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Appel concernant le deuxième tour des présidentielles, contre "le pacte républicain" bâti autour d'Emmanuel Macron

A l'initiative de syndicalistes...

Par Denis Langlet • 2017: Libre discussion • Lundi 01/05/2017 • 0 commentaires  • Lu 659 fois • Version imprimable

Nous publions ci dessous un appel émanant de syndicalistes qui analysent le second tour des élections présidentielles et qui se situent sur le terrain de la démocratie et de la défense des intérêts matériels et moraux des citoyens. Nous le livrons ainsi à la discussion. Dans cette question électorale, ce sont des questions de principes de fond qui sont posées...




Comité de liaison pour l’unité de Trappes & Environs (CLUTE) 28 avril 2017
Correspondants : Langlet Denis (denislanglet@live.fr) et Reix Gérard (gereix@gmail.fr)

Le texte ci-dessous est à l’initiative du CLUTE (Trappes) réunissant des syndicalistes locaux, de l’industrie, des services publics, de l’enseignement, des démocrates. Il est soumis à votre réflexion et si accord à votre signature, à nous envoyer par e-mail
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Tout d’abord, nous sommes indignés par la campagne méprisable menée contre M Mélenchon et son mouvement La France Insoumise. De quel crime sont-ils accusés ? De ne pas s’être ralliés dès le soir du premier tour à l’appel à voter Macron comme l’ont fait en particulier, Ms. Hollande, Sarkozy, Fillon, Valls, Gattaz, Berger… Cette campagne, ponctuée de calomnies et de sous-entendus tente de discréditer l’équipe de J-L Mélenchon et de faire taire et peur à ses électeurs.

Par le texte ci-dessous, nous voulons donner les raisons pour lesquelles le plus grand danger qui menace la classe ouvrière et nos revendications sociales et démocratiques seraient que les organisations notamment syndicales soient intégrées dans le «pacte républicain » que les principaux responsables politiques tentent de bâtir autour de M. Macron.

Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle ont confirmé l’élimination des responsables de la mise en œuvre de la politique d’austérité poursuivie, politique rejetée et suscitant même la colère. La puissance du rejet de cette politique toute entière au service des actionnaires ne manquera pas de se manifester à nouveau et constitue la première et la plus grande crainte de tous les sortants.

Après l’élimination des sortants Sarkozy, Juppé, Valls, l'auto élimination de Hollande en raison de son impopularité, le bilan du premier tour est spectaculaire : les deux premiers partis institutionnels, le PS et LR sont battus et leurs candidats, Hamon et Fillon, éliminés.

Depuis des années, les besoins fondamentaux de la population sont sacrifiés par la priorité donnée par les sortants à la satisfaction des exigences financières des sociétés transnationales et des banques.
Les résultats sont catastrophiques : plus de 10 millions de pauvres, un chômage inégalé à plus de 6 millions, une précarité généralisée et imposée à toutes les nouvelles générations, des vies de famille sacrifiées par la mobilité imposée, les bas salaires généralisés et la remise en cause de tous les acquis sociaux collectifs. Cela ne leur suffit pas, rien ne doit s'opposer à leur avidité destructrice et court-termiste.
Les dirigeants patronaux l'ont dit et répété. « La France a besoin d'un traitement de fond et de choc » et de dresser la liste des mesures à prendre par le futur gouvernement. Remise en cause de la Sécurité sociale, « achever la destruction du Code du travail, poursuivre la baisse du coût du travail et la dislocation des services publics » dixit M. Denis Kessler patron des assurances Scor et bien connu pour être le pourfendeur du modèle social « français ». Le président du Medef, M. P Gattaz insiste sur les mesures à prendre « celles de Fillon sont les plus détaillées » et « celles de Macron vont dans le bon sens » « Il faut aller très vite…on doit faire passer (ces mesures) par ordonnances. »

Nous le savons, s’il reste encore aujourd’hui le Code du travail et des conventions collectives, c’est parce que, mobilisés avec leurs organisations syndicales CGT et FO, les syndiqués de ce pays ont pendant des mois combattu la loi Travail, exprimant la volonté de l’écrasante majorité de la population.

C’est dans ce contexte que tous cherchent, en dernier recours, à précipiter la classe ouvrière et la démocratie dans un piège : celui du 2nd tour pour lequel restent en lice M. Macron et Mme Le Pen.

Mme Le Pen et son parti ont une politique bien connue de nous tous, celle de la division des salariés selon leur origine. De ce point de vue-là, le racisme n’est rien d’autre, dans tous les pays du monde, qu’une arme de plus aux mains des grands possédants pour imposer aux travailleurs les plus fragiles, les travailleurs immigrés, particulièrement ceux originaires du Maghreb, stigmatisés d’islamistes, des conditions de travail dégradée et des salaires inférieurs. Le patronat est gagnant à double titre de cette mise en concurrence et de cette division des travailleurs; d’une part, ils peuvent surexploiter ces travailleurs sans se heurter à une solidarité ouvrière puissante et d’autre part, ils disloquent le mécanisme de l’ascenseur social dont toutes les générations ont bénéficié depuis 1945.

Les ouvriers non qualifiés (dont 75 % sont des travailleurs immigrés) constituent le moteur de cet ascenseur social. En effet leur mobilisation et leur taux de syndicalisation ont permis que soient arrachées et préservées les conventions collectives et le principe de faveur assurant aux travailleurs une progression de leurs conditions d’existence.

Profitant du rejet des partis institutionnels qui, par l’alternance politique, appliquent la politique actuellement majoritairement rejetée, Mme le Pen et son parti tentent de se présenter comme « anti système » alors qu’ils sont les bénéficiaires de celui-ci.

Sur toutes les questions, les propositions du FN sont favorables à la finance et aux banques et ne remettent pas en cause les institutions anti-démocratiques de la Vème République ; ainsi le FN propose l’augmentation des salaires des ouvriers (salaire net) sans augmenter le salaire versé par les patrons. Par quel miracle ? En baissant les cotisations sociales prélevées sur le salaire brut. Donc Mme Le Pen comme tous les autres candidats du « système » propose la baisse du salaire différé, c'est-à-dire la remise en cause de la Sécurité sociale.

En conséquence, bien entendu aucun d’entre nous n’apportera sa voix à Mme Le Pen.

La quasi-totalité des responsables politiques affirment que la présence de Mme Le Pen au 2nd tour exige que tous les électeurs votent Macron. Tous : riches et pauvres, grands patrons et salariés, quels que soit leur choix devraient s’y plier. Il nous faudrait ainsi tous nous rallier à Macron, promoteur actuel de la politique de déréglementation, de rigueur et de soumission à la banque.

Le même scénario nous a été imposé en 2002. En nous appelant à voter massivement Chirac contre Le Pen, les capitalistes et les banquiers ont obtenu que la politique anti ouvrière de déréglementation soit accélérée. Chirac a pu conduire cette politique.

Or, ce sont les conséquences socialement désastreuses de cette politique qui nourrissent l’organisation de Mme Le Pen. Accepter cette union sacrée autour de Macron reviendrait en plus à favoriser les conditions de la montée de l’extrême droite.

Après 2002 et la réalisation du front républicain anti- le Pen, le FN et Le Pen ont-ils disparu ? Si l’union sacrée venait à se réaliser en 2017, alors gageons que le FN remporterait de plus grand succès encore.

 

Et qui est M. Macron ?

Sitôt connue, la présence de M. Macron au second tour a été saluée par les Bourses dans toute l’Europe … Ainsi M. Macron serait donc pour les spéculateurs et les financiers du monde entier une garantie pour leurs activités funestes.

Membre du Parti Socialiste qu’il quitte pour entrer au service de la banque Rothschild, considéré par le Président Hollande comme son propre «fils », rédacteur de tous les projets de loi de destruction des acquis sociaux depuis 5 ans, M. Macron a été récompensé par le président Hollande qui l’a nommé ministre. M. Hollande a promu M. Macron candidat de la « nouvelle gauche » afin de tenter d’assurer la poursuite de sa politique, elle-même aggravation de celle de son prédécesseur, M Sarkozy. Depuis se constitue autour de la candidature Macron une alliance qui va de la droite la plus réactionnaire à la gauche de la gauche sans oublier la CFDT et le patronat.

Répétons le M. Macron est le fer de lance actuel de l’ubérisation de toute la société. L’ubérisation, c’est, au nom de la liberté individuelle, livrer les nouvelles générations à l’exploitation et à l’arbitraire des employeurs sans la garantie des protections collectives. Le code du travail que M. Macron veut achever de détruire est le protecteur des exploités.

Partisans de la paix, opposants farouches au racisme et à la division des salariés, viscéralement attachés à la démocratie, fondement de l’égalité de droit, nous sommes depuis des années engagés dans une mobilisation pour mettre fin à la politique destructrice dont M. Macron entend ouvertement être le continuateur, et pour en finir avec le système anti démocratique de la Vème République.

C’est pourquoi, nous ne porterons pas nos suffrages sur M. Macron incontestablement un candidat de la Banque.

Nous, signataires de cet appel, appelons à constituer ou à renforcer partout, dans chaque localité quelle que soit leur forme (comité pour l’unité, comité pour le défense des acquis de 1936 et 1945, comités de liaison, comités des insoumis…) des groupements unitaires agissant pour qu’un coup d’arrêt décisif soit porté à la politique actuelle.

Le rejet de cette politique grandit chaque jour. Le spectaculaire résultat électoral de la France Insoumise avec plus de 7 millions de votants pour JL Mélenchon, la déroute des deux principaux partis de l’alternance, l’opiniâtreté et la puissance des mobilisations locales et nationales, le positionnement de la CGT et de FO dans une attitude unitaire salutaire, l’échec de la tentative à l’occasion du 1er mai de faire à nouveau de la CFDT le pivot de la lutte contre les syndicats ouvriers indépendants et le levier de la trahison des mouvements sociaux sont autant de preuves qu’il est possible par l’unité et la solidarité ouvrière d’infliger une totale défaite aux partisans de la politique actuelle.

Premiers signataires :

Battais Jean Pierre syndicaliste métallurgie 78, Benedetti René syndicaliste Métallurgie 78, De St Martin Elisabeth syndicaliste enseignement 78, Fassié Chantal syndicaliste enseignement 84, Jacquemin Hélène syndicaliste enseignement 78, Langlet Denis syndicaliste interpro 78, Malinosky Michèle syndicaliste enseignement 78, Pinet Jean Marc syndicaliste métallurgie 78, Reix Gérard syndicaliste interpro 78, Vialle Jean Pierre syndicaliste métallurgie 78/91

 

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