S'identifier - S'inscrire - Contact

Les bases d’un accord entre les vainqueurs du 29 mai 2005 ... pour éviter d’être les vaincus de 2007

Les bases d’un accord entre les vainqueurs du 29 mai 2005 ... pour éviter d’être les vaincus de 2007

Par la-sociale • Actualités • Lundi 17/07/2006 • 0 commentaires  • Lu 1287 fois • Version imprimable


Nous vivons un paradoxe surprenant : le 29 mai 2005 le NON a été majoritaire contre tous les principaux pouvoirs politiques, économiques et médiatiques et un an après, cette force que nul n’a pu contrarier se retrouve politiquement orpheline, les responsables du « Non de gauche » se révélant incapables de répondre positivement aux attentes générales en offrant une perspective cohérente en vue des élections présidentielles de 2007.

L’absence de bilan sur la campagne référendaire, de ses faiblesses notamment, interdit d’en dégager les forces qui seules pourraient permettre de sortir du profond marasme dans lequel est empêtré le « Non de gauche ».
- la faiblesse principale du « Non » réside dans son hétérogénéité.
- la force du « Non » qui lui a permis de l’emporter réside dans l’unité qui s’est réalisée sur la base commune permettant ensemble, indépendamment des divergences, de combattre pour le rejet du traité constitutionnel.

De cette expérience du combat pour faire triompher le NON le 29 mai nous devons dégager une méthode susceptible de transcender l’hétérogénéité du « Non de gauche » afin d’ouvrir une perspective politique au peuple qui s’est exprimé et qui n’est pas représenté.

Il faut d’abord partir des forces en présence.

Un an après la victoire obtenue au référendum sur le TCE, la « gauche du non » est dans un profond marasme.

Le PS a été profondément divisé. Les tenants du « non » ont été marginalisés par une vaste opération idéologique et médiatique visant à éliminer toute expression potentielle d’un regroupement clairement à gauche, sur une ligne de transformation sociale.

Ailleurs à gauche, la multiplication des candidatures en vue des présidentielles (Laguillier puis Besancenot) rend chaque jour plus improbable l’existence d’une alternative politique unitaire face à la ligne "social-libérale", défendue sous des formes diverses par Lang, Strauss-Kahn, Jospin ou Royal.

Il faut aussi, comme cela fut le cas avec l’appel à voter NON au référendum, être en mesure d’apporter une réponse sur l’essentiel en partant de ce qui unit sans jamais demander à quiconque de se renier.

Ainsi, si les différents courants de gauche qui ont animé la campagne pour le NON, le 29 mai 2005, veulent répondre aux attentes des millions de salariés, de jeunes, de travailleurs indépendants, artisans et paysans, qui ont voté NON au TCE, ils doivent sans plus attendre élaborer une ligne commune sur la question européenne. Il ne suffit pas de dire non, il faut trouver maintenant un moyen de dire ensemble ce que l’on veut positivement.

L’examen des positions des uns et des autres pourrait sembler, a priori, réduire à néant toutes les chances de parvenir à un accord entre les diverses composantes de la gauche du non.

D’un côté les socialistes comme Mélenchon, Filoche et Fabius, les animateurs de la fondation Copernic ou d’autres militants connus comme Raoul-Marc Jennar, tout en étant opposés à la construction « libérale » de l’Europe, proposent une « Europe fédérale » qui ferait triompher les revendications sociales. On peut être très sceptique sur cette position et même en franc désaccord sur la perspective d’une fédération européenne.

De l’autre côté, entre le MRC de Georges Sarre et Jean-Pierre Chevènement et le PT, animateur d’une campagne pour la reconquête de la démocratie politique, on trouve toutes sortes de positions qu’on peut qualifier de « souverainistes » parce qu’elles considèrent que les nations restent le seul creuset véritable de la souveraineté des peuples et le seul cadre dans lequel le mouvement ouvrier peut mener son combat émancipateur.

Pourtant aujourd’hui, la question n’est pas de savoir qui a raison des fédéralistes de gauche ou des partisans d’une Europe des nations. La question est de savoir si nous sommes condamnés, les uns et les autres, fédéralistes socialistes ou républicanistes partisans d’une union de nations libres, à être dévorés tout crus par l’une ou l’autre variante des politiques de la classe dominante, si nous sommes condamnés les uns et les autres à subir le martinet de Mme Royal ou le kärcher de M. Sarkozy. Après 2007, nous aurons sûrement tout le temps de vider la querelle qui nous oppose si nos ennemis communs occupent le pouvoir et nous condamnent pour une ou deux décennies à l’exercice du ministère de la parole !

Faisons un pari. Comme l’a montré l’unité réalisée pour le NON le 29 mai 2005, il Il est possible de trouver les bases d’un consensus par recoupement entre les diverses composantes de la « gauche du non », un consensus qui pourrait être majoritaire car susceptible d’entraîner aussi ceux qui ont voté oui non pas au TCE mais à la paix entre les peuples d’Europe ou à leur coopération contre l’impérialisme US.

Qu’est-ce qu’un consensus par recoupement ? Tout d’abord c’est le contraire d’une motion de synthèse négociée à quatre heures du matin dans un congrès socialiste. Il s’agit de dégager un noyau commun de principes que tous voudraient voir mis en œuvre, quelles que soient par ailleurs leurs autres préoccupations. Répétons-le : il ne s’agit à aucun moment de demander à quiconque de se renier, mais seulement de s’accorder sur les principes communs qui peuvent mener à des conclusions différentes, mais qui pour tous se situent au point de départ de la réflexion et de l’action.

Nous avons une bonne idée, nous républicains de France, de ce qu’est un consensus par recoupement : la laïcité de l’État est bien une position que chacun a un intérêt, s’il est de bonne foi, à voir mise en œuvre quelles que soient par ailleurs ses convictions religieuses ... ou irréligieuses ! Si nous voulons dégager un consensus sur la question de l’Europe, il ne faut pas demander aux militants et aux groupes et partis de renier leur position. Si on demande à Fabius de devenir « souverainiste » ou à Gluckstein de renoncer à ses analyses sur les méfaits de la construction européenne depuis 1957 et même avant, on n’arrivera à rien. Mais d’un autre côté, on ne peut pas faire l’unité des « anti-libéraux » en passant sous la table cette importante question. Nos principes communs doivent nous permettre de dépasser les divergences.

Partons donc de l’idée qu’il y a des perspectives différentes, en elles-mêmes toutes légitimes, concernant la forme que peut prendre la collaboration des peuples et des nations d’Europe. Au fond, savoir qui a raison, à la fin des fins, des partisans du fédéralisme ou des tenants de l’Europe des nations, c’est l’histoire qui le dira ! Comme le disait , la vérité est une question de pratique. Mais une chose est certaine : ni les amis de Mélenchon ou Fabius, ni ceux de Gluckstein ou Chevènement ne peuvent faire un pas en avant vers la réalisation de ces objectifs stratégiques républicains et socialistes dont tous se réclament, si le dispositif institutionnel des accords de Maastricht, Amsterdam, Dublin et Nice reste en place. Personne ne peut prétendre défendre les services publics ou les retraites en restant dans le cadre des décisions de Lisbonne. Et ainsi de suite. Comme un pas réel en avant vaut mieux qu’une douzaine de programmes, essayons de voir comment on peut faire ce pas réel en avant en dégageant quelques points fondamentaux sur lesquels l’unité peut être faite. Plus : doit être faite pour permettre à chacun de demeurer conséquent sur les positions qu’il affirme.

Paix entre nous

Commençons par le commencement : si l’union des nations européenne a une légitimité ou une justification, c’est la volonté d’assurer la paix entre des peuples qui se sont souvent entretués au cours des siècles passés. « Plus jamais ça ! » Et, comme le disent les paroles de « L’internationale » : « Paix entre nous, guerre aux tyrans ». Pour que la paix soit garantie durablement, il faut commencer par respecter les divers tempéraments nationaux qui constituent les nations européennes. Cela est d’autant plus important aujourd’hui que rarement le sentiment national, bien légitime au demeurant, ne s’est exprimé à un degré aussi élevé. Les diverses séparations de l’empire soviétique depuis la chute du mur de Berlin n’ont d’autre ressort que le fait national. L’Italie qui rejette le référendum sur la régionalisation n’exprime rien d’autre que son attachement à la nation italienne. Le vote des peuples français et néerlandais qui ont dit NON en 2005 a cette signification.

Donc l’Europe ne peut pas se faire contre les nations existantes, mais seulement avec elles ! Toute délégation de souveraineté - organisée par un traité - doit obtenir l’unanimité des États-Nations membres de l’union. C’est pourquoi les votes français et néerlandais contre le TCE doivent être considérés à leur juste valeur : le TCE est mort et doit être enterré, tout simplement parce que l’unanimité n’existe pas. Les manœuvres dilatoires des dirigeants et eurodéputés français y compris pour dire que la majorité des États ratifie le traité constituent une véritable forfaiture. C’est pour la même raison que doit être abrogée la révision de la constitution française - décidée début 2005 pour autoriser la ratification du TCE.

Il s’agit d’une question de première importance. Si par malheur le vote des peuples devait continuellement être ignoré, la démocratie déniée, la souveraineté populaire bafouée, c’est la paix qui à terme serait menacée !

En second lieu, si l’Europe suppose, comme son histoire le montre, la liberté des nations, rien ne doit entraver la liberté de certaines nations d’aller plus loin que le traité dans la voie de l’intégration, voire de la fusion. La condition réside dans le respect de la volonté populaire. Nul ne doit avoir le droit d’imposer au peuple un point de vue non choisi librement. Nul ne doit avoir le pouvoir d’interdire aux même peuples la possibilité de s’engager lorsqu’ils le décident librement. Ainsi, Contre les partisans de l’union européenne (qui n’a rien à voir avec l’Europe mais qui est une construction politique et économique) qui s’opposent aux coopérations renforcées au nom de la libre concurrence, il faut là aussi le défendre le droit des nations.

Et proposer d’autres types de coopérations qui peuvent être bénéfiques pour les peuples des différents pays d’Europe concernés., par exemple sur l’énergie, mais dans le cadre du service public. Quand on nous explique que nos entreprises doivent « grossir » pour faire face aux nouvelles règles de la concurrence, c’est un non-sens. EDF, GDF, Enel, par exemple dans le secteur de l’énergie pourraient parfaitement coopérer sans se bouffer mutuellement, elles sont bien assez grosses pour ça, et ça leur permettrait de tirer parti de leurs complémentarités pour le bien commun. Pas besoin de fusions, d’acquisition, de vendre les « parts » des États ... Ou de changer les constitutions.

En troisième lieu, il est fréquent d’entendre louée une politique européenne extérieure commune. À supposer que cela fût vrai, il faut commencer par le commencement.

Dans l’Union européenne actuelle, certains États sont membres de l’OTAN, d’autres sont « neutres ». Certains suivent les USA en toute occasion, y compris la pire, et ne cachent pas qu’entre Washington et les autres nations européennes, ils choisiront les maîtres de la Maison Blanche. L’union européenne - quelle qu’en soit la formule - n’aurait aucun sens si elle devait être un relais de la politique impérialiste des USA. Deux conséquences s’imposent donc pour être en mesure d’envisager sérieusement la suite :

-  sortie de l’OTAN
-  signature d’un traité de paix entre les nations européennes, garantissant non seulement qu’elles ne régleront jamais leur différends par la guerre mais aussi et surtout qu’elles renoncent à toute politique impérialiste, à toute intervention armée hors des frontières européennes quels qu’en soient les prétextes.
-  Appui à toutes les nations opprimées qui veulent se libérer de la domination des grandes puissances et révision de toute la politique à l’égard des pays en développement (annulation de la dette, refus de soutenir les plans de « redressement du FMI, etc.)

Sur ces trois points : respect des droits des nations, coopérations volontaires, définition d’une politique de défense pacifique commune, il nous semble possible qu’un accord immédiat se fasse au sein de la « gauche du non ». En effet : les « souverainistes » peuvent y trouver quelques-unes de leurs revendications essentielles et les « fédéralistes » conséquents voient bien que si l’Europe fédérale est possible, la réalisation de ces trois revendications constitue un moyen pragmatique d’y parvenir, beaucoup plus sûrement que par les proclamations fanfaronnes et une politique qui, en détruisant les vieilles nations provoquera à coup sûr des réactions violentes.

L’accusation capitale que nous lançons contre les dirigeants actuels de l’Union Européenne, c’est qu’ils construisent une prison des peuples contre laquelle les pires chauvinismes pourront demain se dresser. La Yougoslavie post-titiste à grande échelle, ce n’est pas un scénario inimaginable.

Le régime républicain, garantie de la paix et d’une coopération équitable

Si quelque chose marque profondément l’histoire des nations européennes, c’est une longue lutte pour la liberté. Lutte contre le féodalisme et le despotisme d’abord : une lutte millénaire qui commence dans le mouvement des communes au XIe siècle et prend un nouveau tour avec les révolutions anglaise et française. Lutte contre les empires, pour la souveraineté nationale. Rappelons ici l’année 1848, ce printemps des peuples qui voit en même temps les premières luttes ouvrières pour la république sociale et les luttes pour l’indépendance nationale, notamment contre l’empire austro-hongrois - cet empire que certains publicistes contemporains présentent comme un modèle à imiter pour l’Union européenne !

La liberté ne consiste pas seulement à pouvoir choisir entre plusieurs marques de céréales pour son petit déjeuner. Le vieil idéal républicain, un citoyen libre dans une république libre, reste de la plus vive actualité. Être libre, c’est d’abord conduire sa vie comme on l’entend, sans que des prétendues autorités morales, sans que le poids des traditions et des préjugés puissent enfermer l’individu dans un carcan. Bref : être libre, c’est vivre dans une république laïque, c’est-à-dire où l’État est rigoureusement séparé des toutes les églises. Si les Allemands veulent continuer à cotiser sur leurs impôts pour leurs curés et pasteurs, libres à eux. Mais cela montrerait tout simplement que l’Europe ne peut pas être autre chose aujourd’hui qu’une association de nations dotées de leur propre constitution souveraine.

La liberté consiste aussi à n’obéir qu’aux lois qu’on s’est données : elle signifie que le peuple est le souverain législateur. En inscrivant progressivement dans le marbre de la loi des directives d’une Commission entièrement dévouée à la défense de l’ordre capitaliste, les gouvernements européens ont renoncé à leur devoir et trahi le mandat qu’ils avaient reçu du peuple. Ainsi en est-il de la transcription (par ordonnance parfois) des directives sur la libéralisation des services publics, sur la concurrence, sur le temps de travail hebdomadaire, le travail des femmes et des enfants, etc. Entre la constitution française qui fait des nationalisations un des éléments essentiels (puisque constitutionnel) de notre conception de l’État et les directives de l’UE démantelant le secteur public, la souveraineté populaire est du côté des nationalisations. Si demain un gouvernement de gauche veut re-nationaliser EDF/GDF, etc., il ne faut pas se cacher qu’il se heurtera aux institutions, aux traités et accords, et aux hommes qui forment l’oligarchie européenne. La même question se pose et se posera à chaque fois qu’un peuple posera la question de ses droits. Sauf à attendre qu’une coordination (électorale) de toutes les nations européennes se réalise par un coup de baguette magique en vue de la satisfaction des revendications populaires, il faut dire clairement que la liberté des Européens passe par la lutte décidée contre cette oligarchie financière et bureaucratique qui se baptise « Europe ».

Être libre enfin, c’est disposer des moyens d’imposer ce qu’on a décidé. Ce n’est pas par hasard si toute l’oligarchie européenne concentre ses coups contre les nations (espaces de décision politique traditionnels et suffisamment forts pour faire valoir une action collective ample) au profit des régions et autres groupes ethniques, excitant les particularismes et la xénophobie. Cette politique a été appliquée hors des frontières de l’UE avec le succès que l’on sait en Yougoslavie... En France, elle est directement dirigée contre la laïcité et les principes de la république. Mais ce n’est pas une « exception française ». En disant « non » au référendum Bossi-Berlusconi, les Italiens ont montré qu’eux aussi étaient attachés à l’unité nationale. On remarquera également qu’un peu partout ce sont les forces d’extrême droite qui sont maintenant en pointe dans la lutte pour la destruction des nations : le Vlams Belang en Belgique, la Ligue du Nord en Italie ... On connaît également les dérives (c’est le moins qu’on puisse dire !) racistes et xénophobes du FLNC, de certains mouvements « bretonnants » ou des indépendantistes alsaciens. Bref impossible d’être des citoyens libres si on commence par détruire le cadre politique qui garantit jusqu’à présent notre liberté.

En conséquence il est possible d’affirmer notre refus commun de voir tout texte non issu du débat démocratique au sein du peuple et voté par lui substitué à notre constitution qui n’est autre que l’expression de la démocratie et du peuple souverain.

L’égalité sociale

Enfin, l’union européenne actuelle a fini par dégoûter massivement les peuples de la construction européenne parce qu’elle apparaît de plus en plus clairement comme une machine de guerre aux mains des puissants pour mettre en coupe réglée les travailleurs de tous les pays d’Europe, les plombiers polonais aussi bien que les ouvriers des chantiers navals français !

Les différents pouvoirs ont tous joué d’une escroquerie intellectuelle qui apparaît aujourd’hui au grand jour. L’Europe est faite de nations et de peuples qui en constituent la richesse. L’union européenne tant vantée par les différentes oligarchies, machine de guerre contre les peuples et leurs intérêts, n’a rien à voir avec l’Europe. L’union européenne est le pire ennemi de l’Europe.

La question sociale parle d’elle-même :

L’intégration des 10 derniers pays (PECO) est clairement une gigantesque opération de « dumping social » dont les effets directs sur les salaires et les conditions de travail en France, en Allemagne et Italie se mesurent très directement. On sait comment les patrons allemands ont utilisé la menace hongroise, tchèque ou polonaise pour détruire les 35 heures, arrachées dans les années 80 par de puissantes luttes ouvrières. Combinée avec le mouvement de « libéralisation » dans le cadre de l’OMC, l’intégration européenne vise à réaliser cet idéal des patrons : une offre illimitée de main-d’œuvre désorganisée qui permet de faire tomber les salaires vers le minimum vital et même en dessous (selon la loi de Ricardo, un des maîtres de l’économie politique bourgeoise). C’est en même temps une désindustrialisation de certains pays d’Europe qui menace et précipite le chômage massif et la décomposition sociale.

La politique de l’UE vise également à la destruction de la paysannerie européenne, avantageusement remplacée (pour les capitalistes) par l’agriculture des « pays émergents » au motif de la théorie (encore ricardienne !) des avantages comparatifs. Là encore, les dirigeants européens s’alignent sur les exigences américaines notamment en matière d’OGM. Si on veut défendre l’Europe, il faut au moins commencer par un travail d’inventaire, en faisant le tri entre ce qu’il serait bon de garder et ce qu’il serait nécessaire de remettre en question. Sans risque de se tromper, le consensus devrait pouvoir se réaliser sur quelques constats immédiats :

Contre ces politiques destructrices de l’emploi, du tissu industriel et tout simplement de la vie sociale, il faut rétablir le principe de la préférence communautaire en matière d’importation et donc une certaine forme de protectionnisme.

Il est nécessaire de revenir sur les accords de Maastricht, Amsterdam et Dublin, accords qui soumettent la liberté des gouvernements à des critères de gestion arbitraires concernant le déficit budgétaire et la dette. Sont également à remettre en cause les décisions de Barcelone sur les retraites et l’énergie.

Il est également nécessaire d’en finir avec l’indépendance de la banque européenne qui doit obéir aux représentants élus des nations d’Europe pour mettre la monnaie au service du développement, de l’emploi et des peuples et non à celui des rendements des capitaux financiers. Il faut licencier Trichet et ses acolytes. Cela fera des économies et des parasites en moins.

Le traité constitutionnel a eu le mérite de poser malgré lui les questions auxquelles le peuple a répondu en votant Non.

En bref, c’est tout le « volet social » des institutions européennes qui est à remettre en cause. Si une Europe est possible, ce ne peut être qu’une Europe qui fait de l’égalité, des droits des travailleurs et du progrès social, du respect de la démocratie et des peuples souverains ses objectifs essentiels.

Denis COLLIN, Jacques COTTA, Christophe Miqueu, Marie-José Cloiseau

Articles portant sur des thèmes similaires :


Partager cet article


Archives par mois


La Sociale

Il Quarto Stato