S'identifier - S'inscrire - Contact

Faut-il aller vers la guerre totale?

ou pourquoi il faut refuser les postures bellicistes et la stratégie du chaos

Par Denis Collin • Actualités • Mardi 24/11/2015 • 5 commentaires  • Lu 1466 fois • Version imprimable


L’article publié par Bernard Germain sur le site de La Sociale le 23 novembre 2015 pose de très nombreuses questions et ouvre un débat fondamental. 

Commençons par énoncer les points d’accord. C’est d’abord l’analyse qui refuse de circonscrire le problème à l’EI et pose plus largement celui de l’islam radical incluant l’Arabie Saoudite et le Qatar – à ceci près que l’islamisme n’est pas analysé en relation avec les développements de la mondialisation et du chaos général engendré par le « capitalisme absolu ». L’accord est total également quant à l’exigence de la levée de l’état d'urgence.

Où les choses se gâtent c’est quand Bernard Germain écrit : « Il faut une coalition internationale et aller les détruire. Il n’y a pas d’autre alternative. » Si je comprends bien, Bernard Germain est sur la ligne Poutine, une coalition large incluant la Russie, les États-Unis, la France, etc. pour détruire l’EI. Suit une argumentation qui repose sur des analogies – analogie avec le nazisme dans les années 40 –, d’où se déduisent des mesures de boycott des alliés d’EI. Et il conclut : « Quiconque est attaché à la liberté ne saurait s’offusquer que des mesures « radicales » de ce genre soient prises par nos sociétés démocratiques. En parallèle d’une intervention terrestre pour, comme dirait Poutine « aller les buter jusque dans les chiottes ». »

Pour dire les choses clairement, je suis en désaccord radical avec tout cela et je pense qu’à suivre cette ligne nous irions au-devant de graves déboires.

Premièrement, les analogies de Bernard Germain ne valent rien. Comparer l’EI au IIIe Reich, c’est se moquer du monde. Mais ça rappelle la rhétorique bushienne I version 1991 puis bushienne II version 2003 selon laquelle Saddam Hussein était un nouvel Hitler. Quant aux comparaisons avec la bande à Baader et Action directe, elles sont franchement ridicules.

Deuxièmement, une « large coalition internationale », c’est la proposition de Poutine, et ce que Hollande cherche à monter. C’est la stratégie 1991 et 2003 des deux guerres du Golfe qui devaient éradiquer le terrorisme et ont conduit au beau résultat que nous connaissons. Bernard Germain oublie tout simplement ce petit détail, que ceux à qui il demande d’éradiquer le terrorisme, sont ceux qui l’ont financé et entraîné (les États-Unis en tête) ou ont fourni des armes directement : la France a armé Al-Nosra, branche locale d’Al-Qaida dont une partie s’est ralliée à l’EI. Bernard Germain oublie cet autre détail : il veut envoyer pour rétablir l’ordre ceux-là même qui ont semé la pagaille, détruit les structures étatiques et précipité le chaos. Je ne sais si nommer Al Capone au poste d’Eliott Ness est une bonne solution pour lutter contre les bandits...

Troisièmement, une guerre pour détruire l’EI sur place ne sera pas une partie de plaisir. Ceux qui croient que le peuple accueillera en libérateurs les troupes de la « large coalition internationale » risquent fort d’être détrompés. On aura un remake de l’Irak-2003 et des dizaines de milliers de victimes civiles qui seront ensuite exploitées par EI et tous les islamistes contre « les Croisés ». Beaucoup de régimes plus ou chancelants de la région n’y résisteraient pas et la responsabilité de ce chaos sanglant retombera sur notre tête et celle de nos enfants. Si nous ne pouvons pas faire le bien, la première chose à faire serait de ne pas faire le mal. Ou de ne pas aggraver celui qui a déjà été fait.

Quatrièmement, l’idée d’une commission d’enquête internationale pour montrer que l’Arabie Saoudite et les autres financent EI est un vœu pieux dans le meilleur des cas. Il est sans doute vrai que l’Arabie Saoudite ne finance plus EI et qu’elle a peut-être cessé de financer directement Al-Qaïda. Le régime saoudien est détestable, mais à trop concentrer le feu sur lui on oubliera ses commanditaires et les intérêts qu’il défend et qui ne se limitent pas à l’islamisme fondamentaliste ! En outre comme Bernard Germain n’a aucun moyen de mettre sur pied cette commission d’enquête c’est une proposition vaine. Par contre nous avons les moyens de peser sur la politique étrangère de notre gouvernement et c’est cela qui devrait être fait.

Cinquièmement, on ne peut pas s’opposer à l’état d’urgence et réclamer la guerre. « Nous sommes en guerre », répète le gouvernement pour justifier les restrictions des libertés publiques. Et ça, c’est au moins une position un minimum cohérente. En réalité, nous ne sommes pas en guerre au sens juridique et politique du terme. Mais c’est une autre affaire. En tout si nous devons faire la guerre pour détruire l’État islamique, il faudra mobiliser des dizaines de milliers de soldats – ce dont la France n’a pas les moyens – et faire passer en priorité l’effort de guerre, donc l’austérité pour financer la guerre, la répression des conflits sociaux qui affaibliraient l’effort de guerre. Et même, comme l’ont proposé certains socialistes, établir un étroit contrôle de la presse.

Sixièmement, l’argument « humanitaire » – là-bas c’est le 13 novembre tous les jours – ressemble à du pur BHL. Le fameux « droit d’ingérence humanitaire » au nom duquel le chaos a été organisé en Irak, en Lybie et ailleurs – qu’on se souvienne des bombardements de Belgrade et la guerre du Kosovo – est des plus grandes escroqueries morales de notre époque.

Alors faut-il baisser les bras ? Évidemment non, mais la première tâche du gouvernement est de protéger ses citoyens. Pas de faire le gendarme mondial. La fin de l’article de Bernard Germain en contredit d’ailleurs la substance. Il écrit : « Tout comme en Irak, rien ne se règlera durablement si la solution vient de l’extérieur et s’impose aux peuples. » Et bien, si la dizaine de millions d’habitants du territoire de l’EI et les habitants des régions voisines veulent vraiment se débarrasser des 30 ou 40000 combattants d’EI, ils y parviendront mieux sans nous ! Nous, nous devons protéger nos frontières – Schengen, c’est fini – et traquer les réseaux islamistes, et pour cela s’en donner les moyens financiers – le pacte de stabilité, c’est fini. Mais aussi les moyens politiques : on ne vainc pas le fascisme, fût-il l’islamo-fascisme, avec un peuple terré, cloitré dans la peur, privé de ses droits d’expression. Les quatre millions de manifestants de janvier, c’était la bonne réponse ! Il faut aussi réaffirmer haut et fort ce en quoi nous croyons et qui s’appelle « république » et en finir avec les complaisances coupables envers le multiculturalisme, la bigoterie, l’irrationalisme et le laxisme scolaire. Cesser de faire des jeunes des cités uniquement de « pauvres victimes » mais les traiter vraiement comme des égaux, en droits en devoirs, en récompenses, en positions sociales, mais aussi en sanctions pénales réellement appliquées – pas besoin d’état d’urgence pour cela, la loi rien que la loi. Bref mener aussi une bataille idéologique de fond. Et dans cette bataille, appliquer la doctrine Clemenceau : lutte contre le gouvernement pour défendre la patrie, c’est-à-dire le peuple de ce pays. Et défendre la république, ce n’est pas exporter la démocratie à l’aide des « bombardements humanitaires ».

Je terminer par un point essentiel sur lequel je reviendrai. On dit qu’il faut défendre « nos » valeurs, « notre » mode de vie, etc. Qui est donc ce « nous » ? Je n’ai pas les mêmes valeurs que M. Gattaz ou Mme Le Pen, ni les mêmes intérêts. La république à défendre, la vraie, c’est «  ». Les capitalistes qui détruisent l’esprit de la communauté nationale, qui détruisent la culture, qui convertissent les humains en consommateurs abrutis, qui trafiquent et usent de toutes les ficelles pour rendre opaques les circuits financiers, ceux-là ont fait le lit du terrorisme. Et pour éteindre le feu, ils proposent d’arroser de l’essence ! La défense du peuple de notre pays, ce ne peut pas être l’union sacrée des travailleurs et des jeunes derrière leurs exploiteurs.

 

Articles portant sur des thèmes similaires :


Partager cet article


Commentaires

Il y parviendrons que si ils disposent d'armes lourdes... par Anonyme le Mardi 24/11/2015 à 15:27

(...) Et bien, si la dizaine de millions d’habitants du territoire de l’EI et les habitants des régions voisines veulent vraiment se débarrasser des 30 ou 40000 combattants d’EI, ils y parviendront mieux sans nous ! (..)

Il y parviendrons que si ils disposent d'armes lourdes... c'est une demande du YPG (Rojava), etc...

https://twitter.com/info_Rojava


De plus, depuis maintenant plusieurs semaines, les YPG/YPJ (comme les Peshmergas) avancent grâce au soutient de la coalition...


- Rojava Le Pouvoir au Peuple: une expérience syrienne de la démocratie

http://inforojava.tumblr.com/post/132152414430/rojava-le-pouvoir-au-peuple-une-exp%C3%A9rience


par Bernard_Germain le Mardi 24/11/2015 à 16:59

Denis Collin ayant, par l’intermédiaire d’un texte, souhaité répondre à mes prises de positions, il m’apparaît normal de répondre aux objections et opinions exprimées par Denis Collin.

 

«Premièrement, les analogies de Bernard Germain ne valent rien. Comparer l’EI au IIIe Reich, …»

On peut le dire ça démarre assez fort. Et bien oui, je maintiens que l’EI est une organisation fasciste dont la couverture géographique correspond à peu près à celle de l’Angleterre. Je maintiens aussi que cette organisation veut encore étendre son emprise et massacre tous ceux qui ne pensent pas comme il faut.

Et je persiste à dire que les expéditions «punitives» de l’EI en France ou ailleurs montrent bien leur conception de la vie et du monde. Hitler avait la haine des juifs et en a détruit des millions. L’EI hait et veut détruire les «mécréants». Ils n’en ont pas encore tué autant mais si on leur en laisse le temps, il y en aura beaucoup. Et le régime qu’ils continuent de mettre en place n’aura pas grand-chose à envier à celui d’Adolf Hitler.

Quant à la bande à Baader et Action Directe, j’invite à relire ce que j’écrivais. L’objectif était d’indiquer que certains il y a plusieurs dizaines d’années, violemment opposés au système capitaliste, avaient sombré dans le terrorisme. Tout comme aujourd’hui, un certain nombre de jeunes des «cités» sombrent dans le radicalisme religieux qui les amènent à réaliser des actions totalement folles, parce qu’ils se sont faits manipuler et que leur légitime colère a été totalement dévoyée.

Railler les opinions des autres, juste comme cela, est une façon de faire. Je ne suis pas sûr que ce soit pertinent pour faire avancer le débat. Sauf à considérer qu’en dehors de Denis Collin, tout le monde est dans l’errance idéologique.

 

«Deuxièmement, une « large coalition internationale  …», Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ni pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Pourtant dans mon article, j’écris ce qui est ci-dessous :

Disons-le tout net, cette politique ne peut qu’être globale et ne doit surtout pas se couper en tranches. Aller régler son compte à l’Etat Islamique, sur terre mais sans soulever le tapis pour voir qui est derrière, reviendrait à poser un cautère sur une jambe de bois. Les battus deviendront des «martyrs» et d’autres ne manqueront pas de ressurgir un peu plus tard. Par contre mener de front toutes ces mesures serait cohérent et de nature à régler le problème. Reste qu’à ce jour, aucun pays ne semble avoir la volonté politique de mener cette politique en mettant en œuvre tous ces aspects.

Pour preuve, ce n’est pas du tout le chemin pris par Hollande.»

 

Dis autrement, une intervention terrestre SANS LE RESTE des mesures indiquées … c’est NON !!!

Comment faut-il le dire pour que ce soit juste entendu tel que je le dis ? … sans être déformé.

Or, l’ensemble des mesures que je préconise n’est pas du tout ce vers quoi se dirige la «coalition en cours de formation». Et c’est justement le problème.

 

«Troisièmement, une guerre pour détruire l’EI sur place ne sera pas une partie de plaisir. Ceux qui croient que le peuple accueillera en libérateurs les troupes de la « large coalition internationale » risquent fort d’être détrompés. On aura un remake de l’Irak-2003 … »

Mais bien sûr, d’ailleurs on se demande pourquoi les populations locales fuient par centaines de milliers puisqu’il fait si bon vivre dans ces contrées sous domination de l’EI ? … soyons un peu sérieux. C’est un calvaire au quotidien que vivent ces gens.

Par contre le choix ne saurait être entre la peste et le choléra … l’EI et le «remake de l’Irak-2003». D’ailleurs j’écrivais sur ce point dans mon article précédent la chose suivante : «Par contre, ce qui est très clair c’est que toute solution du genre «l’oncle Sam vient et remet de l’ordre dans la maison en imposant notamment un gouvernement de son choix», est une solution condamnée d’avance. C’est la meilleure façon de créer et de maintenir un chaos absolu

Je n’ai jamais demandé qu’on fasse un remake de 2003. Bien au contraire. Il faudra donner les moyens aux différentes parties de décider elles-mêmes de leur mode d’organisation du pouvoir, de sa composition et de ses décisions. Au travers d’une conférence internationale ? … sous l’égide de l’ONU ?

… ou toute autre solution de ce genre. Et les laisser gérer leurs affaires.

Mais certainement pas avec à l’origine un gendarme venant de l’extérieur imposer ses vues.

Maintenant, si à la suite d’une intervention, seul le «remake de 2003 est possible» c’est que tout est foutu, qu’il n’y a aucun espoir de voir une solution intelligente émerger. Bref il n’y a plus qu’à tirer le rideau … et à nous recroqueviller dans notre pré carré en espérant qu’on voudra bien nous laissera vivre en paix. Tout cela serait bien désespérant et surtout la preuve que nous n’avons en fait aucun moyen de «peser» sur le cours des choses.

 

«Quatrièmement, l’idée d’une commission d’enquête internationale … Bernard Germain n’a aucun moyen de mettre sur pied cette commission d’enquête c’est une proposition vaine. Par contre nous avons les moyens de peser sur la politique étrangère de notre gouvernement et c’est cela qui devrait être fait»

Qui donc oserait prétendre au moment d’engager un combat, qu’il est certain de le gagner ? Vaclav Havel disait «Les seules batailles qu’on est sûr de perdre sont celles qu’on n’engage pas». Le problème posé est donc : exiger cela est-il juste … oui ou non ? Et si la réponse est oui … pourquoi renoncer à poser ce problème ?

Au demeurant, mener ce combat aurait l’avantage de démasquer tous ceux qui sont des «va en guerre» mais ne veulent surtout pas que la vérité soit connue. Hollande, par exemple, veut-il qu’on «soulève le tapis» et qu’on découvre ce que sont véritablement l’Arabie Saoudite et le Quatar … par ailleurs ses partenaires économiques privilégiés. Le business, d’accord. Mais le reste … chuuut.

Mener cette campagne, surtout si elle connaissait un fort écho, aurait donc des vertus pédagogiques et permettrait à certains d’ouvrir les yeux sur la réalité du monde.

Enfin, s’agissant de notre capacité à «peser sur la politique étrangère de notre gouvernement et c’est cela qui devrait être fait» … si l’heure n’était pas si grave, on pourrait rire ou au moins sourire de cette affirmation péremptoire. Le candidat Hollande s’est fait élire sur un programme (vous vous souvenez … «mon ennemi, c’est la finance» … etc»). Le lendemain de son élection il s’asseyait sur ses promesses et menait la politique la plus anti sociale imaginable à l’opposé de toutes ses promesses. Rien n’a été possible pour l’en empêcher. Par contre Denis Collin pense qu’il est possible de «peser» et ainsi de le faire changer de politique étrangère, particulièrement en ce moment. C’est pour le moins étonnant …

 

«Cinquièmement on ne peut pas s’opposer à l’état d’urgence et réclamer la guerre». Argument absurde! … à quel pays la France veut-t-elle déclarer la guerre ? Personne ne reconnait l’Etat Islamique, même s’il fonctionne déjà comme un Etat. Il ne s’agit donc nullement d’une «guerre» entre pays au sens classique du terme. On comprend bien pourquoi le gouvernement, lui, utilise ces termes. Cela justifie toutes les mesures liberticides et anti sociales qu’il compte mettre en œuvre en même temps. Et justement, comme je l’ai écrit à de multiples reprises, je suis contre. Donc je demande la levée immédiate de l’Etat d’urgence.

Par ailleurs, je suis pour aller extirper la tumeur, sinon le cancer va proliférer. Je ne vois aucune contradiction entre ces deux positions.

 

Au demeurant, Denis Collin n’est pas à une contradiction prêt quand il écrit (à propos d’aller détruire l’EI) : «il faudra mobiliser des dizaines de milliers de soldats – ce dont la France n’a pas les moyens – et faire passer en priorité l’effort de guerre, donc l’austérité pour financer la guerre, la répression des conflits sociaux qui affaibliraient l’effort de guerre»  et un peu plus loin «Nous, nous devons protéger nos frontières – Schengen, c’est fini – et traquer les réseaux islamistes, et pour cela s’en donner les moyens financiers – le pacte de stabilité, c’est fini  De deux choses l’une : soit on se fiche de l’équilibre financier en disant «le pacte de stabilité, c’est fini» et on dépense ce qui doit l’être sur le plan militaire et policier soit on invoque le coût des dépenses nécessaires à notre défense pour les refuser au motif de la charge excessive que cela représente pour la société. Mais on ne peut pas invoquer les deux en même temps. Par ailleurs, Denis Collin croit-il sérieusement qu’on peut trouver une solution «efficace» pour la seule France, en nous repliant sur nous-mêmes tout en laissant l’EI continuer à exister … ailleurs. L’EI se chargera rapidement de se rappeler à notre bon souvenir sur notre propre territoire, avec ou sans frontières.

D’autant que pour l’EI la France est une cible privilégiée.

 

«Sixièmement, l’argument « humanitaire » – là-bas c’est le 13 novembre tous les jours – …»

Je n’ai jamais écrit quelque chose du genre «l’argument humanitaire» style BHL (que je déteste cordialement) alors invoquer cela est fort de café. Par contre je maintiens que le Vendredi 13 novembre a choqué à juste titre notre pays et une bonne partie du monde. Je maintiens aussi que pour les populations locales qui subissent l’EI, c’est vendredi 13 tous les jours. La preuve, … tous les réfugiés qui arrivent en Europe. Et pourquoi fuient-ils ainsi ? Parce que c’est l’enfer. Et si c’est l’enfer pour eux de la part de l’EI … on laisse faire et on suit tout cela à la télévision ? J’ose rappeler qu’un des plus grands massacres dans l’ex-Yougoslavie a été perpétré à Srebrenica, déclarée «zone de sécurité» … sous les yeux des casques bleus qui n’ont rien fait pour empêcher cela. La lâcheté manifestée à cette époque … c’est cela «l’une des plus grandes escroqueries morales de notre époque» ?

Désolé, je ne suis pas pour tourner les yeux et laisser les populations se faire massacrer par l’EI.

 

«Et bien, si la dizaine de millions d’habitants du territoire de l’EI et les habitants des régions voisines veulent vraiment se débarrasser des 30 ou 40000 combattants d’EI, ils y parviendront mieux sans nous ! Nous, nous devons protéger nos frontières – Schengen, c’est fini – …»

Les bras m’en tombent. Donc si ces populations ne se débarrassent pas de l’EI, ils ont ce qu’ils méritent et notre problème c’est de vivre à l’abri derrière nos frontières …

Je n’ai tout simplement pas la même vision ni les mêmes objectifs.

 

Denis Collin souligne d’ailleurs la chose «Et défendre la république, ce n’est pas exporter la démocratie à l’aide des « bombardements humanitaires ».

Oui, mais c’est bien sûr. «Défendre la République» ce serait donc rester dans son coin et laisser les autres, incapables de se défendre eux-mêmes contre l’EI, se faire massacrer par les intégristes dont il faut à tout prix préserver notre territoire national. Mais s’ils sont si néfastes et persona non grata chez nous pourquoi seraient-ils acceptables chez les autres ?

Tout cela est sans doute une nouvelle conception de la solidarité autour de nos valeurs républicaines et démocratiques (pas celles de Gattaz ni Le Pen bien sûr). Une nouvelle conception de la liberté qui illuminera le monde entier et sera un point de référence comme un phare à l’horizon sur la mer.

 

En conclusion, sauf si nous nous sommes mal compris ou que notre plume a dépassé nos opinions, nous avons un vrai désaccord, comme le prouve les éléments qui précèdent. Les périodes de graves tensions sont souvent propices à l’expression de divergences. Reste que je souhaite continuer un vrai débat afin qu’il en sorte quelque chose et non qu’il soit le prétexte ou la raison d’une «rupture».

 

Cordialement


l'etat et non les idées sont au coeur du probleme par berthierch le Samedi 28/11/2015 à 14:31

Au fond, la discussion tourne autour d'une question tres simple : quelle attitude avoir vis a vis de l'Etat?
Ni l'oppositionnel le plus musclé, ni le tribun, ni le philosophe les plus disserts ne peuvent rien contre le gringalet qui dispose des moyens de l'Etat. 
Oui, la "postures belliciste" et la "strategie du chaos" sont impuissantes comme idées. Mais, au moins, elles posent chacune à sa maniere, la question d'un affrontement inévitable avec la realité du pouvoir concret de l'Etat,
L'immense pas en avant réalisé par la Revolution française, meme s'il a ete déclenché par un chef de l'etat en mal d'argent , c'est l'emergence du peuple, de ses assemblées communales, de sa fugace assemblée des communes de France comme défi concret et operationnel à l'appareil de l'etat. 
Valmy n'est pas qu'une victoire ou un repli imposé a la coalition royaliste etrangere. Ce n'est pas une collaboration irreelle entre generaux republicains et royalistes. La Convention etait en contact heure par heure avec les generaux au front et avec les assemblées des villes et villages du champ de bataille. L'ardeur collective de la défense de ses moyens de vie. Aujourd'hui; l'etat a des moyens sans reelle limite de tout savoir de la vie sociale. Comme en janvier, tous les "intervenants" étaient connus, fichés, "suivis" par les "services". Seul l'etat au niveau le plus elevé pouvait faire la synthese et agir. Et encore la presse ne peut tout savoir!.
Agir, l'etat le fait pourtant sans broncher et sans mandat contre les collectivités locales, le droit du travail, les acquis sociaux, etc. contre des millions de citoyens. C'est le refus majoritaire de ces actions contre le peuple qui en déclenche le refus massif.
Michel de Montaigne écrivait "que philosopher c'est apprendre à mourir" . Le peuple, lui réfléchit et agit pour (sur)vivre.


Lien croisé par Anonyme le Dimanche 25/09/2016 à 21:27

Le journal de BORIS VICTOR : "Faut-il aller vers la guerre totale? - 24/11/15"


par berthierch le Samedi 08/10/2016 à 20:53

Presqu'un an apres cette discussion, l'opportunité d'une "guerre totale" est de nouveau posée...mais tres concretement  posée aux gouvernement  et aux armées des USA.
La candidate Clinton du complexe militaro-industriel affronte un faire-valoir isolationiste et macho...apres le désistement d'un démocrato-sioniste.
Derriere cette façade, à l'est de l'europe et en syrie, l'US army et ses auxiliaires de l'UE font ou se preparent à la guerre à l'est. Disons "en Orient" et contre cette Chine dont la croissance et l'assurance en a surpris beaucoup. 
La sous-taitance de masse pour oncle Sam a finit par réveiller l'Empire du Milieu vers lequel les USA ont repoussé la Russie.
Et nous, ici? Ben, nous, on découvre un Hollande chef de guerre et super flic atlantiste sagnant à blanc le budget des collectivités et des familles, pret à rejoindre la "guerre des civilisations" en Syrie...et pourquoi pas en France, à grand coup d'état d'urgence!
Oui, mais! En 20 ans, la stratégie du chaos a démoli les etats et saigné les peuples. Résultat pour oncle Sam? Bernique! Des nèfles! Les peuples sont encore là! Et les USA s'épuisent à les contenir. Peine perdue : ils sont 7 milliards!
La guerre! Vous dis-je! Et en France comme aux USA, il n'en faut point parler!
Et de la Paix, encore moins! Qui peut croire un instant à la generation spontanée de milices avec un armement sophistiqué et des liaisons satellites? 
Gageons que tout sera fait pour que les elections qui viennent se fassent au son du clairon. 
Il depend de nous qu'il n'en soit pas ainsi, car ces guerres, c'est contre nous qu'ils la font... Et d'abord dans notre propre pays.



Archives par mois


La Sociale

Il Quarto Stato