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Guerre "sainte" au service d'un projet totalitaire

Après le massacre de Barcelone, il est plus nécessaire que jamais d'appeler les choses par leur nom

Par Denis Collin • Internationale • Vendredi 18/08/2017 • 1 commentaire  • Lu 1000 fois • Version imprimable


Les criminels djihadistes ne sont pas de « lâches criminels ». Ce sont des combattants d'une cause politico-religieuse d'essence totalitaire et leur guerre, ils l'appellent "guerre sainte", c'est une guerre pour la suprématie totale de l'islam. Dans cette guerre ils utilisent la terreur et commettent des crimes de guerre comme le font tous ceux qui aspirent à la domination totale, ni plus ni moins. La terreur, c’est exactement cela : prendre les populations civiles comme cibles dans des actes de guerre. L’histoire des deux derniers siècles est remplie de ces actes terroristes menés par des grandes ou des moins grandes puissances. Donc ce qu'il faut caractériser c'est la cause qu'ils défendent et en tirer toutes les conclusions.

Le jour même du massacre de Barcelone, on apprenait que les "oulémas" tunisiens venaient de rendre leur verdict au sujet de la loi que le gouvernement veut prendre sur la question de l'héritage. Toucher à la charia dans ce domaine, ce serait introduire de graves erreurs dans la vraie foi, disent-ils. Il n'est donc pas question d'égalité entre les frères et les sœurs dans l'héritage. Une femme éternellement ne vaut que la moitié d'un homme.

Les djihadistes défendent la même cause que ces religieux tunisiens et quelles que soient les méthodes utilisées, la cause est la même et l’idéologie est la même. Les oulémas tunisiens sont sûrement des « musulmans modérés » mais ils ne sont pas modérément des ennemis des femmes et du genre humain. Comme leurs « frères » tueurs de Paris, Nice ou Barcelone.

Entre Barcelone et cette déclaration des hautes autorités de l'islam en Tunisie, il y a un lien étroit. Ne pas vouloir le voir, c'est, au mieux, ne rien comprendre à ce qui est en cause. Et qu’on ne vienne pas parler d’« amalgame ». Il y a peut-être un islam « réformé » possible, mais il suppose une épuration radicale du corpus religieux et la condamnation sans concessions des règles « communautaires » barbares – les mariages arrangés, le ramadan obligatoire, les interdits alimentaires stupides ou le fait de considérer comme musulman tout enfant qui vient de naître d’un père musulman, le droit pour tout musulman de renier sa foi, etc. Évidemment un tel islam ressemblerait comme deux gouttes d’eau au protestantisme libéral et on est loin d’en prendre le chemin.


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Commentaires

par gilles le Mercredi 23/08/2017 à 19:08

Certes l'islam n'est pas ce qui se fait de mieux en matière d'émancipation, je vous l'accorde et je n'ai aucune mansuétude personnelle vis à vis de l'islam. Mais votre réflexion gagnerait à être resituée dans un contexte de raréfaction des ressources énergétiques notamment celle la plus utilisée dans le Monde, le pétrole. L'impérialisme des États-Unis d'Amérique, les milieux dirigeants des États-Unis d'Amérique ont une stratégie concernant ces ressources et concernant les lieux où elles sont situées. Ces milieux ne peuvent pas s'exprimer directement et dire : « Nous allons envahir l'Irak pour leur prendre leur pétrole ! » alors leurs services spéciaux ont suscités la création d'entités, de mouvements terroristes. Elles les avaient déjà utilisées pour combattre par leur intermédiaire par exemple, les Soviétques en Afghanistan. Le terrorisme sidère le public et la lutte contre le terrorisme justifie ensuite plus facilement toutes les interventions militaires impérialistes qui en retour alimentent le terrorisme. Le terrorisme, les organisations terroristes finissent tôt ou tard par être infiltrées et manipulées. L'Histoire nous l'a prouvé maintes et maintes fois que le terrorisme a été souvent manipulé comme par exemple l'attentat de la gare de Bologne ou l'assassinat d'Aldo Moro.



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