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Le socialisme est forcément laïque

Par François Perrot • Actualités • Lundi 15/09/2008 • 0 commentaires  • Lu 1603 fois • Version imprimable


La laïcité n’est pas une opinion, mais le droit d’en avoir une.  Ce principe producteur de paix va-t-il être remis en cause ? les vieux démons vont-ils être réveillés ? Le fichier Edwige ainsi que le voyage en France du théocrate Ratzinger ne sont pas de bonne augure quand à l’avenir  de la liberté  de conscience.

Tout d’abord comment accepter qu’un président de la République en bon bonapartiste qu’il est,  instrumentalise la religion et que le potentat du pseudo-état dit du Saint Siège  nous donne des ordres en matière de laïcité. Il faudrait que celle-ci soit positive comme si  depuis 1905 elle avait été négative. En fait, il s’agit d’imposer la conception communautariste anglo-saxonne de la société. A quand la différence des droits au nom du droit à la différence ? Déjà il est question de remettre en cause l’égalité devant la mort en regroupant les dépouilles par religion comme le préconise   le ministre de l’intérieur.  A quand la signature d’un nouveau concordat avec les églises ? Il est très probable  que l’Union Européenne cet ersatz du saint empire romain nous y obligera. Elle nous a bien imposé le principe thomiste de la subsidiarité. C’est pourquoi d’ailleurs les cris d’orfrai de l’européiste  chrétien-démocrate  Beyrou ne sont pas crédibles.

Il s’agirait simplement  de « toiletter » la loi  comme si celle-ci ne valait pas plus de considération qu’un chien. Il est vrai que la loi française est déjà  maltraitée par les directives européennes qui sont considérées comme supérieures puisque s’imposant à elle.

La laïcité c’est la séparation entre l’Etat et les religions. Cette séparation a des conséquences pratiques : la non reconnaissance et le non financement par l’État des religions. Il est vrai que ces principes ont été bafoués depuis longtemps par la droite et la gauche communautariste. Il s’agit ainsi d’acheter la paix sociale en finançant l’opium du peuple à défaut de financer sa sécurité sociale. L’objectif c’est de remplacer la solidarité par la charité. Celle-ci coûte moins cher, permet de donner bonne conscience et surtout évite de remettre en cause le système économique.

La laïcité est le produit de la lutte des classes. Nos frères  communards ne s’y sont pas trompés en l’instituant d’emblée  lorsqu’ils ont pris le pouvoir sur la butte. Si elle est remise en cause aujourd’hui, c’est parce que le capitalisme a besoin d’étouffer la colère du peuple qui lutte contre la barbarie  du capitalisme. La corporatisation du syndicalisme ne lui suffit pas. Il a besoin pour durer  de la religion des clercs, celle qui justifie métaphysiquement l’exploitation des hommes par quelques-uns. Ainsi il faudrait subir ici-bas les caprices de la divine providence du marché   pour gagner le bonheur dans  l’au- delà  !

Pour le socialiste que je suis, c’est inacceptable. Jamais je n’accepterai qu’un être humain doive se mette à genoux devant qui que ce soit. Le socialisme rejette le capitalisme parce que celui-ci a besoin de l’exploitation d’une classe sociale par une autre.  Le socialisme au contraire se propose de créer les conditions matérielles pour que se réalise l’émancipation humaine, pour que chacun ne dépende de personne et  puisse ainsi être son propre maître. C’est pourquoi le  socialisme est forcément laïque.

Ni dieu, ni maître !
A bas la Calotte !
Et vive !

 

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