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Spécificités catalanes et leçons de Catalogne…

… utiles pour la Flandres, l’Ecosse, la Corse, etc.…

Par Jacques Cotta • Actualités • Mercredi 11/10/2017 • 7 commentaires  • Lu 1046 fois • Version imprimable


Depuis le résultat du référendum qui a donné à plus de 92% des votants une majorité écrasante à l’indépendance en Catalogne, le ton ne cesse de monter pour laisser prévoir un affrontement imminent. Non seulement en Espagne où Madrid ne cesse de répondre verbalement, mais aussi physiquement, à la volonté catalane avec violence, mais aussi dans la Presse et le monde politique européen qui suppute sur la réaction de l’état central sans affirmer la moindre opposition à ses accents guerriers.

Contre toute intervention militaire

Dans son allocution devant le parlement catalan, le président Carlos Puigdemont a réaffirmé sa volonté de rompre avec Madrid, la décision de proclamer une république catalane en en différant les effets, proposant au pouvoir central de « discuter » pour mettre en place la suite. Alors que l’attitude de la présidence catalane est en retrait avec ses déclarations antérieures –au risque d’apparaître comme une reculade sans appel- dans le but d’éviter, au moins de différer, une confrontation musclée, la balle est dans le camp de Madrid qui a la possibilité d’entrer dans une discussion ou au contraire de maintenir une attitude « ferme » pouvant aller jusqu’à l’organisation d’une répression policière et militaire pour tenter d’annihiler toute volonté d’indépendance en Catalogne.

Depuis des mois la discussion aurait pu s’ouvrir pour tenter de trouver une solution acceptable par toutes les parties. Mais nul ne l’a voulu, préférant pousser le plus loin possible un avantage qui risque fort d’être illusoire. Madrid qui a répondu au référendum par une répression policière d’envergure, loin d’intimider durablement la population catalane, est parvenu à radicaliser et renforcer un mouvement profond pour l’indépendance. Nombreux sont les hésitants qui ont penché du côté de l’indépendance pour montrer leur opposition à un pouvoir dont le maniement de la matraque et de la violence a rappelé des souvenirs toujours présents dans la tête des catalans. En réponse à l’assemblée catalane et au référendum, en réponse à la proclamation d’une république en Catalogne, il est question d’état d’urgence strict, d’envoi de la « Guarda civile » en nombre, de mobilisation de l’armée… L’escalade militaire dans laquelle le pouvoir central de Madrid pourrait s’engager ne pourrait mener qu’au désastre en Catalogne, en Espagne, en Europe dont les peuples seraient les victimes.

La réalité du pouvoir

A Barcelone, mais aussi à Madrid même, la réaction du Parti populaire et de Rajoy contre le référendum est apparue comme celle d’un parti pourri, autoritaire, violent, marqué par des affaires de corruption à répétition. Rajoy, au pouvoir grâce à la complicité directe du PSOE -PSOE qui n’a pas hésité à approuver avant l’heure « tous les moyens qui seront utilisés pour faire rentrer la Catalogne dans le rang » - a joué de la provocation, encourageant le rapatriement de sièges sociaux de grandes entreprises telles Gas natural, ou le transfert d’autres telles la banque Caixa partie à Valence ou encore la banque Sabadell déménagée à Alicante.

Parmi les tentatives d’explications permettant de comprendre la situation, ont été évoqués pêle-mêle le refus de la riche catalogne de payer pour les espagnols frappés par la crise et la pauvreté ou la responsabilité de Madrid d’avoir fort peu redistribué aux catalans sous forme d’aides ce qui pourtant devait leur être alloué. Mais un autre élément joue, qui fait appel à un passé toujours présent dans les mémoires. Un élément qui dépasse la seule Catalogne et concerne toute l’Espagne. L’existence d’anciens franquistes recyclés dans le parti populaire de Rajoy montre bien que les comptes n’ont pas été totalement soldés avec le franquisme, encore honoré aujourd’hui en certains lieux d’Espagne, et fort peu critiqué par exemple dans les programmes scolaires. Alors que la monarchie apparaît comme indissociable de ce passé douloureux dont elle est héritière, alors qu’elle avait pour tâche selon le franquisme de fédérer les peuples d’Espagne, les différentes déclarations du roi dans la crise qui se développe viennent renforcer la détermination catalane.

L’UE dans l’impasse

Il est intéressant de noter la réaction tardive de l’UE, presque timide, favorable à l’établissement d’un dialogue entre Madrid et Barcelone. L’UE est embarrassée, en porte à faux. D’une part, l’indépendance va dans le sens prôné depuis des années, la volonté d’une Europe des régions permettant de régler son compte aux états-nations jugés encombrants, lieux d’opposition possible au néolibéralisme et surtout d’investissement des peuples dans une volonté de démocratie et une recherche de souveraineté. De ce point de vue, la tentative catalane devrait trouver son appui, d’autant que l’UE apparaitrait comme seule à pouvoir garantir la stabilité. Le capital financier sauveur contre l’anarchie… Avec la destruction des états, le « marché » trouverait enfin un terrain libéré, sans entrave…

Mais L’UE n’ose affirmer cette volonté politique, soutenant d’ailleurs Rajoy. Elle préfère la stabilité apparente à une aventure incertaine pour l’Europe toute entière d’autant que l’affaire catalane apparaît alors comme beaucoup plus large, avec l’écosse par exemple ou encore la Belgique où les mêmes questions sont d’ores et déjà posées. 

La solution de Podemos et Mélenchon

Depuis le début de cette affaire, plusieurs voix en Espagne, celle de Podemos notamment, comme d’ailleurs celle de Jean Luc Mélenchon en France, en appellent à la raison, au dialogue, à la discussion organisée pour sortir de l’impasse et de la provocation. Il faut bien reconnaître que sur aucun plateau de télévision, devant aucun micro de radios, ou dans fort peu de colonnes de journaux cette position a possibilité d’expression. C’est pourtant de cette position que semble s’être rapproché dans son allocution le président Carlos Puigdemont.

Comment en effet aborder la question de frontières dont la modification est inscrite par le mouvement des peuples eux-mêmes sans débattre posément.

La Catalogne est devenue une république catalane. Comme il est peu envisageable de façon raisonnable –ce qui ne signifie pas qu’à Madrid cela ne soit pas envisagé- de transformer la nation espagnole – pas plus que toute autre nation- en une camisole de force censée emprisonner les peuples malgré eux , l’heure de la discussion ne peut être différée, pour savoir notamment si la forme à adopter ne devrait pas être celle d’une « nation de nations », intégrant la catalogne comme nation républicaine souveraine, dotée de sa propre constitution après un processus constituant inscrit notamment dans les vœux de Podemos.

La discussion ouverte sur l’avenir de frontières bousculées par l’histoire serait sans doute la meilleure façon d’éviter l’affaiblissement –voire la disparition- des états nations qui laisseraient toute liberté à un business sans entrave, à une Europe des tribus contre l’Europe des Nations. Dès aujourd’hui la question se pose en Belgique avec la Flandres, en Grande Bretagne avec l’Ecosse, en France avec la Corse ou la nouvelle Calédonie, etc.… Les frontières ne sont pas inamovibles et seule la discussion pourrait permettre d’en redéfinir les contours conformément à la volonté des peuples qui y sont confrontés… 

Jacques Cotta
Le 11 octobre 2017


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Commentaires

pas mal mais a mon avis incomplet par berthierch le Mercredi 11/10/2017 à 12:06

- le contenu de classe est occulté; c'est surtout un article sur les "sommets" politico-economiques
- quid de l'attitude des organisations syndicales à la base et aux sommets?
- la position de l'UE est beaucoup plus  radicale et totalement derriere un gouvernement qui assume et applique sa filiation totale avec l'appareil politique et economique du franquisme
- quant à JLM, comme maintenant en France, il se la joue " présidentielle " au dessus des conflits, ni droite, ni gauche, logique de ceci contre logique de cela...
pour moi, la position de principe est que le dernier mot doit revenir au peuple. Malgré les obstacles et la brutalité affichés par le pouvoir central, le peuple catalan, quelques définitions on lui reconnaitrait, s'est prononcé et il faut s'y conformer.


Jacques Cotta et la Catalogne par Gabriel GALICE le Mercredi 11/10/2017 à 12:45

 Pour une fois, Jacques Cotta, talentueux dans l'esprit de géométrie, fait dans la nuance, la finesse, pour ne pas dire la tergiversation. "Non mais..." semble dire son texte. Ou je ne comprends pas tout.

Après avoir expliqué, avec raison, que le démantèlement des Etats est au programme du libéralisme (libérisme en vérité) financier, il invite à un bricolage mélenchonesque sur fond de mémoire antifasciste et de violence policière. 38% des électeurs inscrits se seraient prononcés pour une "République catalane".  Mélenchon en appelle à la "démocratie" en ignorant bizarrement la Constitution espagnole et même la Constitution catalane. Sortons-nous de l'Etat de droit ? Il ne faut pas prendre la conjoncture pour la structure ni le gouvernement pour l'Etat. Comme en Ecosse, de nombreux militants de gauche sont enclins à soutenir les indépendantistes "progressistes" contre les pouvoirs centraux "réactionnaires" de Londres et de Madrid. Rajoy est réactionnaire, antipathique et maladroit, soit. Des néo-fascistes sont nichés dans le PPE, il va de soi. Faut-il pour autant casser l'Etat ?

Cette option est possible, voire tentante (?), mais risquée. Au surplus, quelles classes ou couches sociales soutiennent-elles l'indépendance ? Pas vraiment les couches populaires, qui ont d'autres priorités. Une néo-bourgoisie "glocalitaire" (globaliste + localiste) porte cette revendication, que chérissent des géostratèges allemands friands de "l'Europe des Régions". La situation est la même au Kurdistan irakien : on continue à casser l'Etat, là contrôlé par les chiites après le congédiement des fonctionnaires et militaires du régime renversé manu militari.

Le sécessionnisme horizontal fait pendant au sécessionnisme vertical (financier, fiscal...) des éligarchies mondialisées. Une bourgeoisie intermédiaire s'accommode de l'ordre des choses, en lui imprimant sa musique "identitaire". Les Verts européens sont, depuis Joschka Fischer (le grand ami de Madeleine Albright, artisane de la destruction de la Yougoslavie), typiques de cette démarche, qui s'accommode de vert-de-gris dans une posture antirusse isomorphe au transatlantisme. Ledit Fischer déclare au Point "Nous sommes envieux du renouveau français" (entendre lessivage macronien). Cohn-Bendit est de la même veine. 

Bref, la plaisanterie de JL Mélenchon en appelant à une riposte "vénézuélienne"  témoigne davantage d'un humour embarassé que d'une réflexion poussée. Puigdémont est un caudillo du XXIème siècle, la com tenant désormais lieu de fusil. Ce référendum est un coup de force aux allures de coup d'état. On en a vu d'autres mais cela n'excuse rien. Que Podémos en appelle à une médiation de Zapatero me laisse personnellement songeur...

Dans "DU PEUPLE-NATION - essai sur le milieu national de peuples d'Europes" (2002), je termine ainsi mon chapitre sur la "picaresque Espagne des Autonomies" : "En Espagne comme ailleurs, les revendications régionalistes sont le reflet de l'absence de projet politique et social crédible pour le pays et la marque de la prévalence boutiquière. Le manque de projet collectif incite au repli "identitaire"".


Re: Jacques Cotta et la Catalogne par jcotta le Jeudi 12/10/2017 à 01:01

 Cher Gabriel Galice,

Je ne suis pas certain en effet que vous ayez bien compris mes efforts « pour une fois » de nuancer le propos J. Et vous remercie pour la reconnaissance de mon « esprit de géométrie », une discipline mathématiques qui fit partie de mes premières passions. Mais plus sérieusement : j’adhère totalement à une série de principes que vous rappelez là et que nous développons sur notre site depuis maintenant des années. J’ai moi-même écrit quelques papiers sur la question nationale, la question des frontières, la question de la souveraineté, la question des instances supranationales, la question de la balkanisation, etc… J’adhère donc restant d’accord avec moi-même. Là où j’adhère moins, c’est sur la conclusion que vous tirez sur la question spécifique qui nous occupe et qui vous donne l’occasion de critiquer « le bricolage mélenchonesque ». Vous nous dites que « les revendicatons régionalistes sont le reflet de l’absence de projet politique et social crédible pour le pays ». Fort bien. Cela me semble trés juste. Mais en attendant, lorsque la moitié d’un peuple –qui doit d’ailleurs faire plus après les provocations du PP qui ont radicalisé la situation- se prononce par référendum comme l’ont fait les catalans, vous préconisez quoi ? « Un projet politique et social » ? Cela me semble aussi fort juste, mais est-ce bien en adéquation avec l’urgence de la situation ? La radicalité verbale ne répond pas à la situation. Même si en effet il faut, indépendamment d’ailleurs des indépendantistes, en Catalogne comme ailleurs, « un projet politique et social » permettant d’affronter le capital.

Et en attendant ? Au nom de l’état de droit, comment régler la situation? la « garda civile », et si ça ne suffit pas l’armée ? Evidemment pas et la question d'une fédération de nations ne mérite-elle pas intérêt et discussion? 

Cette question en Catalogne n’est pas espagnole mais bien plus générale. L’Ecosse, la Belgique, et aussi la Corse où la réponse en nombre de compagnie de CRS aura fait son temps dès lors qu'un référendum donnerait une majorité au camp indépendantiste dont on peut d'ailleurs penser le plus grand mal. Cela peut faire sourire, mais dans les faits ? Mélenchon est peut-être critiquable sur bien des aspects, mais je trouve qu’en l’espèce il aborde la question, notamment la nécessité de trouver un cadre permettant de discuter la question des frontières lorsqu’elle se pose, sans renier des principes qui nous sont chers et sans éviter la complexité d’une situation qu’il vaut mieux saisir avant qu’elle ne nous explose à la figure.

Bien à vous

JC


Re: Jacques Cotta et la Catalogne par Gabriel GALICE le Jeudi 12/10/2017 à 11:03

 Cher Jacques Cotta,

Je n'ignore pas que nous partageons bien des points de vue et mon éloge de votre esprit de géométrie n'avait rien d'ironique ou de fat. Dans le cas des micronationalismes, je ne pense pas que l'on puisse finasser à l'infini sans se heurter à la quadrature du cercle. Il faut partir de principes ou de postulats, en mesurer les sources (dont l'Europe des régions à l'allemande) et les implications.

Pour ma part, je tiens la destruction des Etats-nations comme le point de départ, le reste étant habillage folklorique ou identitaire drapé de considérations historiques validées par les exigences d'un "néo-libéralisme", qu'il vaudrait d'ailleurs mieux qualifier de néo-capitalisme. Destruction d'ailleurs sélective : l'Etat social est démantelé au bénéfice de l'Etat sécuritaire. Mais derrière l'Etat, c'est le peuple qui est visé (d'où les dénonciations du "populisme" par les éligarchies), peuple qui fonde l'Etat qui l'étaie. Raison pour laquelle je parle de "Peuple-Nation", qui n'est ni corse ni catalan mais espagnol ou français. Là-dessus, j'approuve pleinement le récent discours de Mélenchon sur l'Europe, que La Sociale a eu la bonne idée de nous faire partager. Mélenchon aurait pu citer le Constitution. 

La notion d'identité, tant mise en avant, mérite examen, voire déconstruction. Zygmunt Bauman a commencé de le faire. Je l'avais entrepris dans le texte : " Des micronationalismes en Europe" : "identité", pouvoir et appropriation en Ecosse et en Savoie", publié dans l'ouvrage collectif L'Europe à la recherche de son identité (CTHS, 2002) Sous l'identité. c'est en effet le pouvoir et l'appropriation (matérielle, imaginaire, symbolique...) qu'il convient d'interroger pour ne pas se payer de mots à la mode (pourquoi d'ailleurs sont-ils mis à la mode ?). Allons plus loin : je tiens que nous sommes dans la reconstitution de formes impériales contre les formes nationales. L'économiste Daniel Cohen écrit : "Du coup, l'économie politique ((sic!)) en est venue à apporter des arguments nouveaux contre les grandes nations. L'argument essentiel en ce domaine est lié à à l'hétérogénéité redoutable des populations (c'est moi qui souligne) qui les constituent, Celle-ci oblige à d'importantes redistributions, qui grèvent le budget, nuisant aux fiances publiques et font peser le poids de la dette et de l'inflation (...) Les petites nations, plus homogènes, ne s'exposent pas à ce risque". (Richesse du monde, pauvreté des nations) Belle proclamation de foi d'un libéral de gauche ! Je crois entendre les indépendantiste catalans (et autres) se plaindre que leurs compatriotes leur coûtent cher. Ce n'est pas ma conception de la nation que celle qui met les riches d'un côté, les pauvres de l'autre. Je ne pense pas que ce soit la vôtre.

Cher Jacques Cotta, veuillez ne pas prendre la réaction pour l'action et faire porter au gouvernement espagnol (et au chef de l'Etat) le poids de la responsabilité. Puigdémont et son clan sont à l'origine de la crise par leur obstination à tenir un référendum. Vous allez me répondre que Madrid refuse de négocier depuis des années. Quoi, au juste ? Entre terrorisme et pauvreté, l'Espagne à d'autres priorités et cette bataille est une regrettable diversion. Le tribunal constitutionnel espagnol a invalidé l'interdiction de la corrida en Catalogne en arguant qu'il s'agit d'une prérogative d'Etat. Pour le coup, ami des animaux, je suis sans conteste du côté des Catalans !

J'ai travaillé depuis des lustes sur la question des frontières et je reste parisan de leur intangibilité. Voir notamment sur le site du GIPRI "Berlin -Genève", paru dans le n° double de la revue Médium.

Tout cela mériterait un livre, collectif pourquoi pas ?

Bien à vous.

GG


IZQUIERDA UNIDA ? par andres bryant le Mercredi 18/10/2017 à 12:24

 Etrange que dans cet article, nulle part n'est fait mention des positions et propositions de Izquierda Unida


Au sujet des nationalismes, une réflexion claire, nécessaire et utile. A partager par andres bryant le Mercredi 18/10/2017 à 12:28

 http://www.communcommune.com/2017/10/catalogne-independantisme-des-riches-independantisme-des-pauvres.html


Honnêteté, démocratie par andres bryant le Mercredi 18/10/2017 à 12:33

 ""référendum qui a donné à plus de 92% des votants une majorité écrasante" : mauvais départ pour une réflexion correcte. Car les votants ont été, comme pour le précédent, un tiers des électeurs. Se prévaloir de 2 millions de voix pour imposer son projet à 5,5 millions d'autres citoyens, est-ce démocratique ? 



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