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L’état d’urgence en chiffres

Campagne « la sociale » pour la levée de l’état d’urgence n°9 : Un premier bilan de l’état d’urgence sonne comme une condamnation des décisions politiques gouvernementales !

Par Jacques Cotta • Actualités • Lundi 14/12/2015 • 1 commentaire  • Lu 1237 fois • Version imprimable

Le résultat des régionales sont tombés. Tout le monde est satisfait. Nous y reviendrons dans les jours qui viennent, d'autant que "droite", "gauche" et "FN" vont se retrouver pour maintenir l'état d'urgence qui accompagne les mesures les plus réactionnaires qui ont été prises depuis des années -code du travail, retraites, fonction publique, santé...- et qui menace les libertés démocratiques, syndicales, associatives et politiques. L'état d'urgence en effet, pour quoi faire, dans quel but? 

Le soir même des attentats, dans la nuit du 13 novembre, le président de la république a décrété « l’état d’urgence ». Sur la base de la terreur que les islamistes radicaux ont semée dans les rues parisiennes, et du traumatisme que cela a suscité, les mesures gouvernementales ont dans un premier temps été comprises comme une nécessité permettant de protéger les français menacés. Tout a été fait dans une dramatisation extrême d’une situation qui pourtant n’en n’avait aucun besoin : allure martiale du président Hollande, discours guerriers des ministres, Valls en tête, état qualifié de guerre dans nos frontières, guerre engagée et intensifiée à l’extérieur, images de porte avions en boucle, d’avions de combats ou de bombardement dans le plus pur style américain voulant prouver l’efficacité des « frappes » et leur nature « chirurgicale ».

Mais l’heure d’un premier bilan a sonné, condamnant sans appel l’état d’urgence de François Hollande et Manuel Valls. Il y a quelques jours, on apprenait qu’en trois semaines 2500 perquisitions à l’écart de tout contrôle judiciaire avaient été effectuées. Pour l’ouverture de 2 instructions seulement pour faits supposés de terrorisme. Un résultat donc proche du néant !

Plus que le caractère totalement inefficace de l’état d’urgence pour les questions de sécurité, ces chiffres viennent porter un coup au moral supplémentaire des forces de l’ordre déjà épuisées par les « plans vigipirate » successifs qui se trouvent au bout du rouleau, confrontées à des missions dont elles ont d’ailleurs du mal à saisir l’intérêt. Dernièrement par exemple, une compagnie de CRS était réellement interloquée aux abords de la place Vendôme à Paris lorsque ordre a été donné « au nom de l’état d’urgence » de contrôler et d’interpeller des clowns venus mimer l’attitude des grandes firmes multinationales sur les questions écologiques et climatiques. « Le clown, c’est qui ? » a questionné un passant. « Faut reconnaitre que c’est nous » a répondu, non sans le sens des réalités, un des robocop de service.

L’état d’urgence a pour but essentiel de limiter les libertés individuelles et collectives, les libertés de manifestation, de contestation, les libertés associatives, syndicales et politiques. Les spécialistes sont les premiers à se morfondre. « L’état d’urgence » n’aborde pas l’essentiel pour la sécurité que menacent les djihadistes, la question du renseignement. Un exemple parmi d’autres : un des kamikazes qui s’est fait exploser devant le stade de France est un français qui avait quelques mois auparavant quitté l’Alsace pour rejoindre la Syrie et dont les services attendaient de sa part un attentat suicide … en Irak ! Dans l’incapacité d’obtenir les informations qui permettent de devancer les attentats,  le gouvernement français en est à envisager la mise en place de multiples « Guantanamo » à la française…

« L’état d’urgence » est donc :

·         inefficace pour les seules questions de sécurité,  

·         dangereux pour les libertés de tous les citoyens.

·         une menace pour la démocratie elle-même.

et il permet de faire l’économie des responsabilités politiques gouvernementales, de droite comme de gauche, qui depuis plus de 20 ans abandonnent le terrain de la république, de la laïcité, de la démocratie, de , et jettent dans le désarroi des générations de jeunes français dont certains sont donc perméables à l’idéologie fasciste de l’islamisme radical.

Plus que jamais en ce mois de décembre, l’intensification de la campagne autour de « l’appel des 333 » devrait permettre au début de l’année 2016 la mise en place d’initiatives unitaires, fortes, et déterminées pour permettre une expression massive et collective pour « la levée de l’état d’urgence ».

 
Jacques Cotta
le lundi 14 décembre 2015

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Commentaires

Lien croisé par Anonyme le Dimanche 20/12/2015 à 21:05

Le journal de BORIS VICTOR : Le véritable état d’urgence : l’urgen : "14/12/15 - L’état d’urgence en chiffres"



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