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Islande 2010 : 1000 articles pour un volcan, aucun pour une élection constituante !

publié sur le site de l'association pour une Constituante

Par la-sociale • Internationale • Vendredi 03/12/2010 • 3 commentaires  • Lu 2050 fois • Version imprimable


Il fallait vraiment chercher, le samedi 27 novembre, pour savoir que les électeurs islandais étaient appelés à élire leur Assemblée Constituante.

523 candidats s’étaient portés candidats pour être membres d’une assemblée de 25 à 31 constituants élus au suffrage universel direct et représentant les 320000 habitants de l’île.

Une première pour les islandais qui s’étaient contenté de « déroyaliser » la Constitution danoise après la déclaration de leur indépendance en 1944.

On avait presque oublié l’effondrement économique de l’île, l’année qui a suivi le krach boursier de New York en 2007 et la faillite des trois principales banques islandaise en défaut de remboursement de leurs clients
britanniques et hollandais.
S’en étaient suivis une chute du niveau de vie de la population, la nationalisation de ces banques, de nouvelles élections générales, la succession de gouvernements à majorité gauche-vert et d’interminables négociations avec les institutions bancaires internationales.

Tout cela sans pour autant satisfaire les citoyens islandais qui se prononcèrent par referendum contre tout remboursement des dettes des banques dont les dirigeants étaient poursuivis pour fraudes et enrichissement
illicites.

Plusieurs thèmes sont maintenant proposés au débat des constituants, correspondant aux sujets les plus fréquemment évoqués, même si cette Assemblée Constituante peut aussi se saisir de thèmes supplémentaires.

En particulier, seront soumis à la décision de cette Assemblée :
- les bases de la constitution islandaise et ses concepts fondamentaux;
- l'organisation des branches législatives et exécutives et les limites de leurs pouvoirs;
- le rôle et la place du Président de la République;
- l'indépendance de la magistrature et leur surveillance des autres détenteurs de pouvoirs gouvernementaux;
- les mesures pour les élections et les circonscriptions électorales;
- la participation des citoyens au processus démocratique, y compris l'organisation de référendum, y compris un référendum sur une loi constitutionnelle;
- le Transfert des pouvoirs souverains aux organisations internationales et conduite des affaires étrangères;
- les affaires environnementales, y compris la propriété et l'utilisation de ressources naturelles.

Il s’agit donc de l’élaboration d’un nouveau contrat social et, pour un tel objectif, il faut, ce que beaucoup ici semblent ignorer, la participation de toute la nation.

Aujourd’hui où, partout en Europe, les parlements sont soumis aux chantages d'institutions essentiellement soumises aux intérêts financiers pour voter des plans de rationnement des populations et de pillage des fonds sociaux et publics, où on donne de plus en plus le pouvoir à ceux qui amplifient les dégâts en profitant d’un système de privilèges et d’inégalités, cet évènement indique, une fois encore, que seule la souveraineté du peuple permettra de trouver une issue politique à la crise économique et sociale.

Pas étonnant, alors, que l’affirmation de ce principe par les Islandais se heurte à un profond silence.


L'association pour une Constituante, 13 rue du Pré Saint Gervais 75019 Paris, www.pouruneconstituante.fr, a pour but l'élection en France d'une Assemblée Constituante au suffrage universel direct.

 


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Commentaires

Exactement ! par Gabriel Galice le Samedi 04/12/2010 à 13:29

 Nos oligarques se défient trop du peuple pour faire écho à l'initiative islandaise, eux qui se sont assis sur le rejet du TCE par les peuples néerlandais et français. Gouvernance ou démocratie, ils ont choisi.


Re: Exactement ! par pm le Dimanche 05/12/2010 à 11:09

 Je suis entièrement d'accord avec cette formule "gouvernance ou démocratie, il faut choisir". Toutes les réformes (ou plutôt contre réformes) se font au nom de la  "nouvelle gouvernance". Le terme est même rentré dans le langage commun pour remplacer celui de gestion ou d'organisation. Mais le terme de gouvernance autour duquel tant de commentateurs pérorent masque la désorganisation généralisée des structures administratives et étatiques au profit des intérêts financiers. Ceci va très loin. Sur le blog de Denis Langlet, des faits-et-des-chiffres.com, on trouve une information elle aussi cachée et d'une gravité extrême pour la cohésion sociale: des banques américaines ont acheté à des municipalités les droits de percevoir les taxes. C'est la dissolution de l'état dans le marché.


LA FUTILITE DE L'INFORMATION EST ENTRETENUE par pm le Dimanche 05/12/2010 à 10:50

La futilité de l'information est volontairement entretenue. Les médias, de connivence avec les responsables politiques fustigent les français qui seraient englués dans un refus "franco-français" des "réformes nécessaires". La réalité est que "les réformes nécessaires" sont impulsées dans toute l'Europe par l'Union Européenne et démantèlent sur tout le continent les acquis sociaux et les services publics. Dans toute l'Europe, cette politique subit le même rejet et la même mobilisation des peuples. Les français ne sont pas isolés. Entretenir une information futile permet de masquer cette réalité. C'est la différence entre européisme et internationalisme. D'un côté la mise en concurrence des européens entre eux et la privatisation de la société, de l'autre l'union des peuples pour préserver le cadre de vie hérité des combats des décennies précédentes.



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