S'identifier - S'inscrire - Contact

Quand François Hollande reconnait « sa gauche »

Par Robert Duguet • Actualités • Lundi 29/09/2008 • 1 commentaire  • Lu 1691 fois • Version imprimable


François Hollande lui-même a adressé une réponse au journal « Militant », auquel « Liaisons » de Vincent Présumey collabore, suite à une analyse publiée dans ce journal sur la préparation du congrès du PS. « Militant » posait à juste titre la question « Où va la PS ? ». Je reproduis ci-dessus les éléments intéressants de cette discussion :
1) Analyse de « Militant »
2) Réponse de François Hollande
3) Commentaires de « Militant »


________________________________________

Mon propre commentaire :


« Militant » écrit :
« La gauche dans le PS comme dans le pays c’est l’opposition frontale et réelle à Sarkozy, qui ne recule pas devant l’action pour le combattre, le défaire et le chasser »
Certes deux composantes de la gauche du parti, Mélenchon avec « Trait d’Union » et Marc Dolez avec « Forces Militantes » se sont unies sur des revendications qui expriment le mouvement du salariat contre ce gouvernement : retrait des troupes françaises d’Afganistan, hausse massive des salaires, planification écologique, une VIème République parlementaire, laïque et sociale, ils indiquent qu’ils refusent toute alliance à droite (du type Modem) et sont pour toute alliance à gauche (avec le NPA notamment).
Certes, certes… mais l’alliance avec d’autres composantes, notamment celle de Gauche Avenir (Lienneman, Quilès) et de Hamon-Emmanuelli (le chef d’orchestre restant Emmanuelli) est de tout autre nature. Je ne rappellerai pas le rôle désastreux joué par Emmanuelli après la victoire du non en 2005 pour réconcilier au congrès du Mans les oui et les non, et courir derrière l’arrière train de Ségolène Royal. Je ne rappellerai pas l’absence de toute référence au socialisme dans le texte fondateur de Gauche Avenir… De plus les militants de la gauche du parti, j’entends ceux qui ne bénéficient pas d’un plan de carrière sous les ors de ce qu’il reste de la République, ont été éjectés de la discussion de cet accord entre Dolez-Mélenchon et les autres. Gérard Filoche et la cinquième composante significative de cette accord indique clairement où va « la gauche du parti » :
« … c’est l’heure de la gauche socialiste ! Cela inclut une vraie dynamique à gauche dans notre parti, à nous de la construire et cela devrait modifier la donne, ancrer la future majorité qui ne devrait pas pouvoir se faire sans nous à gauche(…) » Filoche indique où va l’accord par rapport à la nouvelle synthèse finale… avec Martine Aubry comme premier secrétaire vraisemblablement. Nous voilà à nouveau dans l’esprit du congrès catastrophique du Mans, de réconciliation des tenants du oui et du non au « libéralisme ».
Voilà l’opération qui se dessine. Et quand je dis que les militants sont éjectés de cet accord, j’ajouterai que, avant même que la motion ne soit terminée, une liste de militants a été publiée dont un certain nombre ont vu leur nom apparaitre, sans qu’ils n’aient été consultés sur le contenu de la motion. Ils sont signataires sans l’avoir lu… dont moi-même…
Quant au contenu de l’accord c’est Hamon-Emmanuelli qui ont imposé le cadre de la discussion, Trait d’Union et Forces Militantes allant à Canossa. Nulle part dans le texte de la motion, il n’est question d’abroger toutes les dispositions anti-ouvrières appliquées par le gouvernement Sarkozy…
Le commentaire de « Militant » à François Hollande se conclut :
« Tout de suite, engager le combat pour la hausse des salaires et le blocage des prix alimentaires, des loyers et des prix de transports : Mr F.Hollande, député de la Corrèze, camarade F.Hollande, premier secrétaire du PS, l’unité du PS, l’unité de la gauche, l’unité du monde du travail, elle devrait commencer par là… »
François Hollande peut reconnaître là sa gauche : se battre pour l’unité du PS aujourd’hui, c’est vouloir réconcilier le oui et le non, le social-libéralisme et la rupture avec le capitalisme… Le salariat a besoin d’un autre outil pour gouverner. « Militant » distille des illusions qui préparent de nouvelles défaites.

Robert Duguet, militant de Forces Militantes.


________________________________________

L’article de Militant sur le congrès du PS


Où va le PS ? Cette question, ses militants et adhérents et sa base sociale et électorale qui, à ce jour, reste la plus forte composante du peuple de gauche et du salariat en France, se la posent bien évidemment.
Elle a été méchamment ravivée par les palinodies de la Rochelle. Mais même à la Rochelle, il y avait deux étages : celui des chefs et des médias, et celui des militants, avec, là, une réunion-débat sur la laïcité à laquelle participait Jean-Luc Mélenchon, ici, une réunion sur le Code du travail avec Gérard Filoche, et, dans les couloirs, la table de presse de nos camarades de l'OS (Offensive Socialiste !) vendant l'excellent petit livre de Julien Guérin et Jean-François Claudon, Les jeunes socialistes d'Epinay à la génération CPE, aux éditions de l'OURS, 7,5 euros.
A la Rochelle et plus encore dans le pays, l'étage de ceux d'en bas en a ras la casquette, car il n'y a pas d'opposition politique à Sarkozy au niveau des dirigeants du PS.
Cela à cause, non d'abord des personnes et de leurs ambitions comme on le dit souvent, mais des orientations politiques et des forces sociales qui les sous-tendent. La liquidation du PS comme parti issu du mouvement ouvrier, sa transformation en une sorte de "parti démocrate" qui pourrait bien être sa disparition pure et simple, sont le programme politique de deux des principaux courants qui le dirigent. Celui qui veut comme "présidentiable" le maire de Paris Bertrand Delanoë et qui, ironie de l'histoire, alors qu'il entend être le courant libéral français, est dépassé verbalement sur la gauche par les discours d'Hillary Clinton à la convention démocrate de Denver, aux Etats-Unis ! Celui qui voudrait poursuivre avec la "présidentiable" qui a fait élire Sarkozy, Ségolène Royal -parmi lequel des militants sincères et des jeunes qui veulent voir en elle l'alternative à Sarkozy. Face à ces deux courants "liquidateurs" la direction du PS, dont l'orientation de fond est la même -c'est l'acceptation du capitalisme et donc des contre-réformes qu'il exige quel qu'en soit l'habillage- est bien en peine d'apparaître comme différente, et apparaît surtout comme accrochée à son appareil ...
Mais y a-t-il encore une gauche dans ce parti ? La réponse est oui, sans même parler des courants : car la base sociale et électorale est cent fois plus à gauche que n'importe lequel des dirigeants. Mais si la question se pose, c'est parce qu'après avoir fait passer le Non à la soi-disant constitution "européenne" en 2005 l'essentiel des dirigeants de la "gauche du parti" ont rallié la synthèse des Oui et des Non, réalisée contre le peuple de gauche au congrès du Mans en 2005 pour interdire une alternative politique dans ce pays, et dont la conséquence a été l'opération Ségolène Royal avec le résultat à la présidentielle que l'on sait. C'est la méthode du confusionnisme politique à l'oeuvre dans cette synthèse qui continue dans les projets confus d'alliance derrière une troisième supposée "présidentiable" que serait Martine Aubry. Elle ne saurait avoir d'autre effet que d'enterrer tout véritable changement.
Car un vrai changement serait une vraie opposition à Sarkozy. Une opposition maintenant, et non pas la mise en oeuvre par les conseils régionaux et généraux de la politique voulue par son gouvernement et par le patronat, ralliement de l'autre force liquidatrice du lien au mouvement ouvrier qui apparaît dans la préparation du prochain congrès du PS à Reims : celle des "barons" (le terme est exact) locaux, les Guérini, Colomb et autres. Enfermer le "débat" dans le "choix du présidentiable" dés maintenant, c'est en réalité choisir d'attendre 2012 pour ne pas s'opposer à Sarkozy maintenant. C'est le fond politique qui explique les "ralliements" au pouvoir de Sarkozy des Kouchner, Besson, Amara et compagnie. Quand on ne s'oppose pas, pourquoi ne pas se rallier ?
La gauche dans le PS comme dans le pays c'est l'opposition frontale et réelle à Sarkozy, qui ne recule pas devant l'action pour le combattre, le défaire et le chasser.
Deux regroupements nous semble-t-il vont dans ce sens. Parmi les contributions issues des courants ayant combattu pour le Non en 2005 -au nombre de cinq : Nouveau Parti Socialiste (Henri Emmanuelli et Benoît Hamon), Trait d'Union (Jean-Luc Mélenchon), Gauche Avenir (Marie-Noelle Liennemann, Paul Quilès), Forces Militantes (Marc Dolez) et Démocratie et Socialisme (Gérard Filoche), deux d'entre elles, celles de Forces Militantes et de Trait d'Union, se sont regroupées sur les points suivants :
- le retrait des troupes françaises d'Afghanistan,
- la hausse massive des salaires,
- la "planification écologique",
- la rupture avec le traité de Lisbonne,
- une "VI° République parlementaire, laïque et sociale",
- et en indiquant qu'ils refusent toute alliance à droite (du type Modem) et sont pour toute alliance à gauche (avec la LCR-NPA par exemple).

Et chez les jeunes, nos camarades de l'Offensive Socialiste sont en train de s'affirmer comme le courant le plus dynamique, le plus créatif et potentiellement le plus attractif du MJS !
Les cinq courants "de gauche" doivent s'unir sur les bases dessinées par le premier regroupement entre Trait d'Union et Forces Militantes. De même que dans la lutte sociale c'est en refusant le "dialogue social" que travailleurs et syndicats s'unissent contre les patrons, ici c'est en se délimitant de la droite, des barons locaux qui font sa politique, des libéraux et des partisans du traité de Lisbonne que la gauche dans ce parti peut et doit exister à nouveau.


________________________________________

La lettre de François Hollande à Militant :



François HOLLANDE à Militant

Tulle, le vendredi 19 septembre 2008 Député de la Corrèze
Président du Conseil général


18, rue Victor Massé 75009 Paris
N/Réf : PM/FH-08-09-78 Mesdames, Messieurs,

J'ai bien reçu votre courrier électronique du 9 septembre dernier par lequel vous appelez les courants « de gauche » du PS à s'unir.

Vous condamnez une « acceptation du capitalisme » par les dirigeants socialistes, qui, selon vous, seraient coupés de leur base militante et électorale. En premier lieu, je vous invite à lire la déclaration de principe du PS adoptée dernièrement par les militants socialistes.

L'article 6 déclare : « Les socialistes portent une critique historique du capitalisme créateur d'inégalités, facteur de crises, et de dégradations des équilibres écologiques, qui demeure d'actualité à l'âge d'une mondialisation dominée par le capitalisme financier ». Nous affirmons être « partisans d'une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée pur la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux qui a pour finalité la satisfaction des besoins sociaux essentiels. Le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privé dynamique, un secteur public efficace, des services publics de qualité accessibles à tous, un tiers secteur d'économie sociale et solidaire ».

Du reste, la part des ouvriers dans la société française est aujourd'hui très faible. Peut être certains le regrettent-il, mais c'est un fait. Cela ne veut pas dire que le PS doivent les oublier, bien au contraire, mais il doit présenter un projet de société plus juste pour l'ensemble des citoyens, sinon nous devons renoncer à la voie parlementaire et au réformisme. Il nous faut réaffirmer notre conception de l'État, énoncée dans la constitution depuis 1946 : à savoir la France est une République démocratique, laïque et sociale.

Olivier BESANCENOT ne souhaite pas faire alliance avec le Parti socialiste, mais ne tire pas toutes les conclusions de son positionnement. En refusant toute alliance, il fait implicitement le jeu de la droite. Il y a exactement un siècle, au Congrès de Toulouse, Jean JAURÈS mettait en garde les Guesdistes contre une attitude sans cohérence : «Je vous le
déclare très nettement, J'aimerais infiniment mieux pour le Part socialiste, pour le prolétariat, qu'il dise nettement, clairement : Dans le Parlement, foyer de transactions périlleuses, il n 'y a rien à. faire : c'est la corruption, ou, si on aboutit à quelques semblants de résultats, ce sont des résultats misérables. Donc, il vaut mieux qu'au lieu d'aller se corrompre et créer au prolétariat de dangereuses illusions par l'envoi au Parlement de délégués inutiles, le Parti n'ait pus délégués au Parlement, qu'il reste tout entier au dehors de cette forteresse de la bourgeoisie et qu'il s'applique du dehors, avec toute son énergie révolutionnaire, à l'investir un, jour. C'est un langage que je combattrais mais il me paraîtrait moins redoutable au Parti que le langage de ceux qui veulent encore envoyer des délégués au Parlement, mais en déclarant à l'avance qu'il n '' joueront qu'un rôle de dérision, d'illusion, d'impuissance et de corruption ». Par le réformisme, JAURÈS plaidait pour une « évolution révolutionnaire ».
Pour ma part, je m'efforce d'agir concrètement pour nos concitoyens en conservant l'unité du PS et en préparant celle de la gauche pour 2012 ; la rencontre avec les Verts et le PC lors de la fête de l'Humanité fut un moment important dans cette voie.
Je vous prie de croire, Mesdames, Messieurs, à l'assurance de mes sentiments les plus distingués.

________________________________________

Le commentaire du journal « Militant »

Il est important et significatif -et il est louable- que François Hollande ait estimé nécessaire de nous adresser une réponse argumentée. Au delà de la prise en compte de Militant comme groupe organisé, dont plusieurs adhérents sont membres du Parti socialiste, et qui s'intéresse dans son ensemble au devenir de ce parti, c'est une prise en compte des questions que nous posons, auxquelles il est appréciable que François Hollande tente ici de répondre succinctement mais sérieusement. Il n'y a ni unité ni clarification sans la confrontation démocratique d'arguments contradictoires, c'est donc là une condition, pour nous, du renversement du capitalisme et de l'avènement du socialisme.

L'aspect de notre texte auquel François Hollande a choisi de répondre est celui de la nature du Parti socialiste aujourd'hui. Nous ne doutons pas que c'est parce que, premier secrétaire de ce parti, cette question lui est posée, comme nous l'indiquons dans le message qui l'a fait réagir, par "sa base sociale et électorale qui, à ce jour, reste la plus forte composante du peuple de gauche et du salariat en France".

F. Hollande conteste d'abord que l'on puisse reprocher au PS une acceptation du capitalisme. Il cite comme preuve la déclaration de principe récemment adoptée. Mais le passage qu'il cite est susceptible d'interprétations contradictoires. En effet, il peut sembler se prononcer contre le capitalisme, encore que ceci ne soit jamais écrit tel quel, mais prenne la forme d'une référence historique aux origines du PS -la "critique" du capitalisme"- ou celle d'une opposition à l'aspect "financier" du capitalisme, mais surtout il se prononce pour une "économie de marché", formule complétée par les termes "social", "écologique" et par diverses précisions. Or, une économie de marché n'est pas simplement une économie dans laquelle se trouvent des marchés -comme il en a existé énormément- c'est une économie fondée sur le marché (si les mots ont un sens). Et l'on ne connaît en tout et pour tout qu'une seule économie fondée sur le marché, parce qu'elle a fait de la force de travail des êtres humains ainsi que de la terre des marchandises : le capitalisme. Une économie non capitaliste ne serait pas une "économie de marché". Elle pourrait comporter des marchés et en général des activités privées, c'est un autre problème. Nous ne sommes donc pas convaincus du tout par ce passage. Mais au demeurant, même s'il y était farouchement affirmé qu'il faut "en finir avec le capitalisme" ou autre formules, il s'agirait toujours de mots là où ce sont avant tout les actes qui comptent.

Ce qui conduit la base sociale et électorale du socialisme en France à avoir le sentiment que ce parti ne cherche pas à changer la société, ce sont ses actes, ceux qui furent les siens au pouvoir et aussi dans l'opposition, par exemple lorsqu'il choisit de ne pas s'opposer à la ratification parlementaire, en février dernier, du traité de Lisbonne dont le contenu avait pourtant été rejeté par la majorité des votants lors d'un référendum en 2005, aidant ainsi le président Sarkozy à mettre en oeuvre sa politique.

F.Hollande indique ensuite qu'il y a une part "très faible" d'ouvriers dans la société française aujourd'hui. La formule est excessive et surprenante : il est symptomatique, et inquiétant, que le principal dirigeant du PS semble s'imaginer qu'il n'y a presque plus d'ouvriers, car cela pourrait vouloir dire qu'il n'en rencontre pas beaucoup. Mais il se trouve que F.Hollande nous attribue peut-être une vision ouvriériste désuète qui n'est pas la nôtre. Les salariés en général, qui doivent vendre leur force de travail pour vivre, constituent l'écrasante majorité de la population active, la plupart d'entre eux ont des employeurs privés, et si l'on y ajoute les chercheurs d'emplois, les personnes en formation et les salariés retraités, ils forment l'immense majorité de la population, tout simplement. Une immense majorité qui est confrontée quotidiennement à un rapport social d'exploitation, inégal, quand il lui faut travailler, quand elle subit les conditions de travail, de retraite, de formation ou de recherche d'emploi qui lui sont imposées, mais aussi les prix de l'alimentation, des loyers et des transports, un rapport social qui est le capitalisme. Un projet de société plus juste pour l'ensemble des citoyens s'appelle pour nous le socialisme et consiste d'abord, dans des conditions démocratiques, à socialiser l'économie dans l'intérêt de cette immense majorité -nécessité que la crise actuelle rappelle encore.

C'est écrit dans le préambule de la constitution repris de celle de 1946, mais sommes nous vraiment, en France aujourd'hui, dans une "République démocratique, laïque et sociale" ? Poser la question ... c'est y répondre. Il nous semble que le combat pour une telle République et pour le socialisme est un seul et même combat.

Oui au réformisme, à condition que fidèle à sa promesse il consiste en réformes, en progrès. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. F.Hollande défend réformisme et voie parlementaire, c'est tout à son honneur, mais quel Parlement avons-nous dans cette V° République de Sarkozy dominée par l'exécutif, la finance et les médias qui forment de plus en plus un seul et même pouvoir ? Les conditions d'une évolution graduelle et parlementaire sont-elles réunies aujourd'hui ? Il nous semble que le passage à une République sociale, démocratique, laïque, réelle, en est plutôt la pré-condition. Cela suppose une opposition réelle, frontale, à Sarkozy sur ce sujet. Une telle rupture ne serait pas un bain de sang, mais une évolution révolutionnaire, pour reprendre la belle formule de Jean Jaurès citée par F.Hollande. C'est à ne pas vouloir la faire qu'on transforme les réformes en contre-réformes et qu'on achemine peu à peu la société vers des crises dramatiques. Jean Jaurés, en toute rigueur, n'était pas (ou n'était plus à la fin de sa vie, évolution continue de la République vers le socialisme) un "réformiste", mais un réformateur authentique, précisément parce qu'il opposait nettement capitalisme et socialisme.

Nous trouvons que François Hollande fait ici beaucoup d'honneur à Olivier Besancenot en le comparant implicitement à Jules Guesde, autre belle figure fondamentale du socialisme français. Olivier Besancenot, c'est aujourd'hui un réformiste sans réforme doublé d'un révolutionnaire sans révolution, qui revendique une niche politique dans cette V° République pour y jouer un rôle "tribunicien", comme on disait autrefois de Georges Marchais. Le dirigeant d'un parti qui représente encore la majorité du salariat ne devrait pas en avoir peur et se contenter de constater qu'il ne veut pas d'alliance, il devrait la lui proposer, tout de suite, pour construire une alternative à Sarkozy, ne pas attendre 2012 quand il sera peut-être trop tard pour refaire ce que Sarkozy aura défait, et combattre pour une autre république, réellement démocratique, laïque et sociale.

Tout de suite, engager le combat pour la hausse des salaires et le blocage des prix alimentaires, des loyers et des prix des transports : Monsieur François Hollande, député de la Corrèze ; camarade François Hollande, premier secrétaire du Parti Socialiste, l'unité du PS, l'unité de la gauche, l'unité du monde du travail, elle devrait commencer par là.

Nous souhaitons que ce débat se poursuive et s'amplifie.

Salutations socialistes,

Les rédacteurs et diffuseurs de “Militant”

________________________________________





Partager cet article


Commentaires

Lien croisé par Anonyme le Jeudi 02/10/2008 à 08:08

La Bataille socialiste : "(extrait d’un courrier de François Hollande du 19-09-2008 au groupuscule trotskyste Militant qui… milite au PS)."



Archives par mois


La Sociale

Il Quarto Stato