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Le Média dans le collimateur…

… mais pour quels intérêts?

Par Jacques Cotta • Actualités • Lundi 05/03/2018 • 0 commentaires  • Lu 3363 fois • Version imprimable


Depuis plusieurs semaines « Le Média » est l’objet d’attaques répétées. Cela n’a rien d’étonnant pour cette web-télé qui dés son arrivée dans le monde médiatique a affiché la couleur sans détour. Un « média » d’information qui se fixe l’objectif de traiter ce qui ailleurs est absent des radars ne peut laisser indiffèrent. Un jeune média qui fait preuve d’imperfections et de tâtonnements propres à l’exercice naissant, ne pouvait passer inaperçu. Et le traitement d’informations sur un ton qui est étranger aux chaines traditionnelles -la question de la SNCF et des cheminots est emblématique, comme celle de l’enseignement, des jeunes et des enseignants, de la répartition des richesses, de la fiscalité, ou encore des plus âgés et des retraités- attise crispations et énervement des chaines et journaux qui tirent avantages et moyens de relations cordiales avec un pouvoir économique, financier et politique en place. A cela donc, vraiment rien d’étonnant. 
 
Des sujets professionnels pouvaient susciter la discussion. Le nouveau confère n’était-il pas apparu agressif dans un lancement volontariste, affirmant contre vents et marées des principes et des valeurs qui pouvaient crisper les concurrents? Un « journal » tâtonnant, tout compte fait assez conformiste, n’était-il pas trop un copié collé des journaux des grandes chaînes, les moyens en moins? Ne cachait-il pas la forêt des émissions qui peu à peu se créaient?
 
Tout cela pouvait bien se discuter. Mais non. C’est donc sur un tout autre terrain que l’attaque a été portée.
 
Partant d’une « affaire » qui soit dit en passant n’a malheureusement pas grand chose d’original dans le monde des médias -un différend entre un journaliste et sa direction- les évènements se sont emballés au grand renfort de quotidiens en vue, « Le Monde » en tête, venu faire un procès sans défense à un jeune confrère qui aurait pu confraternellement attendre mieux. Dans son édition du week-end, le quotidien a publié une prose que le commentaire de Gérard Miller sur son blog (qu'on trouvera à l'adresse suivante: https://www.gerardmiller.fr/index.php/accueil/edito-voter-a-gauche/ rend risible, tellement il en fait apparaitre la perfidie, le parti-pris et le déséquilibre qui seraient à coup sûr sanctionnés dans toute école de journalisme.
 
Puisque l’on ne m’a rien demandé, je vais commencer par tout dire me concernant. Après plus de 30 ans passés dans le service public, d’abord à réaliser des magazines, ensuite des documentaires, dont certains ont été reconnus par la profession et le public, j’ai été contacté par « le Média », précisément par Sophia Chikirou, qui me proposait de monter, d’organiser et de présenter un magazine reposant sur la liberté de parole, donnée notamment à la « droite » avouée ou cachée, pour dégager la réalité des positions sur les grands sujets qui nous concernent. J’ai accepté à la condition de demeurer maitre du travail qui est le mien, de sa transcription sur le net, sans aucune ingérence de quiconque sur le contenu éditorial ou journalistique. Condition acceptée comme une évidence. Condition respectée. C’est ainsi qu’est né « Dans la gueule du loup ». Un premier numéro « répartition des richesses et fiscalité » a été tourné avec la participation d’un ancien candidat à la primaire de droite et d’une élue socialiste (visible à l'adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=3e9KfOT4MgY). Un second va l’être prochainement sur l’éducation avec notamment un membre d’AGIR, ex UMP, député, vice président de la commission culture et éducation à l’assemblée nationale, et un autre député, socialiste celui-là, membre de la même commission.
 
Les discussions qui se mènent au « Média » concernant ce magazine sont purement professionnelles et permettent les accords et désaccords, les critiques et encouragements, le perfectionnement et l’amélioration de l’exercice. Et cela est à la fois normal, demandé, et logique. Mais aucune ingérence, conformément aux engagements de départ pour le moment totalement respectés.
 
Alors? 
 
Le Journal « Le Monde » a décidé de « faire monter la mayonnaise », progressivement, pas trop vite pour ne pas la faire retomber, pas trop lentement pour lui permettre de mousser. Mon témoignage aurait dénoté. C’est donc d’abord le différend avec Aude Rossigneux qui a été instrumentalisé, différend dont je ne dirai rien, car contrairement à mes confrères du journal du soir, je ne parle pas de ce que je ne connais pas. Puis ce fut ensuite Noel Mamère qui au nom de l’amitié avec la première, mais aussi au nom du traitement de la Syrie, décidait de jeter l’éponge. Sur la Syrie pourtant le débat eut été salutaire. Nul évidemment ne choisissait un camp contre un autre. Nul ne proposait ni ne soutenait la guerre. Nul ne trouvait défendables les atrocités d’Assad, et pas plus celle des « rebelles ». Il aurait été utile de s’interroger collectivement sur l’attitude des américains donnant les pleins pouvoir aux russes, alliés d’Assad, pour poursuivre l’offensive dans la Ghouta? Mais sur cela point de débat. Et voici Aurélie Filipetti, puis une série de soutiens pseudo-médiatiques, qui décident de taper sur le même clou. Ce dénouement questionne. Les principes énoncés par « Le Média » étaient-ils compatibles avec une pseudo-gauche morale, people des beaux quartiers, qui aujourd’hui se dit désabusée?
 
Il y a dans la profession-et cela est bien légitime- ceux qui inquiets pour la suite de leur carrière, décident d’aller voir ailleurs. Fort bien. Mais les autres, ceux dont la carrière n’est pas plus à faire que la mienne? Noel, Aurélie, et les cinq ou six soutiens mis en exergue par « Le Monde? N’y aurait-il pas dans leur position le prolongement d’une bataille engagée sur le plan politique, mélangeant le Média et la FI, leur intervention médiatique et les déboires politiques de leur mentor, Benoit Hamon, pour ne pas le nommer, inquiet de voir approcher les prochaines échéances, isolé, réduit au défenseur d’une pseudo Europe sociale lorsque l’union européenne a fait ses preuves en Grèce et dans les autres pays de l’union? N’est-ce pas en effet le prolongement du combat que Hamon veut engager « pour l’union de la gauche » auquel fort justement à mon sens la FI répond par un refus de toutes les tambouilles d’appareil qui se trouve lamentablement prolongé sur le terrain du Média?
 
Mais « le Monde » ne s’arrête pas là. Voilà, c’est entre autre au nom de cette bataille politique qui veut enchainer toute résistance à l’acceptation de l’union européenne à la mode des socialistes d’hier -et pour ce qu’il en reste d’aujourd’hui- que « le monde » se fait l’accusateur N°1 de responsables du Média. Là encore, contrairement à eux, je me contenterai de me taire, ne sachant pas. Mais si les relations entre le politique, la finance et le monde des affaires intéresse réellement le quotidien, il existe des pistes, des noms, des personnages autrement en vue qui pourraient retenir son attention. De ceux qui par exemple ont côtoyé la banque de très près, ont atteint les plus hauts sommets de l’état, et qui mettent en oeuvre un programme qui au compte d’intérêts d’un tout petit nombre liquide les biens collectifs les plus précieux de la collectivité…
 
 
 
jacques Cotta
Le 5 mars 2018

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