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Revive la République!

Par Denis Collin • Actualités • Lundi 26/09/2011 • 6 commentaires  • Lu 1764 fois • Version imprimable


À quelques heures de la victoire de la gauche aux élections sénatoriales, Jean-Pierre Bel, président du groupe socialiste au Sénat déclarait que le renversement de majorité dans cette institution éminemment conservatrice qu’est le Sénat  ne serait pas « un drame ». Le Parisien commente ainsi l’état d’esprit des sénateurs socialistes : « Concrètement, alors que Nicolas Sarkozy avait annoncé que la dernière année de son quinquennat serait une année utile, qu’adviendrait-il des projets de loi que le gouvernement a l’intention de faire voter avant la présidentielle? Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2012 arrivera au Parlement à la mi-octobre, le budget 2012 juste après. Jean-Pierre Bel, président du groupe PS, a déjà prévenu que la gauche ne pratiquerait pas l’obstruction sur ces grands textes. » 

Autrement dit, alors que le système Sarkozy est en train littéralement d’imploser sous les coups combinés de la crise économique, des conflits au sein de la soi-disant majorité et des « affaires » louches dans lesquelles on voit défiler des proches de président dans le bureau du juge d’instruction, alors que, conséquence et amplification des défaites aux élections locales, la droite perd son bastion du palais Luxembourg, Bel annonce que son parti ne laissera pas tomber Sarkozy et ne fera pas d’obstruction à la mise en œuvre d’une politique dictée par le souci exclusif des intérêts du capital financier.

Il est vrai que, au niveau européen, les socialistes approuvent les politiques d’austérité du FMI, mises au point par DSK avant qu’il ne trébuche dans sa salle de bains d’un grand hôtel new-yorkais… Sous le direction de Papandréou le peuple grec est littéralement saigné aux quatre veines pour que soient sauvés les responsables de la quasi-faillite de ce pays. Zapatero, mezzo voce, suit la même voie et si Socrates au Portugal ne vient plus compléter ce triste tableau, c’est seulement parce que le peuple portugais l’a éjecté.

De ces constats amers, on pourrait facilement tirer la conclusion que les uns ne valant pas mieux que les autres, on doit boycotter le cirque politique en attendant des jours meilleurs. Mais si la plèbe romaine pouvait se retirer sur l’Aventin pour contraindre les patriciens à céder, cette possibilité n’existe plus pour la plèbe moderne. Et si nous en sommes réduits à prendre les uns pour taper sur les autres, faute de choix plus positif, alors il faut le faire. Si la plupart des dirigeants socialistes n’ont pas de projet radicalement différent de ceux de Sarkozy, tout le monde comprend bien que la réélection du président des porteurs de mallettes serait vécue comme une terrible défaite et qu’alors la droite n’aurait aucun mal à faire passer ses projets les plus destructeurs, notamment en matière d’école, de fonction publique et services publics. Peut-être n’avons-nous que le choix d’être tués d’un coup de pistolet sarkozyste ou d’une lente maladie « socialiste » ? Mais là encore, le choix est vite fait : on ne se remet pas d’un coup de pistolet alors qu’on peut espérer soigner la maladie avec un médicament qu’on trouvera si on dispose d’un peu de temps.

C’est pour la même raison qu’on ne peut pas se désintéresser complètement des débats actuels au sein du PS en vue des primaires. Si les divergences entre Aubry et Hollande sont difficiles a scruter, même avec une bonne loupe, si Valls n’est qu’un autre Bockel, il reste que les propositions d’Arnaud Montebourg sont loin d’être sans intérêt. Son premier thème, celui de la « démondialisation » reprend largement les thèses de Jacques Sapir, mais aussi celles défendues par Emmanuel Todd ou Jean-Pierre Chevènement. Sans doute y aurait-il matière à de nombreuses discussions sur ce sujet. Mais en mettant la question sur la place publique, Montebourg tente de rompre le consensus mortifère qui s’est installé autour du « tout marché ».

À l’heure où les affaires nauséabondes occupent la une des journaux, Montebourg est des rares à souligner que la source de la corruption n’est pas tant dans la méchanceté des hommes que dans le caractère vicié des institutions de la Ve République. En réclamant une « VIe République », il ouvre là aussi une brèche importante.

Ces deux éléments devraient être pris en considération par quiconque s’interroge sur sa participation aux primaires du 9 octobre prochain. Dans le dernier chapitre de Revive la République, que j’ai publié en 2005 (Armand Colin), j’écrivais ceci, sous le titre « refaire la république » :

« Si on veut un changement politique réel, une véritable alternative, il faut commencer par le commencement et le commencement, pour nous, ici en France, ce sont les institutions de la République. La constitution actuelle, issue du coup d’État de 1958, taillée sur mesure pour De Gaulle, met en œuvre le discours de Bayeux (16 juin 1946). Ses cibles sont bien connues : le régime des partis et le parlementarisme. Pour en contrer les effets, il faut un chef de l’État qui soit à la fois chef de l’exécutif, arbitre, et incarnation de la continuité de la nation. Bref, c’est une monarchie élective dans laquelle le peuple ou ses représentants sont conviés à entériner la politique décidée par le « guide de la nation ».

Ainsi que cela se dit ici et là, dans les courants de la gauche du parti socialiste particulièrement, nous avons besoin d’une nouvelle république, qui, prenant place dans notre très monarchique numérotation des républiques, serait la vie. Beaucoup des réformateurs potentiels de nos institutions critiquent son caractère pour le moins ambigu, en raison de la coexistence d’un charpente présidentialiste avec un Parlementarisme de façade : le gouvernement est responsable devant le Parlement (art. 20) ; il engage sa responsabilité devant l’Assemblée nationale qui peut le censurer (art. 49), il « détermine et conduit la politique de la Nation » (art. 20)… mais c’est le Président de la République qui préside le Conseil des Ministres et donc le premier ministre n’est pas le véritable chef du gouvernement ! Ambiguïté qui se traduit par la diarchie Président/Premier Ministre, laquelle se termine généralement par un conflit entre le numéro 1 et le numéro 2 de la « nomenklatura » à la française. Conflit redoublé quand la majorité de l’Assemblée est opposée au président (cohabitation).

(…)

Il est donc nécessaire, inversement, de nous orienter vers une véritable république parlementaire. Cela implique l’abandon de l’élection du président au suffrage universel – on peut même se demander si un président est bien utile – et un exécutif constitué par la coalition majoritaire aux élections. Ce renforcement du rôle du parlement devrait s’accompagner d’un changement du mode d’élection des députés – permettant de faire une plus grande place à l’expression des minorités – et d’une transformation profonde du Sénat. On pourrait même envisager la suppression pure et simple de ce dernier, mais le bicamérisme n’a pas que des inconvénients. Il peut aussi contribuer à éviter les embardées politiques trop fortes et protéger les libertés. Mais cela supposerait au moins l’élection des sénateurs au suffrage universel et non par ce corps électoral fait de bric et de broc qui donne une surreprésentation fantastique des notables conservateurs.

En France, on a l’habitude de critiquer le parlementarisme à cause de son instabilité. L’Allemagne et la Grande-Bretagne, régimes parlementaires s’il en est, sont plutôt des pays stables ! Il est vrai que le bipartisme de fait dans ces deux pays y contribue largement. Mais s’il y a une pluralité de partis, on pourrait limiter l’instabilité du régime parlementaire par des mesures du type contrat de législature : un gouvernement ne peut être renversé par le Parlement que si une nouvelle majorité est préalablement constituée. Avec un tel système, la représentation proportionnelle serait parfaitement applicable. On n’est d’ailleurs pas obligé d’instituer une proportionnelle au scrutin de liste national : le système imaginé par les socialistes pour les élections de 1986 (proportionnelle par département) permet de combiner la représentations proportionnelle et le maintien d’un lien entre l’élu et sa circonscription. En outre, de fait, ce système contraint les trop petits partis à faire des alliances avec les plus gros, mais aussi les plus gros à prendre en compte les revendications portées par les plus petits.

Notre République souffre également d’un autre handicap : les mandats sont trop longs, les cumuls restent la règle et le même individu peut occuper le même siège pendant des décennies. Il faudrait réduire la durée des mandats (quatre ans semblent un maximum), limiter drastiquement le nombre de mandats simultanés… Toutes ces mesures permettraient le renouvellement de la « classe politique » et constitueraient un appel d’air pour l’engagement des citoyens dans les partis, en élargissant leur base trop largement composée de fonctionnaires, de retraités, de membres des professions libérales.

Faut-il aller au-delà de la démocratie représentative classique ? Si le recours au référendum s’impose dès lors qu’est en cause le pacte fondamental (la constitution), sa généralisation pose plus de problèmes qu’elle n’en résout. En particulier, le référendum d’initiative populaire risque de donner des tribunes à tous les démagogues, d’encombrer la vie publique de scrutins pas toujours très opportuns et de contribuer à la dépolitisation de la population. Plusieurs pays usent de ce genre de consultation sans qu’on ait pu y déceler un surcroît de démocratie. De même les formules dites de « démocratie participative », du type expérimenté à Porto Alegre semblent peu pertinentes. Soit il s’agit de palliatifs à une dégénérescence de la démocratie, mais les comités de quartier entraînant les plus mobilisés dans des institutions purement consultatives et de surcroît sans représentation nationale, cela ouvre la voie à toutes les manipulations. Si l’on veut centraliser les comités de quartiers – au niveau de la ville, de la région, du pays tout entier – alors on créera une pyramide bureaucratique encore plus éloignée du citoyen de base que ne l’est la représentation nationale aujourd’hui. L’intermédiaire « naturel » dans notre tradition, entre les citoyens « d’en bas » et les dirigeants, c’est le parti, qui doit soigneusement être distingué du syndicat. Le renouveau du parlement et de toute la vie publique qui serait rendu possible par les mesures proposées ci-dessus redonnerait certainement vie à la forme parti.

Il y aurait encore beaucoup de points à développer (sur la justice, par exemple, sur la décentralisation et l’organisation des collectivités territoriales). Nous voudrions attirer seulement l’attention sur la question laïque. À l’heure où les tentations se font jour pour remettre en cause la loi de séparation des églises et de l’État, il faut réaffirmer avec force que seule la laïcité est compatible avec la liberté de conscience. La reconnaissance de la pluralité des croyances religieuses et la tolérance ne sont pas encore la laïcité à part entière, puisqu’elles admettent encore le primat du religieux (le pluralisme ayant seulement succédé au monopole !) On doit admettre que la laïcité ne respecte pas le droit des religions à légiférer et à s’ingérer dans la vie des individus qui n’y adhèrent pas. La laïcité suppose que les religions en rabattent un peu sur leurs prétentions et se contentent d’être des associations privées. Mais c’est la condition absolue pour permettre que vivent ensemble des individus dont l’héritage, les appartenances religieuses ou culturelles sont souvent très différentes.

Pour que la laïcité garde toute sa vigueur, il est cependant impératif qu’elle s’adresse à toutes les religions sans exception. Le catholicisme garde en France un statut privilégié et la cérémonie officielle à Notre-dame de Paris lors des obsèques de François Mitterrand a choqué plus d’un républicain… Mais le plus grave réside dans le maintien du statut concordataire dans les départements d’Alsace-Moselle où les lois du IIe Reich continuent de s’appliquer. Dans ces départements, il n’y a pas de séparation réelle de l’État et des églises, ce qui viole tout à la fois la loi de 1905 (la République ne reconnaît ni ne salarie aucun culte) et le principe d’unité de la République.

 (…)

Et pour préciser quelques éléments de stratégie et d’alliance, ces toutes dernières lignes :

Cependant l’alternative que nous soutenons ici ne correspond pas seulement aux revendications des plus défavorisés. remarquait qu’une classe sociale ne peut l’emporter que si ses intérêts propres peuvent au moins apparaître comme les intérêts du peuple tout entier, ou au moins de la grande majorité du peuple. Nous voudrions reformuler cela dans le langage républicain. La perspective politique que nous défendons est certes centrée sur l’héritage du mouvement ouvrier et de la tradition socialiste. Mais elle devrait convenir aussi aux classes moyennes qui, dans leur immense majorité, ne vivent que de leur travail et trouveraient dans une république sociale des garanties institutionnelles contre la fragilisation de leur situation face à la tyrannie du capital financier. Elle est compatible avec les ambitions de ceux qui veulent s’enrichir par leur travail et créer leur petite entreprise. Comme personne ne peut vouloir être dominé, l’idéal de la liberté comme non domination que soutiennent les républicains redéfinit clairement la place de la loi et correspond aux aspirations les plus largement majoritaires : la liberté et la sécurité dans les tous les domaines.

C’est donc potentiellement une alliance majoritaire qui pourrait se retrouver derrière les idées que nous avons défendues ici. Évidemment la synthèse entre le républicanisme et les idéaux socialistes, entre l’individualisme et le souci du bien public, n’est pas une idée neuve. Elle a quelque chose à voir avec l’histoire du radicalisme dans notre pays. Si on braque les projecteurs hors de France, on trouvera quelque chose d’assez proche dans le populisme ou dans l’aile gauche du parti démocrate aux États-Unis. En politique, comme en d’autres domaines, personne ne peut prétendre repartir à zéro. Il faut toujours, d’une manière ou d’une autre retirer le fil de la tradition et les véritables révolutionnaires doivent être aussi des conservateurs.

Nous sommes arrivés à un point où une rupture radicale dans le cours des choses s’impose, où une alternative est une absolue nécessité si nous voulons sauvegarder, non seulement l’héritage du mouvement ouvrier, mais aussi le meilleur de notre passé républicain et même le meilleur de la tradition libérale. Mais ce qui est nécessaire n’est pas toujours possible. La décomposition de la vie politique, avec la transformation des partis en coquilles vides, occupés qu’ils sont aux jeux d’appareils et aux manœuvres douteuses, pourrait décourager les plus optimistes. Mais le pire n’est pas certain. Ce qui manque le plus, c’est un renouveau théorique, un renouveau de la discussion publique qui permette de tracer une voie rejetant et les stériles proclamations gauchistes et le plat opportunisme du « socialisme libéral ». Espérons que ces réflexions auront contribué à cet indispensable débat.

 

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Commentaires

par quesnel alain le Mardi 27/09/2011 à 17:53

Toutes les élections sont des pièges à cons. D'abord parce que nos démocraties sont, de fait, des oligarchies ; parce que tout scrutin est biaisé, dans son organisation même (carte électorale...)  ; parce que les décisions du peuple (quand il a l'occasion d'en prendre) comptent pour peau de balle : l'exemple du "non" massif de 2005 aboli par Sarkozy, avec le soutien de la majorité des "socialistes" et des Verts, le montre assez : une caste politique s'est constituée qui ne vit que pour elle-même et  (au prétexte d'une fumeuse "construction européenne" ennemie des peuples et des nations) se vautre, de façon pornographique, avec la "haute" phynance internationale (il n'y a aucune faute d'orthographe : la situation est ubuesque !).
Que fera un président "socialiste", soutenu par une éventuelle Assemblée nationale "de gauche" et un Sénat tout aussi à "gauche" ? Il appliquera les directives de la Commission européenne (organe non élu et ne devant aucun compte à ses mandants... parce qu'il n'en a pas ; organe qui cumule le législatif et l'éxecutif ; organe totalitaire dans son essence). Il servira docilement les banques et les "marchés", c'est-à-dire le Capital. Il suffit pour s'en convaincre de regarder ce qu'ont fait tous les gouvernements dits "de gauche" depuis 1983 ; il suffit de regarder ce qu'ont fait les "socialistes" en Espagne, au Portugal, en Grèce, les "blairistes" (j'ai failli écrire "blaireaux" : mes excuses à ce charmant animal) en Grande-Bretagne, le SPD en Allemagne... J'en oublie sûrement.
On comprendra que, devant un tel tableau et de telles perspectives, mon enthousiasme  pour le scrutin  de 2012 et même la "primaire" ridicule du PS (qui entérine le suicide de la forme politique jusqu'ici nommée "parti" sans la remplacer par rien d'autre qu'un informe conglomérat) soit fort modéré.
Je suis néanmoins d'accord sur un point avec Denis Collin : il faut à tout prix virer Sarkozy et son gang. Un président "socialiste" ferait à peu près la même politique mais serait gêné aux entournures par le fait qu'une partie plus ou moins importante de ses soutiens (voire de sa majorité élue) sont sur des positions plus proches que le PS lui-même de "lutte des classes ; des positions plus ou moins clairement du côté des salariés et non du capital. En ce sens, le seul moyen d'envoyer un signal à celui ou celle qui sera le candidat du PS est d'aller voter aux primaires (du moins au premier tour) pour Montebourg, faute de mieux. Son discours est fumeux mais il prend en compte le fait que le "peuple" existe etn'est pas une abstraction. Pas question de voter pour Hollande, Aubry, voire la madone du Poitou-Charentes (charmante région au demeurant) au premier tour de 2012 : ils puent l'Europe du capital. Au second : tout sauf Sarkozy. Dans l'hypothèse d'un "duel" Sarkozy vs Le Pen : la canne à pêche et le fusil.
Ceci dit, il n'y aura jamais de VIe république, ni de république sociale par le seul biais des élections. Il y faudrait un vaste mouvement populaire... et cela ne se décrète pas.
En attendant, vive la lutte des Grecs contre la troïka (FMI, BCE, UE)... espèrons qu'elle essaime et s'organise.
Le cirque électoral est secondaire. Il est toutefois possible d'y prendre occasoinnellement une place, pour une séance particulière (celle où il y a quelque chance que le trapéziste se casse la gueule... ce qui est toujours marrant... sauf que le trapéziste suppléant ne sait faire que le même numéro).


Re: par d_collin le Mercredi 28/09/2011 à 01:58

Je n'ai jamais aimé le slogan "élections piège à cons". Je passe sur le fait que les révolutions se sont toujours faites (et encore tout récemment) avec la revendication d'élections libres. Et les pays qui ne connaissent pas ce "piège à cons"sont généralement de gigantesques camps d'internement. Sans principe électif,il n'y a pas de démocratie. Tout simplement. En outre, cette expression me semble la marque d'un grand mépris pour les citoyens qui participent aux élections et qui restent très majoritaires dès que l'élection porte sur des choses sérieuses. La dernière présidentielle de 2007 avait même battu des records de participation. Faut-il penser que tous ces électeurs sont des "cons" assez cons pour se faire piéger?

Ces déclarations d'un gauchisme verbal dont les diverses mouvances d'extrême-gauche sont fort friandes sont d'autant plus déplacées que pratiquement et pour la séquence en cours nous semblons en gros d'accord pour estimer qu'il vaut mieux rechercher le moindre mal, parce que c'est du point de vue du peuple qu'il faut se placer et non du point de vue des "grands" lancés dans une compétition qui, pour eux, n'est qu'un spectacle.

Je veux bien qu'un grand mouvement populaire soit nécessaire pour aller vers une VIe République - ce qui, soit dit en passant, nécessiterait des élections pour une Assemblée Constituante! - mais, pour l'heure, je ne vois pas  ce grand mouvement populaire et tous les petits partis (NPA, POI, PDG, etc...), tous très forts en gueule n'ont jamais été capables d'impulser quelque grand mouvement populaire que ce soit. Alors, en attendant, je préfère soutenir ceux qui mettent ce débat sur la place publique, dans des termes assez simples et précis pour être compris du grand nombre..

DC


Re: par Nadir aux puissances négatives mythiques le Lundi 03/10/2011 à 22:10

avant l'entrée en la matière avec commentaire souvenir d'une belle exposition d'idées vue il y a quelques années, non ici ce n'est pas Ste Pélagie et ses truites de la Loue mémomérisées,carlà ce ne sera que l'affiche gardée dans mes petits papiers de Riz amer puis s'canArt dée pour ne pas oublier
" ...Je veux bien qu'un grand mouvement populaire soit nécessaire pour aller vers une VIe République - ce qui, soit dit en passant, nécessiterait des élections pour une Assemblée Constituante! - mais, pour l'heure, je ne vois pas  ce grand mouvement populaire..."

Quelques-une des nombreuses discussions avec "les diverses questions que sera appelée à résoudre l’Assemblée Constituante
...Je considère la guerre comme un fléau. La paix est l’état normal de la nature ; mais la paix glorieuse qu’on n’achète pas au prix de son honneur.
...J’adhère complètement au manifeste du citoyen Lamartine ; comme lui je désire que la France jouisse dans la circonscription de ses limites, des libertés conquises au prix de tant de sang précieux ; qu’elle respecte toutes les nationalités ;
...égalité dans toute l’acception de ce mot ; égalité de droits, de devoirs, de condition, de considération ; que tout travail soit également honoré, tout travail étant également nécessaire. Encouragement au développement de l’intelligence par des récompenses morales plutôt que matérielles ; c’est le moyen d’élever l’esprit à la hauteur des plus grandes conceptions. Que la justice n’ait pas deux poids dans sa balance ;
...l’homme en naissant a reçu une mission qu’il doit remplir parmi ses semblables ; chacun est nécessaire à tous ;
...La peine de mort est un anachronisme depuis les temps les plus reculés, où le criminel subissait un châtiment épouvantable. La civilisation a emporté dans sa course tout ce que la barbarie des temps passés avait eu de cruel. On a compris qu’il en fallait pas être plus criminel que le criminel lui-même.
...A l’heure où la patrie fait appel à tous ses enfants, quelle que soit leur condition ; à l’heure où elle demande à chacun de nous son concours, pour accomplir la plus grande de toutes les œuvres sociales : l’affermissement de la République ; il est du devoir de tous ceux qui se sentent animés de ce feu sacré qui depuis si longtemps, brûle le cœur des vrais patriotes, de coopérer à l’œuvre immense qui va s’accomplir. J’ai compris toute l’étendue du mandat que veulent me confier vos suffrages, et je n’hésite pas à l’accepter ; fort de votre concours, je le remplirai sans faiblesse et sans hésitation, car dans mon cœur comme dans le vôtre, je n’ai qu’une devise : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE ! De ma bouche ne s’échappera jamais qu’un cri : VIVE LA REPUBLIQUE ! ...Louis LANGOMAZINO Ouvrier mécanicien -chaudronnier Président de l’Athénée Ouvrier
1848 : Aux électeurs des Bouches-du-Rhône Présentation par Raymond Huard
Circulaire électorale de Louis Langomazino, ouvrier mécanicien chaudronnier de Marseille pour les élections à l’Assemblée constituante (mars-avril 1848).

La nouveauté du suffrage universel et l’incidence sur les candidatures ouvrières.

Bien qu’il soit réservé aux hommes, le « suffrage universel », annoncé dès le 2 mars, établi par le décret du 5 mars et organisé par l’instruction du 8 mars 1848, transforme complètement les conditions de la vie politique française. Toute exigence financière pour être soit électeur, soit éligible disparaît. De ce fait, le corps électoral national passe pour les élections parlementaires de 240 000 électeurs à plus de 9 millions (dans les Bouches-du-Rhône, de 4 284 à 120 000 environ).
D’autre part le nouveau mode de scrutin est pluri-nominal départemental, c’est-à-dire que chaque électeur vote pour autant de noms que son département doit nommer de représentants -nouveau nom des députés. L’élargissement immense de l’électorat, la suppression du cens d’éligibilité, le nombre élevé de représentants à élire (900 à l’échelle nationale, 10 dans les Bouches-du-Rhône) contribuent à ouvrir largement le champ des candidatures possibles. Comme d’autre part, la révolution de 1848 a mis en avant le problème social, il est naturel à la fois que des ouvriers croient possible de se présenter et que les tendances politiques cherchent à en placer sur leurs listes, ne fût-ce qu’à dose homéopathique. 1848 voit donc une irruption des " candidatures ouvrières " bien plus importante que celle, pourtant plus connue et mieux étudiée, du début des années 1860.

La carrière de Louis Langomazino.

Si on veut caractériser rapidement Louis Langomazino en 1848 (voir la biographie du Maitron, pour l’ensemble de la vie), on retiendra quatre caractéristiques : sa jeunesse relative, son expérience professionnelle, sa pratique de l’action sociale, sa très vive curiosité intellectuelle.
Fils d’un marin génois, Louis Langomazino est né à Saint-Tropez en 1820. En 1828, la famille Langomazino s’est transportée à Toulon. Après avoir reçu une éducation de base qui apparaît solide (a-t-il poussé jusqu’au collège ?), l’adolescent est entré en 1836 à l’arsenal de Toulon où son père travaillait. Après une période d’apprentissage, il y devient forgeron. Le jeune homme acquiert une conscience sociale, adhère à la société ouvrière l’Union dont il sera bientôt le président local, reçoit Flora Tristan en juillet -août 1844. En 1845, il est un des principaux dirigeants de la grève de l’arsenal de Toulon.
Renvoyé à la suite de cette grève, il trouve à Marseille un emploi de mécanicien des machines à vapeur. Dans cette ville, alors en pleine expansion économique, Louis Langomazino participe aux activités de l’Athénée ouvrier, société d’éducation populaire qu’il préside à partir de 1847. Voici donc un jeune ouvrier qui a acquis, en grande partie par ses propres moyens, une culture assez étendue et jouit d’une expérience de l’action sociale. Il ne semble pas en revanche s’être mêlé aux initiatives des républicains. C’est la révolution de 1848 qui le propulse vers la politique. Les ouvriers du métal constituent à Marseille une compagnie de la Garde nationale dont Langomazino devient capitaine. Dès les élections d’avril, Langomazino se porte candidat à la Constituante avec la proclamation qu’ on vient de lire. Porté sur une des listes républicaines, il obtiendra 2 658 voix -pour la plupart dans les cantons de Marseille même- résultat bien insuffisant pour être élu.

Quant à l’option républicaine, nettement affirmée dans la proclamation, elle apparaît liée non à un contenu politique (la république institutionnelle), mais à des aspirations sociales et morales, l’égalité et la fraternité. Le programme politique, assez développé, est relativement modéré. Le pacifisme est proclamé avec force, mais n’est pas incompatible avec le soutien à la libération des peuples opprimés. L’aspiration égalitaire, elle aussi très vivement dessinée, s’accompagne cependant de revendications assez modestes (égalité devant la justice et devant les emplois, éducation gratuite, générale et professionnelle -on notera l’accent mis sur l’orientation professionnelle - encouragements au développement de l’intelligence et aux efforts d’investigation scientifique). Langomazino, de confession catholique, prend très au sérieux les valeurs chrétiennes et développe donc les points concernant la religion. Ce qui est proposé ici, c’est une religion épurée des perversions dues à la prépondérance d’une Eglise particulière, à la richesse, à l’oisiveté ou la solitude (l’abolition des couvents - thème assez populaire dans les milieux ouvriers où les couvents sont considérés comme des concurrents- est réclamée).
Enfin la question sociale occupe naturellement dans la proclamation une place de premier plan puisque l’auteur se réclame de l’appartenance à " la classe ouvrière ". La solution proposée, dans l’esprit de l’époque, est, pour les travailleurs en activité , " l’organisation du travail ", mais celle-ci est définie de façon à la fois très large et très vague...http://biosoc.univ-paris1.fr/spip.php?article76

 







Crétinisme électoral or not crétinisme électoral par Jean-François Michel Dumont le Vendredi 30/09/2011 à 20:56

 

 " Si la plupart des dirigeants socialistes n’ont pas de projet radicalement différent de ceux de Sarkozy, tout le monde comprend bien que la réélection du président des porteurs de mallettes serait vécue comme une terrible défaite et qu’alors la droite n’aurait aucun mal à faire passer ses projets les plus destructeurs, notamment en matière d’école, de fonction publique et services publics. "



En matière d'école, de fonction publique et de services publics, il n' y absolument AUCUNE  différence entre les social-libéraux anti-sociaux PS et les libéraux sociaux anti-sociaux UMP.

Comme à l'OMC, comme au FMI, comme dans la Tunisie de Ben Ali, comme dans l'Égypte de Moubarak, 

Comme dans la France de Mitterrand à partir 1982-83, après le tournant de la " politique de rigueur " renouant avec la " politique d'austérité " de VGE avant 1981.




Appeler à voter, de fait, pour les camarades d'internationale des Ben Ali et autres Moubarak est de plus une insulte faite aux peuples tunisien et égyptien, qui, eux, n'ont pas hésiter à se révolter 
contre les agents sociaux-libéraux anti-sociaux, membres de l'Internationale Socialiste, qui les opprimaient depuis des dizaines d'années.

Il n'y a donc vraiment aucune raison d'appeler à voter pour les dirigeants des partis bourgeois d'origine ouvrière, qu'ils soient PS, PCF ou PG.

Il n'y a donc vraiment aucune raison d'appeler au Front Unique Ouvrier avec les partis bourgeois de gauche, les  partis bourgeois d'origine ouvrière, qu'ils soient PS, PCF ou PG.




AUCUN VOTE POUR LES AMIS DES ASSASSINS DES PEUPLES TUNISIEN ET EGYPTIEN.

SEULE LA RÉVOLTE PAIE.

Les patrons ne comprennent qu'un seul langage : grève, blocage, sabotage.

Et leurs amis de droite et de gauche aussi.




PS : toute l'argumentation du texte est évidemment à discuter mais ne peut l'être véritablement qu'une fois que le peuple et les travailleurs  de France se seront révoltés et auront basculé cul par dessus tête le pouvoir en place qu'il soit celui des bourgeois de droite ou celui des bourgeois de gauche. Sinon cela revient à être le nègre à Montebourg après avoir été le nègre à Boussel-Lambert le fondateur de l'Église de lambertologie, la Maison des fous du 87.


par Nadir aux puissances négatives mythiques le Lundi 10/10/2011 à 14:59

...il reste que les propositions d’Arnaud Montebourg sont loin d’être sans intérêt...
...Montebourg est des rares à souligner que la source de la corruption n’est pas tant dans la méchanceté des hommes que dans le caractère vicié des institutions de la Ve République. En réclamant une « VIe République », il ouvre là aussi une brèche importante...

La Fabrique de l'opinion
Hors sujets du jour qui font la joie et la nourriture des médias et hors sujet des jours d'avant l'école primaire ps recopiant bien mal a droite ment les tendances usa, copie à revoir car lu hier soir en rue 89 ces étincelles brillantes pendant que je ne dormais, si vous trouvez moins cher et plus éclairé ailleurs appelez donc d'art tisse qui vous remboursera la différence et vous offrira gratis une bouteille de champagne rouge pour que naisse une 6ème ou 7ème République et qu'advienne une néo constit en classe préparatoire 1ère année, punaise ! 3 produits en 1 seul homme ! : Lamartine, Roosevelt, Obama... mégalomania...il a dû en omettre de ses frères et compagnons de route, hors celui-ci n'est ni ne sera jamais à la hauteur de Vladimir, de Rosa, du Vieux, de Machiavel, de Flora, en fait des fêtes roses ici c'est Angkor elle qui se mêle en cie de Rue 89 ou de l'avenue 4 C.d.C.  et qui se moque, se moque petite sotte du modeste malabar guide et sauveur suprême, je ne me souviens plus si l'opportuniste Fafa canoniste 2005 avait fait autant de galéjades et rodomontades, Monte bourg et bourg grogne, vaut mieux ne pas lire le grand magic cirque us et coutumes jusqu'au bout, la politique est devenue l'art de La Traversée des apparences sans fondements souterrains ni base solidement amarrée alors qui parle si démago et quoi qu'a dit la môme néant ?

" Etant moi-même petit fils de boucher-charcutier » ;
" Etant moi-même un élu rural  ;
" Ayant la CRS43 chez moi... ;
" Etant moi-même président de la maison départementale du handicap en Saône-et-Loire  ;
"Etant moi-même parent d'élèves ...
Ça marche à tous les coups. (Et s'il osait un « étant moi-même une mère seule qui élève ses enfants », ça n'étonnerait qu'à moitié.)..." ---) http://www.rue89.com/2011/10/08/primaire-montebourg-confesse-le-peuple-et-se-voit-au-deuxieme-tour-225366


Non à l'UMPS par GB le Mercredi 19/10/2011 à 10:51

Non, je n'irai pas voter pour le programme PS-EELV ni pour l'UMP, et encore moins pour le FN.
Si nous voulons sortir de l'alternative factice UMPS, il faut ne pas voter pour eux. Point.
Ne pas au moins menacer de ne pas voter pour eux, comme se refusent à le faire LO, le NPA et le POI, c'est se livrer pieds et poings liés au programme du FMI et de l'UE.
Le seul espoir serait que le MRC, le PG, le POI, le NPA et LO fassent front commun et constituent une menace crédible.
Mais c'est trop leur demander.
Moi je vais aller à la pêche tout avril-mai 2012.



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