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Du PRD mexicain au PS français

Par Jean-Paul Damaggio • Internationale • Samedi 27/12/2014 • 1 commentaire  • Lu 1403 fois • Version imprimable


L'écrivain Paco Ignacio Taibo II vient d'intervenir dans la vie politique de son pays en faisant le portraits des dix caractéristiques du parti de "gauche" du Mexique, le Parti de la Révolution Démocratique (le PRD) qui a failli accéder au pouvoir en 1988 sous les couleurs de Cuauhtémoc Cárdenas Solórzano.

 

Voici les éléments du portrait :

1 ) Parti qui n'a plus qu'un souci le souci électoral. Les luttes sociales deviennent gênantes par rapport au calendrier politique !

2 ) Les membres deviennent pour l'essentiel des salariés du parti. Sous diverses formes ils sont devenus au cœur d'un parti "moderne" ! Et ils ne manquent pas d'activités : gérer les courants, les zones d'influences, les équilibres internes et toujours en lien avec les charges politiques dans les diverses institutions.

3 ) Toute forme de radicalisme devient une négation du réalisme politique. Une élection se gagne au centre et c'est là qu'on mesure les effets d'une action politique calquée sur les sondages. Or le centre, en politique, ce n'est rien. La politique c'est construire des alternatives. Ce n'est pas aller dire aux gens : "nous pensons ce que vous pensez."

4 ) C'est ainsi que se dépolitise la politique ! Au cœur du débat il n'y a plus d'idées mais une obsession : "gagner la prochaine élection". Plus besoin de former les membres du parti. Plus besoin de se référer à ou Bakounine. Ce sont des dinosaures !

5 ) Quand le PRD en est arrivé là il a commencé à accepter une dose de corruption. Il s'agit là d'un "mal du système". Il faut vivre avec, en essayant de limiter la casse.

6 ) Petit à petit le personnel politique peut passer d'un camp à l'autre car les deux camps fréquentent les mêmes hôtels, les mêmes restaurants.

7 ) Ils changent le langage. Quand on leur parle de "programme" ils répondent : sur quelle chaîne de télé ?

8 ) Alors que le pays traverse une crise très profonde, ils s'enferment comme dans des toilettes, loin du public, pour se préoccuper uniquement de ce qui peut leur arriver.

9 ) Le parti est né contre la fraude électorale qu'il pratique en interne : Il n'y a plus de honte.

10 ) Préparons nous au désastre.
 

On peut aisément constater qu'avec une histoire totalement différence, dans des rapports de force politique sans équivalents, le portrait n'est pas loin de celui du PS français et de bien d'autres partis de l'International socialiste.

 

Une façon de relativiser la responsabilité propre au PS en France ? Une façon plutôt de mesurer que la tâche qui est la nôtre de reconstruction d'une alternative politique est immense car les causes de la dérive sont profondes, internationales et solides.

 

Paco Ignacio Taibo II vient de publier un livre aussi original que les précédents: Asturias octobre 1934. Sur 700 pages il reconstruit 15 jours de luttes exemplaires des mineurs d'Asturies, où ses ancêtres ont participé à l'invention d'une classe ouvrière phénoménale. Dans son portrait du PRD en plus des éléments que j'évoque il en ajoute d'autres comme la référence à l'histoire, au passé. Il faudrait aujourd'hui être sans passé or sans connaissance du passé, on ne va nulle part.

Jean-Paul Damaggio

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Commentaires

Lien croisé par Anonyme le Mardi 26/01/2016 à 15:45

Le journal de BORIS VICTOR : "Du PRD mexicain au PS français - 27/12/14"



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