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Sarkozy s’obstine-t-il dans l’erreur ?

Par Denis Collin • Actualités • Vendredi 27/02/2009 • 10 commentaires  • Lu 1538 fois • Version imprimable


La presse d’opposition (?) en France ne cesse de pilonner sur le même leitmotiv: le président de la république est en gros « à côté de ses pompes », il est impuissant face à une crise qui le dépasse et réduit à la gesticulation. Pour les syndicats, après la rencontre du 18 février, où les bonzes syndicaux lui ont servi de faire-valoir, « le compte n’y est pas ». M’sieur Sarkozy, encore un effort ! La « parti de gauche » s’en prend à Nicolas Sarkozy qui « s’obstine dans l’erreur ». Et ainsi de suite. Il n’y a qu’une question qui n’est pas posée : le compte pour quoi ? l’erreur par rapport à quoi ?

Car s’il s’agit de mener une politique de sauvetage du capitalisme, Nicolas Sarkozy ne fait pas pire que ses collègues européens. Il fait ce qu’il peut. En garantissant les banques contre l’effondrement qui les menaçait, il a colmaté les brèches et s’en est tenu à ce que lui demandaient les dirigeants du capitalisme financier. Le « plan automobile » apportant 6 milliards à Renault et à PSA permet à ces entreprises de restructurer pour faire face à une situation qui sera, de toute façon, très difficile. Dans un premier temps, le président français avait voulu inciter les constructeurs français à mettre un terme à leur politique de délocalisation, en échange des aides de l’État. Avait même été évoquée la possibilité que la production des petites françaises en Tchéquie ou en Slovaquie puisse revenir sur le sol national. Mais les patrons ont remis Nicolas Sarkozy à sa place en lui rappelant que ce n’était pas à l’État de s’occuper de la direction des entreprises, et surtout que toute forme de protectionnisme ouvert ou larvé était strictement interdite par les règlements européens. Les défenseurs d’une Europe supra-nationale, ceux qui disaient encore il y a peu que le principal danger que faisait surgir cette crise était celui d’un renouveau du nationalisme, tous ceux-là sont très mal placés pour faire la leçon au président français... On oppose Sarkozy et Obama, vantant l’Américain audacieux face au Français timoré et incapable de prendre la mesure de la crise. C’est oublier un peu vite que la situation des deux pays n’est guère comparable. Les États-Unis ne disposent pas du tout des dispositifs d’amortissement de la crise dont dispose la France – ces fameux « archaïsmes » que tous les gouvernements, depuis trois décennies au moins, veulent liquider. L’indemnisation du chômage, la protection sociale et le retraites par répartition, même avec les coups subis ces dernières années, évitent que des millions de Français ne soient précipités du jour au lendemain dans la misère. Alors que les ménages américains sont endettés jusqu’au cou, les ménages français restent généralement de bons petits écureuils – ceci d’ailleurs parce qu’ils n’ont pas suivi les conseils que leur prodigue Nicolas Sarkozy depuis l’époque où il était à Bercy. Les États-Unis sont endettés auprès de la Chine et du Japon. L’État, en France, est endetté très majoritairement auprès des Français.

Bref, du point de vue de la gestion du capitalisme, Sarkozy n’est pas pire qu’un autre...

Le problème n’est pas Sarkozy, mais le système dont il est le défenseur et se voudrait le « refondateur », le système capitaliste. Et la crise que nous affrontons n’est pas la crise du sarkozisme, la crise du libéralisme ou une crise due à des imprudents et des escrocs. Ni Kerviel ni Madoff n’auraient pu faire vaciller le capitalisme mondial à eux seuls. Eux et leurs semblables, eux et les moulins à parole qui continuent d’occuper les médias, ils ont joué un rôle mais un rôle subalterne. Ils n’ont été dans cette affaire que les marionnettes contingentes qui ont permis à la nécessité de se réaliser. Depuis les années 80 à l’échelle mondiale et depuis 1989 et la mise en place du grand marché et du « paquet Delors » en Europe, on avait trouvé la martingale gagnante, « la nouvelle création de valeur ». La circulation accélérée du capital devait produire du profit. Construire des usines, produire et vendre, tout cela devenait d’ennuyeux à-coté de l’activité fructueuse par excellence: faire circuler de plus en plus vite le capital pour encaisser au passage un miraculeux « retour sur investissement ». Mais toutes ces astuces, qui ont fonctionné et ne pouvaient fonctionner qu’un temps, n’avaient pas d’autre but que de tenter d’enrayer la baisse du taux de profit dont l’expansion accélérée de l’économie des pays « émergents » est une composante importante – même si ces pays ont pu et continuent d’être un champ d’accumulation du capital. Bref, pour comprendre quelque chose à ce qui se passe il faudrait tout simplement prendre le temps de lire 1.

Il faut comprendre en tout cas que les montagnes de dettes d’aujourd’hui (et chaque jour apporte son lot de découvertes inquiétantes), l’accumulation de ces « actifs toxiques » dans tout le système financier ne sont  rien d’autre que la richesse d’hier ! Et c’est quand il est devenu évident que les promesses d’hier ne pouvaient être tenues en raison de la situation réelle de l’économie que l’ensemble s’est effondré.

À partir de là, demander à Sarkozy de prendre des mesures, de faire un effort ou je ne quoi encore, sans poser la question de la nature des rapports sociaux de production et des formes de la propriété, c’est tout simplement se moquer du monde. On comprend, certes, le désarroi de la gauche et de sa composante la plus à gauche : depuis vingt ans, elle n’a pas d’autre programme (quand elle n’est pas directement ralliée au capital financier) que de ressusciter ce bon vieux keynésianisme qui se résume à quelques principes simples: stimulation (étatique) de la demande, qui entraîne la croissance (la sainte croissance) et donc ensuite un magot à partager en réservant une part pas trop chétive aux travailleurs. Mais ce montage-là ne marche plus parce qu’il n’y a plus rien à partager dans le cadre des lois du mode de production capitaliste.

Si on veut protéger les salariés des effets ravageurs de la crise, il faut interdire les licenciements. Mais si on interdit les licenciements, le droit de propriété capitaliste est devenu purement formel puisque le capitaliste est privé de son droit absolu, celui qui résume tout le système de domination, son droit d’employer ou de ne pas employer une certaine partie de son capital pour acheter de la force de travail. Et encore, si on interdit les licenciements, il s’ensuit également que les entreprises françaises se trouveront en position de faiblesse sur le marché mondial et alors s’imposent toutes sortes de mesures protectionnistes (ou d’accord avec les pays qui voudraient suivre la même voie de rupture avec la logique capitaliste). Bref, si on veut simplement s’opposer au flot terrifiant du chômage (+90.000 chômeurs officiels en janvier 2009, du jamais vu!), on est déjà sorti de Maastricht, de la concurrence libre et non faussée et du sacré-saint respect de la propriété capitaliste.

Si on veut empêcher la paralysie du pays, il faut permettre aux entrepreneurs qui veulent entreprendre, aux petits et moyens patrons, aux paysans et aux commerçants, d’emprunter de l’argent à un taux qui devrait être proche de zéro (compte-tenu de la déflation qui menace). Donc il faut redonner au politique le contrôle de la monnaie (encore une fois, en finir avec Maastricht) et procéder à la nationalisation du système bancaire, en protégeant les épargnants, et à la création d’une banque d’investissement centrale. Pour réaliser ce programme minimum, il faut tourner résolument le dos à la logique européiste et non pas demander « une autre Europe » ou d’autres quelles billevesées du même genre.

Enfin, il faut dire haut et fort et parce que nombreux sont maintenant ceux qui peuvent entendre ce discours, qu’il est temps, grandement temps, de changer de chemin historique. La reprise de l’accumulation capitaliste (avec l’espoir qu’il en restera quelques miettes pour les dominés) suppose une destruction massive de richesse, destruction qui est déjà en cours avec la récession la plus brutale depuis 1929. Mais la crise de 1929 n’a pris fin que lorsque la machine de guerre s’est mise à tourner à plein rendement, en Allemagne d’abord, aux États-Unis ensuite. L’histoire ne se répète certes pas, mais les raisons qui ont conduit au cataclysme la Seconde Guerre mondiale sont encore à l'œuvre. On n’a pas fait assez attention au fait que Barak Obama après avoir annoncé son plan de relance de l’économie à demandé 200 milliards supplémentaires pour la guerre. Quelles qu’en soient les formes, la course folle pour la reprise de l’accumulation capitaliste prépare de nouvelles et massives destructions, y compris et peut-être d'abord pour la planète.

Et c’est ce qui rend plus urgent que jamais la redéfinition d’un horizon d’espérance, ce qui rend plus nécessaire que jamais la défense du bien commun dans une perspective qu’il faut appeler par son nom, le communisme.

1Voir Le cauchemar de éditions Max Milo

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Commentaires

Les inégalités par LEMOINE le Vendredi 27/02/2009 à 13:40

Il me semble que vous oubliez une des mesures essentielles qui pourraient permettre de limiter les effets de la crise : c'est qu'il faut réduire des inégalités.

Cela permettrait de créer du pouvoir d'achat sans générer de déficit. Cela contribuerait à réduire la masse de capitaux excédentaires dont la valorisation devient impossible.

Mais évidemment, on va nous dire que cela compromettrait la compétitivité de nos entreprises. Eh oui! c'est bien vrai et c'est bien pourquoi la crise est une crise de système et non une crise conjoncturelle. 

Qu'en pensez-vous?


Re: Les inégalités par la-sociale le Vendredi 27/02/2009 à 13:53

En effet, la réduction des inégalités aurait des effets positifs ...  à condition de disposer de suffisamment de marge de manoeuvre au niveau international, de pouvoir empêcher la fuite des capitaux (il faudrait rétablir le contrôle des changes) et finalement d'imposer cette idée que le bien commun est supérieur aux intérêts du capital!

Les hypermarchés jettent chaque jour des milliers de tonnes de nourriture dont la DLC a été atteinte, des nourritures parfaitement consommables la plupart du temps, mais qu'ils rendent impropres à la consommation pur éviter que les pauvres ne viennent les chercher dans les décharges de ces magasins. C'est une expression parfaite de ce qu'est le capitalisme. (Annexement, c'est aussi une preuve qu'on n'a pas besoin des OGM pour nourir la planète ...)


Re: Les inégalités par bquentin le Vendredi 27/02/2009 à 18:25

"...Les hypermarchés jettent chaque jour des milliers de tonnes de nourriture dont la DLC a été atteinte, des nourritures ..." Agnès Varda dans le documentaire Les Glaneurs et la glaneuse le rapportait déjà en 1999, c'était bien au siècle précédent ? rien n'a changé ? pourtant il semblerait qu'il n'y ait plus d'ajout de plâtre dans le pain pour emplir l'estomac inégalitaire des pauvres comme le rapportait Karl Marx ? Des industriels agro-alimentaires manageurs auraient seulement tout simplement réactualisé les ajouts intempestifs ? et qui parle de breveter le vivant ? et qui s'en soucie ? trop de questions sans réponse...


par Serge_Gomond le Vendredi 27/02/2009 à 22:39

DC écrit : « …On oppose Sarkozy et Obama, vantant l’Américain audacieux face au Français timoré et incapable de prendre la mesure de la crise. C’est oublier un peu vite que la situation des deux pays n’est guère comparable… »

SG : Le modèle économique l’est (comparable), et la crise qui les frappe l’est aussi (comparable).

C’est très souvent Sarkozy qui se compare à Obama, mais malheureusement pour lui tout les oppose :

les études (brillantes pour l’un, nulles à chier pour l’autre),

la taille (un géant et un nabot),

la popularité (il est adulé, il est haï),

ce qui se dégage de leur personne, Barack est séduisant et attire la sympathie, l’autre crée les embrouilles et provoque des réactions de violence,

Barack est élégant, l’autre s’habille comme l’as de pique (il flotte dans ses vêtement), Barack se déplace avec aisance, l’autre a une démarche de pingouin (certainement dû aux talonnettes de '"drag-queen'" dont il s’équipe),

Barack s’exprime clairement, l’autre est un vrai moulin à parole (il dit tout et son contraire, c’est inaudible),

Barack n’injurie pas les gens, l’autre injurie comme un charretier ( casse toi pauvre con !, dégage !, je les ai bien enculé… suite au vote en sa faveur des électeurs du Front national),

Barack ne ment pas ouvertement, l’autre ne fait que mentir,

Barack prend ses distances avec le monde des affaires, l’autre ne vit que pour l’argent,  etc.

Si nous prenions au pied de la lettre l’axiome dont il (notre antipathique "Luis de Funès", comparaison due en grande partie à ses nombreuses grimaces et tics nerveux, son côté "mauvaise foi" évidente etc.) se servait, il y a encore peu, comme fil conducteur : « …(1) la politique c’est donné à voir… », on peut dire qu’avec lui on est servi ; c’est du délire !

DC écrit : « … Le problème n’est pas Sarkozy, mais le système dont il est le défenseur et se voudrait le « refondateur », le système capitaliste… »

SG : le problème c’est aussi Sarkozy, et un problème de taille. Un problème franco-français (les 53% d’électeurs qui ont joué et perdu, combien ont voté pour lui par jeu ?, ils n’en mènent pas large, et on ne les entend pas beaucoup…) La question est de savoir comment on va pouvoir se débarrasser de Sarkozy et de sa smala, d’autres pays nous ont montré la voie à suivre, la grève générale, et des manifs devant le palais qu’il occupe comme simple locataire (faut-il le rappeler ?). Le peuple lui a confié un mandat, dont il n’est pas digne, il n’est plus son représentant (avec toutes les promesses qu'il avait fait avant son élection on aurait pu ouvrir un catalogue, et qu’il n’a en fait  jamais réalisées ; cette élection est une vraie escroquerie !)

DC écrit : « …Et encore, si on interdit les licenciements, il s’ensuit également que les entreprises françaises se trouveront en position de faiblesse sur le marché mondial… »

SG : C’est malheureusement déjà le cas, sans entrer dans le détail le commerce extérieur est en déficit abyssal, nous ne produisons pas (ou si peu) par exemple de machines outil (comme les industriels allemands et dont le commerce extérieur est excédentaire), ou autres biens de consommation, et ce n’est pas avec Sarkozy aux commandes que cela risque de changer, car à part vendre des avions de guerre Dassault,  dont personne ne veut sauf à des conditions inacceptables, ou des centrales nucléaires alors même que les problèmes inhérents à ce type de centrales ne sont toujours pas résolus.

DG écrit : « … Donc il faut redonner au politique le contrôle de la monnaie… »

SG : Le monétarisme on en sort, laissé aux seuls politiques le soin des décisions économiques, ne semble pas la solution mais à nouveau des problèmes en perspectives. Il faut des contrepoids politiques, les citoyens doivent prendre part aux décisions et participer activement à la vie économique de notre pays, il n’est plus pensable de laisser un seul individu décider de tout, même (et surtout) si celui-ci est entouré de conseillers (qui nous coûte si cher), il suffit de regarder ce qui c’est passer avec le scandale Pérol, un type qui monte un dossier de fusion et parce qu’il est l’ami personnel de Sarkozy, celui-ci le nomme à la tête de ces deux établissements bancaires (qui après fusion, sous le contrôle de Pérol n’en feront plus q’un), ce type de mœurs d’un autre temps est inadmissible. 

 

(1) il n’est évidemment pas l’auteur de cette fausse-vérité, et tout comme Cocteau aimait à répéter ce mot célèbre dont il n’était pas non plus l’auteur, : « Si un événement vous échappe et(ou) vous dépasse, faites comme-ci vous en étiez l’auteur ! » Sarkozy c’est à la fois l’original et ses doublures, dans son monde (un monde virtuel) les évènements n’ont pas plus d’importance que l’image qu’il voudrait donner de lui, et d’ailleurs personne n’y croit plus...

 

PS : Pour rassurer notre camarade Christian Berthier, oui Elie Domota ne s’en est pas laissé compter, et n’est pas tombé dans le piège que lui avait tendu la droite, s’en tenant  aux seules revendications salariales et autres avantages sociaux que le peuple avait désigné pour entreprendre ces  négociations, mais il existe bel et bien un problème identitaire, non ? Ce problème ressurgira tôt ou tard ! Sans rancune camarade.


Re: « Segui il tuo corso, e lascia dir genti ! » par Serge_Gomond le Mardi 03/03/2009 à 03:52

Comme l’écrivait le grand Florentin : « Segui il tuo corso, e lascia dir genti ! », citation reprise par Marx, qui en a fait sa devise.

On nous demande, avant d’intervenir sur ce site, un minimum de réflexion. Pas d’être d’accord entre nous, ça n’a aucun intérêt. Les attaques allusives ou ad hominem  n’ont pas d’intérêt non plus. Le LKP va avoir besoin de bras (bien qu’il se débrouille très bien comme ça), les choses vont malheureusement prendre une vilaine tournure, si certains pensent qu’ils peuvent aller aider, il ne faut pas se gêner et prendre un billet d’avion pour Pointes-à Pitre toutes affaires cessantes…

Maintenant pour ceux qui n’auraient pas bien compris, le système coopératif a fait ses preuves, et ça fonctionne plutôt bien, au lieu d’individualiser les gains pour quelques privilégiés et de mutualiser les pertes pour le peuple, ce système économique permet de mutualisé les gains et les pertes pour tout le monde ; tout le monde, c’est-à-dire le peuple.

Le système capitalisme ne fonctionne plus, le ressort est pété, les milliards injectés dans le bousin ne servent pas à grand chose, tout le monde sait ça, tout le monde sauf quelques uns.

Pourquoi ceux d’en face ne veulent pas augmenter les salaires, POURQUOI ?

Ils ont en tête le scénario catastrophe qui s’est déroulé en 1929, ils ont lu et relu l’histoire du big Krak de 1929, eux, à l’époque chacun l’a joué perso (pour avoir la paix sociale, hé oui ça coûte d’avoir la paix sociale) et ont augmenté les salaires, et la spirale infernale a été enclenchée. Un pays d’Afrique est passé aux Trillions pour compter les salaires, aux trillions !

L’autre inconvénient, c’est de savoir ce que l’on veut, la révolution et faire table rase du passé ou un plus dans la gamelle et une rallonge de sa laisse ?

Aucune déférence pour les titres ou les étiquettes, r…à f….. !

Quelle différence y-a-t-il entre la personnalité etc. et l’individu social ? L’une n’est-elle pas le prolongement de l’autre (et vis-versa). Comprend pas trop bien la subtilité.

A bon entendeur et liseur.    


par regis le Samedi 28/02/2009 à 00:10

On sent poindre dans les milieux de « l’opposition » le développement d’un anti-Sarkozy qui n’est pas sans rappeler l’anti-Le Pen de la grande époque.

(Le journal « Marianne » en précurseur avait même averti de la personnalité du nouveau président, n’hésitant pas à solliciter l’avis de psychiatres)

Que celui qui, au sommet des institutions bonapartistes, concentre la réalité du pouvoir fasse l’objet d’un rejet d’autant plus violent qu’il ne garantit pas les conditions de la vie normales n’a rien d’étonnant.

Ce qu’il l’est moins, c’est de mettre l’accent sur la personne (ou la personnalité) et de n’avancer aucune solution de rupture avec les institutions ou le mode de production : le cadre d’exercice de la démocratie et le cadre de production des moyens d’existence.

Dans ces conditions, il ne resterait qu’à s’accommoder des unes et des autres et de trouver « the right man at the right place ».

Si ces gens étaient logiques avec eux-mêmes, ils exigeraient au moins le départ du monarque républicain, force est de constater que ce n’est pas le cas.

Faut-il gloser à perte de vue sur la politique présidentielle, celle du Medef (ou leurs dirigeants)…ou proposer une perspective concrète pour tenter de barrer le chemin à une amplification sans précédent de ce que des bonnes âmes ont appelé l’exclusion ?

90 000 chômeurs supplémentaires en janvier, c’est un peu plus de 2 chômeurs supplémentaires par chaque minute écoulée de jour comme de nuit dans ce mois !

Militants du NPA qui proposiez d’interdire les licenciements où êtes vous ?

Militants du PG qui semblez, dans vos textes, réserver le licenciement au dernier recours ?

Militants du PS, PC ? Syndicalistes au plus près du problème ?

Va-t-on compter les points ? Attendre le 19 mars, les élections européennes, 2012 ?


Re: par Pierre Delvaux le Samedi 28/02/2009 à 10:33

Entièrement d'accord avec Régis (et, bien sûr, Denis). Le Landernau politico-médiatique nous enfume avec des considérations sur les personnes pour nous détourner des vraies questions pointées par Denis : les décisions urgentes qu'aucun d'eux, de l'UMP au PG, n'ose réclamer, décisions de recouvrement de notre souveraineté économique seules à même de stopper la destruction industrielle accélérée en cours avec son cortège de chômeurs (sans autre perspective que la fin de leurs droits avant... la rue !). Certes, comme le glisse justement Denis, cela ne serait pas simple pour la France. Pourquoi ne pas le dire, ce serait révolutionnaire... Mais n'en sommes nous pas là ? Jusqu'où les dirigeants politiques et syndicaux vont-ils demeurer dans leur lâche attentisme ? jusqu'au chaos social d'où naît le fascisme ? jusqu'à l'aboutissement de la logique de guerre par laquelle s'est toujours ressourcé le capitalisme ? Quelle que soient les éventuelles critiques que l'on puisse adresser aux militants du LKP, leur combat mené sans concession, calmement déterminé, nous montre l'exemple et fait honte aux petits boutiquiers carriéristes qui dirigent les confédérations syndicales en métropole. Solidarité avec le LKP ! Travailleurs des Antilles et de métropole, même combat ! Et à bas l'Union Européenne !


Re: Réponse à P. DELVAUX par jpf le Lundi 02/03/2009 à 12:22

Votre commentaire est tout à fait exact. 
J'ajoute que ce ne sont pas les " boutiquiers" syndicalistes ou ceux encore plus ineptes des nouveaux partis de gauche, Besancenot, Mélenchon ou bien les verts de Cohn-Bendit qui déverrouilleront la situation. Car ils restent dans le cercle vicieux de ce qu'Alain Badiou appelle le capitalo- parlementarisme. Ils jouent le jeu électoral ; ils participent aux élections pour être élus, puis être réélus, puis obtenir un groupe parlementaire et toucher des crédits officiels. Il ne veulent surtout pas changer ce système de prébendes. Pour le moment, ce qui compte,c'est de pratiquer l'organisation politique directe au milieu des masses populaires et d'expérimenter des formes nouvelles d'organisation. Il s'agit de se tenir à distance et de la "forme-parti" et de l'Etat, et savoir résister au fétichisme du mouvement.Ni le NPA, ni le Parti de Gauche, ni le PC, ni aucun des syndicats n'en prennent le chemin.
Je terminerai comme vous, à bas l'UE? mais à bas également les élections. ET revenons-en à la bonne vieille méthode de Lénine et des ses compagnons en 1905: L'ISKRA, ce mouvement de communication directement militant.!!!!!!
En attendant le capitalo- parlermentarisme ou le capitalo- sarkozysme creusent les tombes des corps de la nation qu'ils veulent sacrifier au nom de l'argent et du profit: les corps enseignants et ceux de la recherche, les corps médicaux et hospitaliers, les corps territoriaux et ceux des payset terroirs ancestraux, les orps agricoles et ouvriers. Il n'y en a que pour les porteurs de Rolex!!!!!!!


Re: par regis le Mardi 03/03/2009 à 02:46

Lorsqu’on fait campagne pour la mise hors la loi des licenciements, on se heurte à deux types d’obstacles :

-         les uns naturels : es-ce réaliste ? Il y a des « boîtes » qui ne le peuvent pas…Oui, mais combien de bataillons ? etc.…

-         les autres moins : le problème c’est le gouvernement, les européennes, l’Europe qu’il faut changer, les « gens » ont voté Sarkozy etc.….

Souvent les seconds correspondent à des personnes influencées par la « gauche » ou y appartenant. Il ne s’en suit pas qu’ils soient de mauvaise foi (lapsus anti-clérical ?).

Dans tous les cas, je peux attester que cette démarche n’entraîne pas l’indifférence mais si tant est qu’on aborde sérieusement la question, la discussion s’ouvre, ce qui, pour moi, est un bon début. Malheureusement, nous sommes trop peu à la soulever. Beaucoup de travail d’écoute, de tentative d’argumentation, de persuasion, d’entraînement.

C’est aussi à cette aune là qu’on mesure que la « gauche » n’est pas comme disait mon père « pour l’ouvrier ».

A Pierre Delvaux : entièrement d’accord avec vous et sans démagogie : plutôt que des critiques, nous avons des leçons à recevoir de nos camarades guadeloupéens. Soutien total !


par Serge_Gomond le Samedi 28/02/2009 à 19:22

Rien n’est plus difficile que de proposer des solutions macroéconomiques, jamais personne n’a su ou pu le faire sans révéler que toutes les solutions proposées étaient atteintes soit de non-réponse, soit d’irréalité, toutes.

Approximations, fausses solutions, inepties, escroqueries etc., l’économie monétariste ou la politique monétaire comme toutes les autres ; où se cache l’oiseau rare qui sera proposer des solutions viables, sous-entendu moins pire que le mal qui frappe actuellement l’économie mondiale ?

Il paraît évident que de donner du pouvoir d’achat à de potentiels consommateurs pour essayer de faire redémarrer la machine (la machine grippée, c’est le mot à la mode qu’emploie systématiquement tous les plumitifs pour minimiser le fait que l’économie mondiale est moribonde), car si vous donner du fric à des spéculateurs, ils s’empresseront de jouer cet argent en Bourse, sans que cela n’apporte de réelle solution.

On peut déplorer le manque de propositions pour trouver des solutions (que ce soit les partis institutionnels ou les partis radicaux, révolutionnaires ou pas) cela ne change rien sur le fond.

On peut aussi gesticuler, comme le font nos dirigeants actuels, ceci pour nous donner l’illusion qu’ils font quelque chose, mais cela n’ira jamais très loin. Dernièrement, comme cela était écrit sur ce site, et pour faire suite à l’excellent article de (1) Denis : « Quand Angela Merkel vire au bolchevisme », il était précisé suite à son article : «… A la suite de ce G4, une autre rencontre est prévue, un G20 (encore des gesticulations inutiles) dont le président du FMI a déclaré : « "Nous verrons ce qu'il sortira de ce G20", a prudemment déclaré à ce propos le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, dans un entretien aux Echos le 19 février. » C’est à dire rien, il s’est exprimé pour ne rien dire. … », encore un nouveau sommet, un G20, qui comme les précédents ne donnera pas grand chose, parce que toutes les solutions qui seront proposées demandent du temps, beaucoup de temps, et ce n’est pas avec des replâtrages à la va vite que les choses s’améliorerons.

Certains préconisent la fin du prolétariat, pour enfin faire table rase de toute cette injustice et pour passer à autre chose (d’une certaine manière, du moins en ce qui concerne l’Europe, Denis ne dit pas autre chose), alors proposons d’autres solutions, un peu à la manière de ce qu’écrivait Georges Labica sur ce site, en suggérant d’adopter une économie orientée sur la production  et l’économie coopérative, et remettre au goût du jour le fameux questionnement : Que produisons-nous ? Et pour qui produisons-nous ? Dans ce type d’économie, le peuple prend pleinement possession de secteurs essentiels à la survie, la production, l’économie de marché. Pour cela, le vieux monde (de Sarkozy et autres vieux politicards, ça fait une bonne trentaine d’années qu’il sévit en politique, non ? ) doit être aboli, et définitivement !

On peut reprocher aux autres de ne pas en faire assez (c’est d’ailleurs contre-productif), mais que faisons-nous nous même pour faire avancer les choses ?

 

 

 

(1) Son dernier ouvrage, "Le cauchemar de Marx"  aux éditions Max Milo, aborde tous ces sujets de façon absolument originale et surtout avec beaucoup de bon sens, tous les aspects qui concernent la vie des citoyens, sont passés en revue et rien ne lui a échappé, ce livre marquera, c’est quasi sûr, les milieux de la recherche, de la philosophie, de l’économie, et de la politiques de façon extraordinairement nouvelle, et peut-être deviendra-t-il une référence incontournable ? C’est ce qu’il faut lui souhaiter.   



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