quelque-chose, mis un grain de sable au moins, évité une compromission, ne pas collaborer à l’horreur économique assassine... Vous au moins vous aurez eu ce courage.

STOP AUX SUICIDES MEURTRIERS Sabotez les tueurs, sabotez la tuerie ! Sabotez les entreprises. Ou sinon, crevez !

La foule se laisse faire en France et autres pays dits modernes et civilisés : On se suicide à la pelle par le travail et aucune lueur de révolte ou de sabotage n’est visible encore.

Comme dans le clip The Wall des Pink Floyds, les bons écoliers de la consommation et du métro-boulot-dodo des abrutis congénitaux tombent sur le tapis roulant les uns après les autres : On meurt même pas de faim ! Ce sont les holocaustes invisibles vilipendés par une branche non armée.

La télé en parle à peine, en tout cas pas du tout à la hauteur de ce qu’on vit tous les jours chez sa famille ses amis ses voisins et dans la rue : Les gens sont désespérés ! En masse ! Ils sont robots et malheureux, ils se jettent comme des autruches dans la consommation éperdue pour tenter de moins souffrir, mais ils souffrent quand même !

Et ils pensent qu’ils ne peuvent rien faire, que ces cons de journalistes ne peuvent rien faire, alors qu’ils sont payés pour fermer nos gueules...

Comme les politiques : Pas d’esclandre, tout va bien bonnes gens, payez tranquille, et produisez pour nous, votre Dieu des cons vous le rendra, abrutis.

Et pourtant chez France Telecom les suicidés se ramassent à la pelle, et on aura oublié demain puisqu’on laisse faire les journalistes et qu’on ne met pas de grains de sable dans les machines infernales comme les cadences et pressions immorales.

Michel était fonctionnaire salarié de France Télécom et avait 51 ans, on apprenait hier le 28 qu’il s’est suicidé le 14 juillet à son domicile à Marseille, dénonçant dans la lettre laissée en héritage moral à sa famille et aussi à tous ceux qui veulent l’entendre maintenant, le management de la terreur chez France Telecom.

Ecoutons-le.

"Je me suicide à cause de mon travail à France Telecom. C’est la seule cause. Urgence permanente, surcharge de travail, absence de formation, désorganisation totale de l’entreprise.

Management de la terreur ! Cela m’a totalement désorganisé et perturbé. Je suis devenu une épave, il vaut mieux en finir..." Depuis début 2008 France Telecom accumule 18 suicides, 3 dans cette région depuis juin, et 10 tentatives de suicides.

On sait tous que c’est pareil dans toutes les boites ! Les suicidés du travail ne sont toujours pas entendus.

A l’époque des nazis, on jouait aussi sur la moralité pour soumettre les gens jusqu’à l’immoralité et la mort. On questionnait en file indienne et torturait pour remonter jusqu’à la source coupable du "défaut". Zéro défaut, 100% robot.

On ne peut rien faire ?

Mensonge !

Voici ce qu’on peut faire : SABOTAGE !

L’ultra-gauche de Julien Coupat le théorise depuis un moment justement, saboter la machinerie ! Saboter discrètement (règle 2 : ne pas se faire prendre pour pouvoir faire le sabotage suivant), saboter un élément ou un processus dans sa zone d’esclavage !

Ceci est un appel de la branche humanisme opérationnel :

Arrêtez de nous tuer, sinon nous tuons vos centres de profits, et vous ne gagnerez alors plus RIEN !

D’ailleurs on démarre dès aujourd’hui : Partout où on le peut, on va saboter cet outil de travail sadique et inhumain : Nos vies ne seront plus vos profits, votre productivité ne versera plus notre sang, nous allons désormais couler votre système terroriste !

Depuis des décennies vous nous virez, vous nous précarisez, vous détruisez nos familles, vous nous montez les uns contre les autres, vous n’avez plus aucune humanité.

Mesurez bien à partir d’aujourd’hui votre productivité, et créditez vos prochaine pertes qui seront gigantesques, à vos salariés devenus saboteurs humanistes !

Attention ! Pas de terrorisme, pas de cible humaine, pas de dommage aux gens !

Uniquement faire du sabotage des outils, et sans se faire gauler !

Faites du zèle au maximum, foutez-en le moins possible, dès que vous pouvez mettre un grain de sable, faites-le, faites leur perdre un maximum d’efficacité et d’argent !

Ne pensez plus à votre participation, elle est MEURTRIERE ! Oubliez votre intéressement et votre évaluation individuelle des performances. C’est le pris à payer pour que vous, à votre tour, vous ne mourriez pas demain ! Et vos enfants !

Que ces machines et machinations crèvent.

SABOTAGE PARTOUT ! En résumé, Suicidé de management par la terreur chez France Télécom cherche écoute populaire non nazie : APPEL AU SABOTAGE HUMANISTE PARTOUT DANS LES ENTREPRISES !


Re: par la-sociale le Samedi 12/09/2009 à 14:33

Bon d'accord, je connais, c'est le retour à Emile Pouget. Mais si ça devait être efficace, ça se saurait depuis longtemps. Je regrette, mais l'action directe individuelle et le terrorisme des patrons ou de l'État sont les deux machoires du même piège. Ce qui est vraiment efficace, c'est l'action de masse, la grève générale et la prise de controle de l'entreprise par "les producteurs associés". Le reste, ce sont des échappatoires qui n'ont jamais mené à rien. Car le vrai problème, c'est non pas d'opposer l'individualisme "révolutionnaire" à "l'individualisme possessif". Le vrai problème c'est de retrouver les voies de l'action collective. Si 60 ou 70% des salariés de FT étaient prêts à la grève générale, les cris de rage impuissants des sabateurs internautiques apparaîtraient pour ce qu'ils sont, de dérisoires manifestations d'impatience petite-bourgeoise.

DC


pendant l'enterrement les ventes continuent par Anonyme le Dimanche 13/09/2009 à 03:35

Vous avez dit l’essentiel : la responsabilité fondamentale de « la gauche » politique et syndicale (chacun avec sa place particulière) dans l’engendrement de ce système monstrueux.

France Télécom marque commerciale imposée par un gouvernement PS-PCF dans ce qui était alors une administration d’Etat unitaire (les PTT) a donné très tôt un signal clair des intentions, depuis, après avoir jeté aux orties le statut de la fonction publique pour ses agents (il ne reste qu’une forme très très particulière de sécurité de l’emploi)  et le statut public de l’entreprise, le mot « France » donnait des nausées à ses  « managers » fanatiques des méthodes et du verbiage anglo-américain. C’est donc le nom d’Orange, qui sera mis progressivement en avant dès 2004 car moins marqué pour un groupe dont la volonté est le « développement international » (dès avant, la part du chiffre d’affaires produit à l’international était souligné comme un gage de bonne santé). Là aussi, accompagnant le changement brutal d’univers pour ses salariés, il s’agissait d’effacer de la mémoire même le passé vomit par les dirigeants. L’insécurité doit régner en maître.

A ce propos, à ceux qui me vantent les vertus de la « flexsécurité », je réponds toujours : je connais, on a ça à FT ! En clair une sorte très particulière de garantie d’emploi accompagnée de toute la flexibilité possible.

Flexibilité de qualification, d’établissement, de lieu géographique etc..

Garantie d’emploi certes mais sous la menace constante d’une hiérarchie qui vous pousse à la sortie : essaimage (création d’entreprise), retraite pour ceux qui en ont l’âge (55 ans pour certaines catégories mais avec le niveau de retraite lié) ou la possibilité (mère de 3 enfants). Vous ne voulez pas partir vers un poste dans la fonction publique ? Voire devenir sous-traitant ? Le chef qui s’adresse à vous doit bien remplir son objectif obligatoire de déflation des effectifs demandé par l’état major et les actionnaires qui ne se gênent pas ensuite pour créer des emplois sous-payés…en Afrique. Sureffectifs nous dit-on.

Pour conclure un mot sur l’indigne comédie car s’agissant de la vie même d’êtres humains, produite par les élites syndicales, politiques, médiatiques, patronales. Pour ceux, mal informés, qui penseraient que les lignes ont bougé avec la dernière grève, sachez que seuls CGT, FO, SUD avaient lancé un prévis national, qu’il ne s’agit que d’une suspension provisoire (jusqu’au 30/10 !) des restructurations (rien pour le reste de la maltraitance…). Les apparences ne sont pas même sauvées car il n’est pas question d’attendre le résultat d’un audit prévu et, de plus, des sommes supplémentaires ont été annoncées pour aider aux…restructurations !

Quand la colère éclatera enfin ! Car les suicides tant prisés par la presse qui n’aime que le sensationnel ne sont que la partie émergée de l’iceberg, des collègues que j’ai connus gais travaillent avec des tranquillisants dans le tiroir de leur bureau. La seule réponse que j’ai pu obtenir de directeurs d’établissement à cette évocation, c’est soit : « des noms » -je ne suis pas flic- soit ils en avaient sans doute avant…                     
Régis.


Re: pendant l'enterrement les ventes continuent par quent1 le Dimanche 13/09/2009 à 12:05

Quand les "reclassifications" sont tombées du ciel orangé FT ex PTT le mieux était les  grades de fonction "titres" alloués à ceux qui auparavant étaient, par le biais de concours passés dans le passé, soit agent d'exploitation soit contrôleur, d'un jour à l'autre ils-elles sont devenus, ne leur en déplaise, collaborateurs à 2 niveaux, j'ai toujours refusé ce titre de collabo me rappelant de drôles de temps, ai écrit pour le dire mais comme j'étais seul, le grade, qu'on ne doit plus nommer ainsi, a continué à s'exercer et je ne dirai rien des autres trouvailles que ce soit en sous-titrage ou en vécu entretiens performances et réunions le samedi dimanche et fêtes.
Nous devons pourtant à la gauche antique des années 81 l'abolition des privilèges PV 532 et surtout la décision de nommer enfin les milliers d'agents qui avaient passé les concours avec succès et attendaient depuis des ans une nomination incertaine, parfois il est nécessaire de le rappeler surtout quand CDD-CDI-conractuels-apprentis-intérimaires-étudiants stagiaires fleurissent pour pallier à la charge de travail pour quelques jours ou mois depuis les années du siècle XXI.
Quant à la grévette proposée cette semaine dernière, c'est de la fumisterie et c'est un bis d'il y a quelques années, il est parfois intéressant de se souvenir de la répétition générale "formation stress" amorcée il y a 4 ou 5 ans et qui n'a rien donné sauf à déclarer responsables les cadres A de base si échec à la "gestion du stress" et le souvenir est aussi fantôme ou revenant: cela à propos des statistiques "scientifiques" faites auprès des clients avec le code agent individuel, clients à ne surtout plus nommer usagers, grille remise à eux en courrier T cela pour savoir si staisfaits de l'entretien et de la réponse à la demande usagère, formation "son cas" vous devez bien connaître ou vous en souvenir ? Résultats de stats que l'on remettait ensuite aux employés en réunion de groupe hors temps de travail, le hic était que c'était le plus souvent fait sur les réponses d'1 ou 2 ou 3 usagers clients, il suffisait que l'un d'eux réponde non dans toutes les cases et on était faits comme des rats en réunion de groupe, honte à celui ou celle nommée devant tous et toutes ! 
Cadres et agents de maitrise soumis aussi par ex.à la torture apprentis et au suivi hebdomadaire de ces derniers si jeunes espérant une future embauche, comme en fin de partie des 2 ans partagés entre le terrain et l'école on n'embauchait pas ces apprentis sauf 1 ou 2 par exception, aux cadres par ex. il leur était demandé de leur trouver à ces nombreux recalés un emploi dans leur entourage familial ou concurentiel, recalés dont le travail avait été bien fait et ne laissait aucunement à désirer, bien que non cadre j'en ai vu des cadres et agents de maîtrise sangloter et craquer sur nombre de tâches ingrates qui leur étaient maintenant demandées.
Signé Furax collabo qui a pourtant réussi à gagner devant le TA après 2 années de combat solitaire pugnace sans qu'un seul syndicat ne veuille s'en mêler, j'ai gardé certains courriers de réponse et ai quitté mon syndicat, condamné FT pour abus de pouvoir! Des fois le TA ça marche.
Vivent les Hommes qui reliaient les Hommes, ITT Thomson, Acatel Cit, "Chantons pendant la grève" j'ai encore en stock le disque 45 tours des PTT et à la cabine du centre de tri de Paris Gare Austère Lizt comme chef cabine j'avais instauré l'autogestion, c'était chacun son tour chaque jour dans le petit groupe d'être chef ou chéfesse et bien que ça inquiète syndicats et chefs de services, ça marchait du Tonnerre de Brest, il est vrai que dans cette cage blindée nous n'étions que 5 à 7 agents, alors l'autogestion était limitée mais là aussi,avant mon départ pour passer au 12-13 puis 14 27 h'Eure, j'ai encore un autre disque vinyle noir 45t souvenir et cadeau royal parmi tant d'autres tout aussi beaux, disque colorisé et signé par tout le service de tri manuel cabine + travées+ transbordement, je le garde précieusement même si je n'écoute plus la chanson blagueuse gisant à l'intérieur de la petite pochette.
Signé bis un collabo des PTT, mon facteur de quartier va très-très mal mais là c'est une autre histoire et bien triste aussi..


Re: FT m'a tuer par Anonyme le Lundi 14/09/2009 à 01:52

Loin de moi de nier que le premier gouvernement d’union de la gauche, dans un premier temps, a rejeté le projet de privatisation de Giscard procédé aux recrutements et pris des mesures positives :, suppression de la cour de sûreté de l’Etat et de la peine de mort, retraite à 60 ans.

Mais encore faut-il remarquer qu’il avait été préféré par le peuple pour ces raisons précises (et bien d’autres !) qui, lui, avait pris au sérieux le slogan : « changer la vie ».

La suite, nous la connaissons tous : commencée par la « réhabilitation de l’entreprise », le « vive la crise » avec l’ami Montant, le pillage de l’Etat : privatisations, subventionnement y compris via les baisses d’impôts notamment sur les sociétés – à 50% au départ – baisse orchestrée des revenus salariaux…Mélenchon qui continue à se réclamer de la gauche malgré son échec historique : cartel des gauches, front populaire (au-delà d’une légende rose entretenue précisément par…la gauche), union de la gauche, a peiné pour justifier l’appellation de son parti (voir son discours de fondation, l’évocation de la retraite à 60 ans servant d’arbre cachant la forêt des mesures réactionnaires).

Bilan globalement positif ?

Vous évoquez « la grévette » du 10 septembre. Au-delà des bonzes syndicaux, de leur comportement et de leurs intentions, fallait-il dans une situation où le capital tue s’abstenir ou tenter malgré toutes les difficultés de faire monter la grève ? 
Régis


Lien croisé par Anonyme le Dimanche 13/09/2009 à 18:19

"Les terroristes du capital" http://htxt.it/yX4d... - Recriweb - Frien : ""Les terroristes du capital" http://la-sociale.viabloga.com/news... #f_telecom_etc"


Lien croisé par Anonyme le Mercredi 16/09/2009 à 14:42

f.d.m.n. * : ECLATS-de-DIRE - : ""Mais le « management par la terreur » est, au fond, l’essence même du capitalisme en tant que système reposant sur l’extorsion du « travail gratis ». (Denis Collin, http://la-sociale.viabloga.com/news/les-terroristes-du-capital )"



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