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De la lutte au droit

Par Jean-Paul Damaggio • Débat • Samedi 01/07/2017 • 0 commentaires  • Lu 819 fois • Version imprimable


La mort de Simone Veil rappelle les luttes pour obtenir le droit à l'avortement (à l'IVG).

Comment passer des luttes locales aux luttes nationales ?

Pendant des décennies des femmes ont lutté pour trouver le moyen d'avorter dans les conditions les moins pires.

Ma mère m'a raconté quelques faits dramatiques.

La lutte "locale" pouvait continuer des décennies : partir à New York ou Amsterdam, voir telle ou telle personne, trouver le bon docteur (et le membre du PCF n'était pas plus disponible) etc…

Il a fallu passer à la lutte sur le plan politique.

Pendant des décennies des personnes ont lutté pour trouver le moyen d'avoir une assurance santé. Des petites associations sont nées ici ou là, sous l'angle professionnel, sous l'angle religieux.

La lutte "locale" pouvait continuer des décennies jusqu'au jour où elle est devenue politique avec la création de la Sécu. Une décision politique qui ne pouvait que heurter quelques susceptibilités religieuses, locales etc. car elle enlevait une mini puissance locale au profit d'un pouvoir central (avec ses propres limites) d'où une négociation pour laisser une marge de pouvoir aux mutuelles.

 

Pendant des décennies des personnes ont développé des moyens locaux de mesure et chaque secteur était fier de ses trouvailles. Du côté anglais la monarchie centrale avait pu fixer une décision nationale en prenant comme référence le pied du roi etc. Du côté français il a fallu la révolution pour prendre comme base la mesure d'un méridien pour construire un système central, le système métrique qui a heurté les susceptibilités locales, les pouvoirs féodaux etc.

 

Tous les discours contre le politique ne visent qu'à une chose, empêcher l'accès aux droits. Et nous sommes dans cette situation catastrophique où les formes prises par le politique contribuent à détourner les citoyens du politique, pour les inciter à revendiquer la féodalité,… que les formes en question appellent de leur vœux !

Le système actuel n'est pas fort seulement par son contrôle des médias, son pouvoir financier, sa domination idéologique mais par le fait qu'il incite ceux qui le contestent vraiment à œuvrer contre leurs intérêts !

Un peu comme si hier les révolutionnaires de1792 avaient dit : vive les instruments de mesure locaux.

Pourquoi cette situation ?

Qui avait intérêt à un droit sur l'IVG ? Les classes populaires.

Qui avait intérêt à une sécu ? Les classes populaires.

Qui avait intérêt à une système de mesure unifié ? Les classes populaires.

La bataille pour le droit est TOUJOURS une bataille pour les classes populaires !

Toute promotion de l'action locale contre la bataille pour les droits est un produit du système, que l'action locale prétend souvent combattre !

Bien sûr, je participe à la vie associative (avec des associations subventionnées ou non) mais j'en sais très bien ses limites.

L'homme qui a permis une analyse internationale du phénomène s'appelle James Petras à partir du cas des ONG.

Je dis sous forme provocatrice : les organisations non gouvernementales sont pires que les organisations gouvernementales ! Le cas du rôle des ONG à Haïti est la caricature du phénomène.

Entre un syndicat et une ONG les médias ont choisi : une ONG.

Merci donc à ceux qui sans faiblir en appellent au combat réellement politique, le combat pour les droits.

J-P Damaggio

P.S. J'ai pris des exemples évidents en sachant que ce n'est pas toujours le cas. Par exemple : la bataille pour le droit de vote passe-t-elle par le vote obligatoire ? Je considère que la bataille pour le droit de vote passe par le droit de ne pas voter.


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