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Hamon, le retour de Mitterrand ?

Par Jean-Paul Damaggio •  • Jeudi 16/03/2017 • 0 commentaires  • Lu 348 fois • Version imprimable


Chaque élection présidentielle est en deux étages. D’abord le duel entre les deux prétendants. Ensuite le duel entre les prétendants de l’élection suivante.

En 2012, Hollande contre Sarkozy et Mélenchon contre Le Pen. Hollande et Le Pen furent les deux gagnants.

Mélenchon avait vu juste en faisant de Le Pen sa cible favorite car il avait compris que si Marine Le Pen le devançait, elle apparaîtrait ensuite comme l’alternative possible à l’échec programmé de Hollande.

Le bilan du quinquennat est clair à ce sujet : dans les élections qui suivant le FN passe de 18 à 27% tandis que le Front de Gauche ne gagne rien à la défaite du PS. Rares sont ceux qui ont tenté d’expliquer ce phénomène. Mélenchon a considéré que les positions à géométrie variable entre Front de gauche et PS suivant les types d’élections et suivant les lieux étaient la cause de cet échec d’où l’idée de lancer la France Insoumise sur le modèle de Podemos.

 En 2017 pour le duel des prétendants on a eu droit suivant les sondages à Le Pen – Juppé, Le Pen-Fillon puis aujourd’hui à Le Pen-Macron. En aucun cas le PS ne pouvait y être présent et c’est ce qu’à admis Hamon dès 2015. Alors que pendant la primaire Montebourg se présentait comme un prétendant au poste de président, Hamon visait lui le poste de président… du PS. Bien sûr, il ne le disait pas ainsi mais sa revendication du Revenu minimum d’existence était d’autant plus facile à faire qu’il avait admis qu’il n’aurait pas à l’appliquer.

 Pour prendre la pouvoir au PS, il a sorti les recettes de Mitterrand : agir par la gauche comme à Epinay Chevènement a mis au pouvoir le futur président de la république. Aussi dès sa victoire à la primaire le but de Hamon n’a pas été d’unir le PS derrière lui mais au contraire de faire fuir la frange dite de droite et représentée par Valls. L’accord avec Jadot est un chef d’œuvre du genre : il apparaît comme un rassembleur, tout en acceptant des positions écolos qui allaient rebuter toute une frange de son parti ! L’étape suivante a été de faire croire que si Mélenchon se pliait à sa stratégie la gauche pouvait être au second tour. Observons à ce sujet la stratégie des commanditaires des sondages (n’oublions pas qu’ils sont toujours chers et que les propriétaires des résultats en font usage suivant leurs intérêts). Alors que Juppé n’avait jamais dit qu’il voulait être candidat combien de sondages ont démontré que face à Fillon il était capable de battre et Le Pen et Macron. Quel sondage a démontré qu’un ralliement de Mélenchon à Hamon pouvait donner un résultat équivalent ? Aucun, car il allait détruire le fond de commerce de Hamon repris par des gens sincères et d’autres beaucoup moins comme quoi Mélenchon a un égo trop grand, et un sectarisme trop fort. Quel candidat à la présidentielle met son égo dans la poche ? Surtout pas Dupont-Aignan !

 Bref, pour préparer 2022 le grand combat est entre Hamon et Mélenchon. Hamon a besoin de laisser loin derrière Mélenchon pour apparaître comme l’alternative, après l’échec gouvernemental de Macron et suite à une reconstruction du PS sous son contrôle.

 En 2007 Ségolène Royal qui avait participé au combat des prétendants avait cru qu’ainsi, malgré sa défaite, elle était bien placée pour l’élection suivante, sans se douter (ou en se doutant) que le PS lui ferait payer, avec l’aide de Martine Aubry, un demi-succès trop important sur son nom. Martine Aubry a ainsi servi sur un plateau le pouvoir à Hollande dont elle contestera ensuite la politique !

 Hamon est donc pour le moment sur les rails pour 2022. D’autant que Mélenchon a lui aussi eu des rêves mitterrandiens mais qu’il a assumés en quittant le PS. Le long texte d’union entre Hamon et le PRG témoigne déjà de ce que j’avance. Si Hamon a pour objectif d’unir le PS sur «sa» gauche il ne perd pas de vue un allié éternel comme le PRG dont les actes de gauche se comptent aujourd’hui sur les doigts d’aucune main !

 Le mois qui vient va donc désigner le futur président et le futur avenir du PS. Soit Mélenchon passe sous la barre de 10% et la France Insoumise va avoir du mal à s’en remettre, tandis que les Verts vont se diviser entre ceux qui vont rejoindre le nouveau PS, ceux qui vont chercher des postes ministériels auprès de Macron et ceux qui espèreront en un sursaut de la France insoumise. Soit Hamon et Mélenchon font jeu quasi égal et l’avenir politique pourra retrouver une alliance éventuelle sur deux jambes d’une gauche incertaine. Inutile de dire que pendant ce temps Marine Le Pen va continuer de s’incruster avec le FN !

Pour ceux qui oublient l'hsitoire je rappelle que Mitterrand n'a jamais gagné la présidentielle quand il était dès le premier tour le candidat unique de la gauche. Car ensuite au second tour qui rassembler ?

 Deux absents du tableau : Les Républicains sous le choc, et le PCF qui, absent de la présidentielle, espère que les législatives confirmeront sa place dans le jeu politique.

Quant à l’échec du NPA, il est aussi une leçon pour la reconstruction du courant de la démocratie sociale. J-P Damaggio

 

Notes

1 Lettre de Hamon au PRG

2 Cet article fait suite à celui sur Macron : Macron l'anti de Gaulle


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