→ plus
|
El Pais du 22 janvier publie un très long entretien, animé par Juan Luis Cebrian, avec Ollanta Humala, le président du Pérou, entretien qui « complique » encore l’approche des gauches latinos américaines. Pour mémoire, Humala a été élu contre Keiko Fujimori dans le cadre d’un affrontement très dur entre droite et gauche mais nous apprenons à présent : « Je ne suis pas des gauches. Je suis un nationaliste qui a pris en main le drapeau de la justice sociale. En réalité la division entre droite et gauche est un fait du passé depuis la chute du mur de Berlin. » Une fois de plus, le reste de l’entretien me confirme dans l’idée que cette posture est la porte ouverte aux manœuvres les plus droitières. Comment en est-on arrivé là ?
→ plus
Un très bel article de Maurice Lemoine dans le Monde diplomatique de janvier 2012 nous incite à proposer un bilan sur la situation dans le sous-continent. Maurice Lemoine s’est plongé sur l’histoire des rapports entre Internationale socialiste et Amérique latine, un sujet en effet très riche, qui, en retour, permet de comprendre le fonctionnement du PS en France. Je partage l’ensemble de l’argumentation de Maurice Lemoine mais je suis resté sur ma fin quant à l’analyse de la situation actuelle. Après l’étape dictature, que l’Internationale a dénoncée, l’Amérique latine a connu l’étape néolibérale que la même Internationale a accompagnée en prétendant en amoindrir les effets. A présent, il y aurait une phase dépassant les positions de l’Internationale, celle des pays qui en matière sociale ont eu « des notables avancées ». On pense tout de suite au Venezuela, à la Bolivie, à l’Equateur et peut-être au Brésil et à l’Argentine.
→ plus Génocides médiatiquesLettre bernoise 37
Ma chère Aïgul,
Vus de Berne, les coups de menton des présidents turc et français relèvent davantage de la comédie que de la tragédie. Ton Abdullah feint de sentir un relent antimusulman dans les propos de Nicolas condamnant la négation de génocide. Gül et Sarkozy font la même chose, en vérité : de la démagogie. Nicolas veut capter des voix d’électeurs d’origine arménienne et Abdullah conforter sa vocation autoproclamée de héraut du monde musulman. Bien joué, Abdullah, de répondre par l’accusation de génocide français en Algérie ! Les Algériens saisissent la balle au bond. Décidément, la démagogie est une marchandise abondante et chère. Si l’armée de l’air turque n’avait pas massacré 35 civils kurdes « par erreur », l’image de la Turquie serait moins entachée. L’anicroche franco-turque est un trompe-l’œil. Notre diplomatie suisse s’épargne de telles déconvenues. Nous laissons aux historiens de trancher de ces questions sans trop vouloir administrer des leçons de bonnes mœurs aux Etats, qui ont leur raison. Les dirigeants actuels de la Turquie liquident peu à peu l’héritage laïque des Jeunes Turcs mais assument l’héritage de leurs prédécesseurs sur la question arménienne : raison d’Etat oblige. La déliquescence de l’empire ottoman, allié de l’Allemagne vaincue en 1918, a permis la naissance de la Turquie moderne, laïque d’Atatürk. Se sont combattus pendant plusieurs décennies des généraux laïques alignés sur l’OTAN et des religieux musulmans partisans du port du voile. Allié privilégié d’Israël dans la Région, la Turquie se positionne avec talent comme intermédiaire obligé entre protagonistes et belligérants. → plus
Aux Amériques ce n’est pas comme en Europe, les élus sortants sont réélus, là où ils peuvent se représenter. Ainsi Cristina Kirchner conserve la présidence de la République, puis le 15 décembre un ancien ministre de l’économie (à partir de 2009 quand il prétendit qu’enfin, dans son pays, le politique dominait l’économie) assume officiellement la vice-présidence, et le 3 janvier il remplace la présidente pour 20 jours ou plus, car elle est atteinte d’un cancer de la thyroïde. Parfois l’histoire s’accélère et voici donc un petit-fils d’immigré français à la tête de cet imposant pays ! Boudou est le nom d’un petit village du Tarn-et-Garonne et le nom d’habitants de l’Aveyron. C’est le nom d’un des plus grands écrivains occitans. Faut-il en déduire que l’Argentine confirme la légende du pauvre qui peut tout réussir aux Amériques ?
→ plus
Le projet de décret Chatel « réformant » l'évaluation des professeurs marquerait, s'il était adopté, un tournant brutal non seulement dans le statut administratif des professeurs mais plus fondamentalement dans la conception que l'on doit se faire de l'école dans la République. Sans aucune exagération, il s’agirait d’un pas décisif dans la mise à mort de l’école républicaine et de la conception de l’instruction publique et de la transmission du savoir qui lui sont liés.
→ plus
La perspective est ouverte de la création de plusieurs milliers d’entreprises – PME spécialisées – en France dans les deux ou trois années qui viennent, et ce malgré la crise ou grâce à elle, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes brillamment relevés et puissamment résolus par nos “monstres pensifs“ de la SarkUbuserie. A l’image de la gargouille de Notre Dame, ils évitent l’engorgement, le trop plein d’impuissance en amont, et par leur gueuloir largement ouvert, ils expulsent les humeurs malignes d’un monde en décomposition avancée.
→ plus
«Il va falloir faire des sacrifices », martèlent les dirigeants européens, relayés, avec l’application des bons élèves, par une presse suiviste. Face à la crise économique et financière et à l’accumulation des dettes, ce serait la seule attitude à adopter, le seul chemin à emprunter sous peine de subir les cataclysmes les plus dévastateurs. Cependant, la mine à peine contrariée des porte-voix de ce nouveau leitmotiv sème un je-ne-sais-quoi de scepticisme chez l’observateur. Un doute tenace s’installe. Tout d’abord, il n’est pas besoin de réfléchir des heures pour décrypter l’implicite : ceux qui auront à effectuer les « sacrifices » en question ne sont pas ceux qui les décrètent à grand son de trompe. Le nouveau premier ministre italien Mario Monti a bien renoncé à ses émoluments ministériels, son train de vie d’ancien banquier ne sera guère affecté par son geste. En outre, il fait figure d’exception dans la classe dirigeante européenne : M. Nicolas Sarkozy s’est même attribué une augmentation de salaire – avant la crise certes – à laquelle il semble assez attaché.
→ plus Blasphémateurs !Lettre bernoise 36
Cher Claude,
Il suffit ! Foin des bigots de toutes sectes et de toutes nations qui jappent leur indignation blasphématoire avec l’outrecuidance de parler au nom de (leur) Dieu ! Les tripatouilleurs de Bible, les bidouilleurs de Coran, s’imaginent attester de leur foi en l’exhibant bruyamment quand ils se devraient de la pratiquer modestement, selon les préceptes de leurs prophètes les plus éclairés. Le Coran prescrit cinq prières par jour tournées vers La Mecque mais n’exige point les lieux collectifs revendiqués par des fidèles en mal d’ostentation. Les catholiques ultras qui manifestent devant un théâtre parisien se verraient bien au temps béni de la Sainte Inquisition. Jadis, ces bigots firent censurer Michel-Ange pour sa fresque de la Sixtine. Semblables paroissiens sont moins assurés qu’ils conjecturent de gagner le paradis, crois m’en. Il ne me déplairait pas, il ne me surprendrait guère, que Lucifer les attende au coin du bois, fourche en main. → plusUn tournant dans l'histoire de l'Europeou comment Merkel et Sarkozy ont aboli la démocratie
La séquence politique qui démarre avec la crise grecque et vient de trouver un dénouement provisoire avec l’accord à 23 pour un nouveau traité européen est instructive et mérite bien autre chose que les sempiternelles sornettes sur le triple AAA et la « crise de la dette » dont les commentateurs officiels et les économistes appointés nous rebattent les oreilles sur toutes les ondes.
→ plus
Gaudeamus!Lettre bernoise 35
Cher Jean,
Dieu est suisse. Trop de signes en attestent pour qu’il soit permis d’en douter. Tandis que les partisans d’Allah se disputent au Maghreb et au Proche Orient l’âme d’hommes et de femmes auparavant humiliés par des dictatures, puis meurtris par les guerres, tandis que les Grecs, les Espagnols et les Italiens sont appauvris par la cupidité de leurs financiers et la sottise de leurs gouvernants, tandis que l’impératrice d’Allemagne et le roi de France s’essaient vainement à s’unir pour mettre les démocraties d’Europe en coupe réglée et leurs peuples à la diète, la Suisse prospère, handicapée par la force de sa monnaie.
→ plus
RechercheArchives par mois
|
La Sociale
Notre bibliothèque
Liens intéressantsLiens intéressants |








